Le 3 octobre 1971, Ray Tomlinson envoyait le premier message électronique entre deux machines situées dans la même pièce. Selon Journal du Geek, ce pionnier de l’informatique y utilisait pour la première fois un caractère alors presque inconnu dans le monde numérique : le « arobase », ou « @ ». Un symbole vieux de cinq siècles, dont l’adoption allait révolutionner la communication mondiale.

Ce qu'il faut retenir

  • Le premier e-mail de l’histoire est envoyé le 3 octobre 1971 par Ray Tomlinson entre deux machines voisines.
  • Ce chercheur utilise pour la première fois le symbole « @ » pour séparer le nom de l’utilisateur du nom de la machine.
  • Le « @ » existait déjà depuis cinq siècles, mais son usage en informatique reste marginal avant 1971.
  • Cinquante-cinq ans plus tard, ce symbole structure toujours chaque adresse e-mail envoyée dans le monde.
  • Tomlinson a choisi ce caractère pour sa lisibilité et son absence de sens dans les noms de domaine de l’époque.

À l’époque, Ray Tomlinson travaillait pour le compte du réseau Arpanet, précurseur d’Internet. Comme le rapporte Journal du Geek, il cherchait un moyen simple de distinguer le destinataire de l’expéditeur dans un système de messagerie électronique naissant. Le choix du « @ » s’est imposé naturellement : ce caractère, utilisé en commerce pour désigner les prix (ex. : 5@10 dollars), permettait une séparation claire et immédiate.

Le symbole lui-même trouve ses origines au Moyen Âge, où il servait dans les manuscrits commerciaux pour indiquer une unité de mesure ou un prix. Son adoption en informatique n’était donc pas un hasard, mais bien le fruit d’une réflexion pragmatique. « J’ai choisi le “@” parce qu’il n’apparaissait presque jamais dans les noms des machines ou des utilisateurs », expliquait plus tard Tomlinson. Ce détail technique a pourtant façonné des décennies de communication numérique.

« Le “@” était un choix évident. Il était à la fois rare et facile à taper sur les claviers de l’époque. » — Ray Tomlinson, pionnier de l’e-mail

L’impact de cette innovation dépasse largement le cadre technique. En 2026, on estime à plus de 300 milliards le nombre d’e-mails envoyés chaque jour dans le monde. Chaque adresse, de « [email protected] » à « [email protected] », repose sur ce symbole né en 1971. Selon les analystes de Journal du Geek, le « @ » incarne ainsi l’une des inventions les plus discrètes mais les plus influentes de l’histoire moderne.

Pourtant, son avenir n’est pas garanti. Avec l’essor des messageries instantanées et des réseaux sociaux, certains s’interrogent sur sa pérennité. Les jeunes générations, habituées aux plateformes comme WhatsApp ou Telegram, utilisent moins l’e-mail pour leur correspondance personnelle. « Le symbole “@” reste indispensable pour les échanges professionnels et administratifs, mais son usage grand public pourrait diminuer », souligne un expert en cybersécurité interrogé par Journal du Geek.

Et maintenant ?

D’ici 2030, plusieurs acteurs du numérique devraient lancer des alternatives aux adresses e-mail traditionnelles, intégrant des systèmes de messagerie unifiés. Microsoft, Google et Meta ont déjà évoqué des projets de ce type, bien que rien ne remplace encore le « @ » pour la formalité des échanges. Une chose est sûre : tant que les entreprises et les institutions l’utiliseront, ce symbole vieux de cinq siècles continuera de structurer nos communications.

Reste à voir si une nouvelle norme émergera, ou si le « @ » résistera au temps. Une chose est certaine : son rôle dans l’histoire des technologies numériques est déjà gravé dans le marbre.

Selon Journal du Geek, Tomlinson a opté pour le « @ » car il était peu utilisé dans les noms de machines ou d’utilisateurs à l’époque. Son symbole permettait une séparation claire entre le destinataire et le serveur, tout en étant facile à taper sur les claviers des années 1970.