Le Sénat a adopté, ce 28 mai 2026, la levée de l’immunité parlementaire de Francis Szpiner, ancien maire LR du 16ᵉ arrondissement de Paris. Cette décision intervient dans le cadre d’une enquête judiciaire pour « corruption », comme le rapporte Le Monde. L’enquête porte sur les conditions d’attribution d’un logement social à une jeune femme, qui affirme avoir eu des rapports sexuels avec l’élu. Une procédure qui pourrait désormais aboutir à un renvoi devant un tribunal correctionnel.
Ce qu'il faut retenir
- Francis Szpiner, ancien maire du 16ᵉ arrondissement de Paris, voit son immunité parlementaire levée par le Sénat.
- L’enquête concerne l’attribution d’un logement social à une jeune femme, selon les éléments recueillis par la justice.
- La plaignante déclare avoir eu des rapports sexuels avec l’élu, ce qui constitue un élément central de l’enquête.
- La décision du Sénat ouvre la voie à un éventuel procès pour corruption, si les charges sont confirmées.
Une enquête judiciaire en cours
L’enquête ouverte par le parquet de Paris vise à déterminer si Francis Szpiner a abusé de son pouvoir pour obtenir des faveurs sexuelles en échange de l’attribution d’un logement social. Selon les éléments transmis à la justice, la jeune femme aurait été logée dans un appartement social en 2024, après des échanges avec l’élu. Le Monde précise que ces éléments ont été recueillis dans le cadre d’une enquête préliminaire, puis d’une information judiciaire, ouverte pour « corruption passive » et « abus de pouvoir ».
Les avocats de Francis Szpiner ont dénoncé une « instrumentalisation politique » de l’affaire, sans pour autant contester les faits rapportés par la plaignante. De son côté, la jeune femme a été auditionnée à plusieurs reprises par les enquêteurs, qui cherchent à établir la chronologie des événements et le lien entre les faveurs accordées et les relations sexuelles présumées.
Le rôle du Sénat dans cette procédure
La levée de l’immunité parlementaire de Francis Szpiner a été votée à une large majorité par les sénateurs, malgré les réticences de certains élus de droite, qui ont estimé que la procédure judiciaire devait suivre son cours sans interférence politique. « Cette décision est conforme à la loi et permet à la justice de faire son travail en toute indépendance », a déclaré un porte-parole du groupe Renaissance au Sénat. La procédure a été accélérée, dans la mesure où l’enquête est en phase avancée.
Francis Szpiner, qui a quitté ses fonctions municipales en 2025, avait déjà été mis en cause dans d’autres affaires, mais aucune n’avait abouti à une levée d’immunité. Cette fois, les éléments recueillis par les enquêteurs ont convaincu les parlementaires de la nécessité de lever son statut protecteur. « On ne peut pas laisser un élu échapper à la justice sous prétexte d’une immunité, surtout quand les faits sont aussi graves », a souligné un sénateur écologiste.
Les réactions politiques et judiciaires
À droite, certains élus ont critiqué une « justice à deux vitesses », rappelant que d’autres affaires similaires n’avaient pas abouti à des poursuites. « On est en train de créer un précédent dangereux, où une simple allégation suffit à détruire une carrière politique », a réagi un membre du groupe Les Républicains. À l’inverse, les associations féministes saluent cette décision, y voyant un signal fort contre l’impunité des élus accusés de violences sexuelles.
Du côté de la justice, le procureur de Paris a indiqué que l’enquête suivrait son cours « avec la plus grande rigueur », sans préciser si d’autres personnalités pourraient être visées dans cette affaire. Pour l’instant, Francis Szpiner reste en liberté, mais son immunité levée pourrait faciliter les perquisitions et saisies dans le cadre de l’enquête.
Reste à voir si cette affaire contribuera à faire évoluer la législation sur la protection des témoins dans les affaires de corruption ou de violences sexuelles, ou si elle restera un cas isolé.
Le parquet de Paris pourrait décider d’un renvoi devant le tribunal correctionnel d’ici la fin 2026. Une audience de mise en accusation pourrait alors être organisée, suivie d’un procès si les charges sont retenues.