L’écrivain italien Erri De Luca, connu pour ses engagements politiques et son œuvre littéraire, a choisi de s’exprimer publiquement sur les réactions suscitées par ses déclarations concernant le sionisme. Dans une interview accordée au journal israélien Israel Hayom, relayée et analysée par Libération, il revient sur le sens originel du terme et défend l’idée d’une solution à deux États pour le conflit israélo-palestinien. Ses propos, perçus comme ambigus par certains, ont provoqué un débat tant en Israël qu’en Italie.

Ce qu'il faut retenir

  • Erri De Luca a donné une interview au journal israélien Israel Hayom, reprise par Libération, où il explique sa définition du terme « sionisme ».
  • L’écrivain insiste sur le sens originel du mot, souvent associé à l’aspiration à une patrie juive, avant toute connotation politique contemporaine.
  • Il réaffirme son soutien à une solution à deux États comme seule issue viable au conflit israélo-palestinien.
  • Ses déclarations ont suscité des réactions vives, notamment en Israël, où certains y voient une prise de position ambiguë.

Un malentendu à dissiper

Dans cette interview, Erri De Luca a tenu à clarifier le sens qu’il attribue au mot « sionisme ». Selon lui, le terme doit être compris dans son acception historique, celle d’un mouvement visant à la création d’un foyer national juif en Palestine. « Je veux dissiper le malentendu sur ma définition du mot « sionisme » », a-t-il déclaré, comme le rapporte Libération. Pour lui, le sionisme n’est pas une idéologie politique actuelle, mais une aspiration légitime à une terre d’accueil pour le peuple juif, née à la fin du XIXe siècle.

Cette précision intervient après que ses propos aient été interprétés de différentes manières, certains y voyant une critique du sionisme moderne ou une prise de position en faveur du mouvement palestinien. Or, l’écrivain insiste : il ne remet pas en cause l’existence d’Israël, mais propose une réflexion sur l’histoire du terme et ses évolutions.

Une position en faveur de la paix et de la solution à deux États

Au-delà de la clarification sémantique, Erri De Luca a réitéré son engagement en faveur d’une solution pacifique au conflit israélo-palestinien. « Je crois que la seule issue possible est la création de deux États, l’un israélien et l’autre palestinien, vivant côte à côte en paix », a-t-il affirmé. Cette prise de position, bien que partagée par une partie de la communauté internationale, reste sensible dans un contexte de tensions persistantes entre les deux parties.

Ses déclarations s’inscrivent dans une tradition d’engagement politique de l’écrivain, connu pour ses prises de position critiques envers certaines politiques israéliennes. Cependant, il précise ne pas vouloir alimenter la polémique, mais simplement contribuer au débat sur la meilleure voie vers la paix.

Des réactions contrastées en Israël et en Italie

En Israël, où l’interview a été largement relayée, les réactions ont été mitigées. Certains médias et personnalités politiques ont salué sa volonté de dialogue, tandis que d’autres l’ont accusé de minimiser les réalités géopolitiques actuelles. Un éditorialiste du Times of Israël a qualifié ses propos de « naïfs », rappelant que le sionisme moderne ne peut être réduit à sa dimension historique.

Côté italien, la presse a surtout souligné l’audace de l’écrivain, connu pour son franc-parler. Le quotidien La Repubblica a titré sur son « courage » à s’exprimer sur un sujet aussi clivant, tandis que Corriere della Sera a mis en avant son rôle d’intellectuel engagé, rappelant qu’il avait déjà été critiqué pour ses positions sur d’autres conflits, comme celui en ex-Yougoslavie.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines pourraient voir un approfondissement du débat lancé par Erri De Luca, notamment si d’autres intellectuels ou responsables politiques choisissent de réagir à ses déclarations. Une chose est sûre : en pleine période de tensions au Proche-Orient, toute prise de position sur le sionisme ou la solution à deux États est susceptible de relancer les discussions, voire les polémiques. Reste à voir si ses propos contribueront à apaiser les tensions ou, au contraire, à les attiser.

Erri De Luca, qui a publié une vingtaine d’ouvrages traduits dans le monde entier, continue ainsi de jouer un rôle d’intellectuel public, mêlant littérature et engagement politique. Ses clarifications récentes, bien que ciblées, pourraient bien alimenter un débat plus large sur l’avenir du Proche-Orient et les voies de la réconciliation.

Pour Erri De Luca, le sionisme désigne avant tout un mouvement né à la fin du XIXe siècle, visant à établir un foyer national juif en Palestine. Il insiste sur cette acception historique, distincte des connotations politiques contemporaines souvent associées au terme.