Selon nos confrères de Le Figaro, le nombre d’enfants qui travaillent dans le monde serait multiplié par trois si le travail domestique était pris en compte avec les mêmes critères que le travail économique. Cette révélation est issue d’une étude parue dans la revue de l’Institut national d’études démographiques (Ined) intitulée « Population & Sociétés ». L’étude met en lumière les limites des chiffres actuellement utilisés par l’Organisation internationale du travail (OIT) et l’Unicef, qui ne prennent en compte que le travail économique, laissant ainsi dans l’ombre le travail domestique effectué par les enfants, en particulier les filles.

Les chiffres actuels indiquent que, en 2024, 137,6 millions d’enfants âgés de 5 à 17 ans travaillaient dans le monde, soit 7,8% de la totalité des enfants de ces âges, avec 55,5% d’entre eux étant des garçons. Bien que ces chiffres soient en baisse par rapport à 2008, où 13,6% des enfants étaient concernés, ils restent loin de l’objectif fixé par les Nations unies d’éradiquer le travail des enfants d’ici 2025.

Ce qu'il faut retenir

  • Le nombre d’enfants qui travaillent dans le monde pourrait être multiplié par trois si le travail domestique était pris en compte.
  • Les chiffres actuels de l’OIT et de l’Unicef ne reflètent pas l’ampleur réelle du travail effectué par les enfants, car ils ne prennent en compte que le travail économique.
  • Les filles sont particulièrement touchées par le travail domestique, qui peut nuire à leur bien-être et à leur scolarité.

Le travail domestique : un facteur clé

Les auteurs de l’étude, Andrea Verhulst-Georgoulis et Estelle Laurière de l’Ined, ainsi que Fengqing Chao de l’Université chinoise de Hong Kong, soulignent que le travail domestique, comprenant des tâches comme la collecte d’eau ou de bois, le ménage, la cuisine ou la prise en charge de jeunes enfants ou de personnes âgées, peut représenter une charge importante pour les enfants. Selon le temps qu’elles exigent, ces tâches peuvent nuire au bien-être et au développement des enfants, notamment à leur scolarité, comme le pointent les auteurs.

Les seuils pris en compte pour arriver à ce résultat sont d’au moins une heure hebdomadaire de travail domestique pour un enfant de 5 à 11 ans, 14 heures pour les 12-14 ans et 43 heures pour les 15-17 ans. L’OIT utilise ces mêmes seuils pour le travail économique mais considère également comme astreint au travail tout enfant exposé à des risques importants par ses conditions de travail, quel que soit le nombre d’heures effectuées.

Conséquences et enjeux

La prise en compte du travail domestique avec les mêmes critères que le travail économique révèle non seulement une participation des filles bien supérieure à celle des garçons mais aussi un travail des enfants « trois fois plus important qu’avec l’indicateur usuel qui ne prend en compte que le travail économique », soulignent les auteurs. Cela met en lumière la nécessité d’une approche plus globale pour lutter contre le travail des enfants et promouvoir l’éducation et le bien-être des jeunes.

Et maintenant ?

Les révélations de cette étude devraient inciter les organisations internationales et les gouvernements à revoir leurs stratégies de lutte contre le travail des enfants, en tenant compte de la réalité plus large du travail domestique. Les prochaines étapes pourraient inclure des campagnes de sensibilisation, des programmes d’éducation et de formation pour les enfants et les adultes, ainsi que des politiques visant à réduire la charge de travail domestique sur les jeunes. La communauté internationale reste attentive aux développements futurs et aux efforts qui seront déployés pour éradiquer ce phénomène.

En conclusion, la question du travail des enfants, y compris le travail domestique, nécessite une attention accrue et des actions concrètes pour protéger les droits et le bien-être des enfants à travers le monde.

Le travail domestique inclut des tâches telles que la collecte d’eau ou de bois, le ménage, la cuisine, ou la prise en charge de jeunes enfants ou de personnes âgées du foyer.