À 4 100 mètres d’altitude, dans la région de Cuzco au Pérou, le site archéologique de T’aqrachullo – également appelé « María Fortaleza » – suscite un regain d’intérêt scientifique. Selon Courrier International, ce vaste complexe de 17 hectares, perché entre les canyons dominant le fleuve Apurímac et à 220 kilomètres au sud du Machu Picchu, pourrait correspondre à la cité inca d’Ancocagua, évoquée dans les chroniques coloniales du XVIe siècle. Une hypothèse mise en avant par le magazine National Geographic dans son édition de juin, qui relance le débat sur l’étendue des connaissances concernant l’empire inca.
Ce qu'il faut retenir
- T’aqrachullo, site inca de 17 hectares, est situé à 4 100 m d’altitude dans la région de Cuzco, à 220 km au sud du Machu Picchu.
- Il est aussi connu sous le nom de « María Fortaleza » et a été classé au patrimoine national péruvien en 2010.
- Des fouilles menées à partir de 2019 par le ministère de la Culture ont révélé près de 600 structures (habitations, tombeaux, sanctuaires) et 3 000 paillettes d’or, d’argent et de cuivre datées du début du XVIe siècle.
- Ces découvertes pourraient confirmer l’identité du site comme étant Ancocagua, cité perdue mentionnée dans les chroniques coloniales.
Les premières explorations de T’aqrachullo remontent aux années 1990, mais c’est seulement avec les fouilles organisées par le ministère de la Culture péruvien à partir de 2019 que les recherches ont pris une nouvelle dimension. National Geographic, qui consacre un reportage à cette découverte dans son édition de juin, souligne l’importance des vestiges exhumés. Parmi eux, quelque 3 000 paillettes métalliques – or, argent et cuivre – ont été mises au jour en 2022. Ces artefacts, confectionnés au début du XVIe siècle, servaient à orner les vêtements de cérémonie de l’élite inca. Leur présence sur le site a bouleversé les hypothèses initiales des archéologues.
Les fouilles ont permis de recenser près de 600 structures réparties sur le site. On y trouve des habitations, des tombeaux et des sanctuaires dédiés aux dieux incas. Ces éléments renforcent l’idée que T’aqrachullo était un centre cérémoniel ou administratif majeur, voire la fameuse cité d’Ancocagua évoquée par les chroniqueurs espagnols. « Leur présence à T’aqrachullo a entraîné une réévaluation radicale des fouilles », a expliqué un responsable du ministère de la Culture cité par Courrier International. « Nous avons découvert une quantité inouïe d’objets de cérémonie, ce qui suggère que ce lieu jouait un rôle clé dans la hiérarchie inca. »
Le site, accessible uniquement après une randonnée exigeante, reste partiellement enfoui sous la végétation et les terrasses de pierre. Les conditions d’altitude et le climat rigoureux ont préservé les vestiges, mais compliquent également leur étude. Malgré cela, les chercheurs estiment que T’aqrachullo pourrait être l’un des sites les plus importants de la civilisation inca jamais découverts. « Nous sommes face à un puzzle archéologique dont chaque pièce redessine notre compréhension de l’empire inca », a déclaré un archéologue péruvien sous couvert d’anonymat.
Les chroniques coloniales mentionnent brièvement Ancocagua comme une cité prospère avant sa disparition mystérieuse. Certains historiens avancent qu’elle aurait été abandonnée ou détruite lors des conflits internes incas ou des premières années de la colonisation espagnole. La localisation de T’aqrachullo correspond aux rares indications géographiques laissées par les chroniqueurs, ce qui ajoute du crédit à l’hypothèse. « Si ces recherches se confirment, nous pourrions enfin identifier l’une des cités perdues les plus célèbres de l’histoire inca », a précisé l’archéologue péruvien.
Les découvertes faites à T’aqrachullo soulignent une fois de plus combien les connaissances sur les Incas restent parcellaires. Malgré des siècles de recherches, de nombreux sites majeurs attendent encore d’être découverts ou réinterprétés. L’hypothèse de l’identification de T’aqrachullo comme Ancocagua, si elle se confirme, ouvrirait une nouvelle page dans l’histoire de cette civilisation.
Le site correspond aux descriptions géographiques des chroniques coloniales et les découvertes récentes (artefacts en métal précieux, structures cérémonielles) suggèrent qu’il s’agissait d’un centre important de l’empire inca. Les paillettes d’or et d’argent, datées du début du XVIe siècle, renforcent cette hypothèse, car elles correspondent à la période de déclin de l’empire, marquée par des conflits internes et la colonisation espagnole.