Selon Capital, le syndrome de l'imposteur, ce sentiment d'être un fraudeur sur le point d'être démasqué, concerne environ 70 % des actifs au moins une fois dans leur vie. Ce phénomène, identifié dès 1978 par les psychologues Pauline Clance et Suzanne Imes, n'est pas un trouble médical, mais a des effets très concrets sur la carrière et la fiche de paie.

Les personnes concernées restent plus longtemps sur des postes en deçà de leurs compétences, par peur de ne pas être à la hauteur une fois promues, et hésitent à postuler plus haut ou à négocier. Les plus exposés sont des salariés très qualifiés évoluant dans des environnements exigeants, avec une intensité maximale en début et en milieu de carrière, au moment des transitions.

Ce qu'il faut retenir

  • Le syndrome de l'imposteur concerne environ 70 % des actifs au moins une fois dans leur vie.
  • Il n'est pas un trouble médical, mais a des effets concrets sur la carrière et la fiche de paie.
  • Les personnes concernées restent plus longtemps sur des postes en deçà de leurs compétences.

Les ressorts du syndrome de l'imposteur

Typhaine Lebègue, Maîtresse de conférences en sciences de gestion HDR, IAE Tours Val de Loire, explique que trois ressorts reviennent systématiquement. Le premier est l'incapacité à s'attribuer ses réussites. « Les personnes attribuent leurs succès à la chance, au contexte, aux autres, plutôt qu'à leurs compétences », déclare-t-elle.

Le deuxième ressort est un perfectionnisme qui repousse sans cesse le moment de se sentir légitime, et une hypersensibilité au regard et au jugement d'autrui. Sur le terrain du genre, les études divergent quant à savoir si les femmes sont davantage touchées. « C'est moins un problème individuel des femmes qu'un produit de normes de genre et de cultures organisationnelles très masculines », nuance l'universitaire.

Les parades

Pour lutter contre le syndrome de l'imposteur, Typhaine Lebègue recommande trois leviers. Le premier est d'objectiver sa valeur. « Faire un inventaire écrit des réalisations des 12 à 18 derniers mois et traduire chacune en valeur pour l'organisation », explique-t-elle. Le deuxième levier est de recadrer les pensées d'imposture. Il s'agit de les nommer et de les traiter comme des hypothèses, pas comme des faits, puis de relier chaque réussite à une compétence identifiable.

Le troisième levier est de s'entourer. Préparer l'échange avec un pair, un mentor ou un manager de confiance, qui joue le rôle de miroir réaliste, aide à calibrer une demande ni timide, ni hors sol. L'effet peut être spectaculaire. L'universitaire cite le cas d'une cadre d'une quarantaine d'années, très bien évaluée, persuadée d'être surévaluée et de ne pas être faite pour son niveau de poste.

Et maintenant ?

Il est important de prendre conscience du syndrome de l'imposteur et de ses effets sur la carrière et la fiche de paie. Les personnes concernées doivent apprendre à objectiver leur valeur, à recadrer leurs pensées d'imposture et à s'entourer pour lutter contre ce phénomène. Les entreprises doivent également prendre en compte ce phénomène et mettre en place des politiques pour aider les salariés à développer leur confiance et leur estime de soi.

En conclusion, le syndrome de l'imposteur est un phénomène qui concerne environ 70 % des actifs et a des effets concrets sur la carrière et la fiche de paie. Il est important de prendre conscience de ce phénomène et de mettre en place des politiques pour lutter contre lui.