Selon Euronews FR, les élections législatives chypriotes de 2026 ont révélé une compétition serrée entre les deux principaux partis traditionnels, tandis que l'extrême droite enregistre une progression notable. Les résultats provisoires, basés sur des sondages de sortie des urnes, montrent que le Rassemblement démocrate (DISY), formation de centre droit, et le Parti progressiste des travailleurs (AKEL), de gauche, se disputent la première place avec des scores très proches. Ces élections, organisées dans un contexte de recomposition politique, pourraient redessiner les équilibres institutionnels du pays.
Ce qu'il faut retenir
- Le DISY en tête avec un score estimé entre 22,5 % et 25,5 %, devant l'AKEL (21 % à 24 %), selon les sondages de sortie des urnes publiés par la chaîne publique RIK.
- L'ELAM, troisième force politique, obtient entre 10,5 % et 12,5 % des voix, confirmant sa progression sur la scène politique chypriote.
- Deux nouvelles formations, « Démocratie directe » (ADK) et ALMA, pourraient franchir le seuil des 4 % et obtenir des sièges, illustrant une recomposition de l'électorat.
- Le taux de participation s'élève à 61,2 %, en hausse par rapport aux législatives de 2021 (56,7 % à la même heure).
- Sur les 80 sièges de la Chambre des représentants, seuls 56 seront pourvus en raison du retrait des Chypriotes turcs des institutions depuis 1963.
- Plus de 568 000 électeurs étaient appelés aux urnes, répartis dans 1 230 bureaux de vote à Chypre et à l'étranger.
Une compétition serrée entre le centre droit et la gauche
Les résultats des élections législatives chypriotes, scrutin organisé ce dimanche 24 mai 2026, révèlent une bataille électorale d'une intensité particulière. Selon les sondages de sortie des urnes diffusés par la chaîne publique RIK, le Rassemblement démocrate (DISY), parti historique de centre droit dirigé par Averof Neofytou, arrive en tête avec un score oscillant entre 22,5 % et 25,5 % des suffrages exprimés. De son côté, l'AKEL, formation de gauche et membre du Parti de la gauche européenne, n'est pas loin derrière, crédité de 21 % à 24 % des voix.
Cette rivalité entre les deux blocs traditionnels, qui structurent la vie politique chypriote depuis des décennies, s'inscrit dans un contexte de recomposition des forces politiques. Les deux partis devront désormais composer avec l'émergence de nouveaux acteurs, capables de capter une partie de l'électorat traditionnel.
L'extrême droite en progression, les nouveaux venus percent
Le Front populaire national (ELAM), parti d'extrême droite associé à la mouvance d'Aube dorée en Grèce, réalise une percée significative en se classant troisième avec un score estimé entre 10,5 % et 12,5 %. Ce résultat confirme la dynamique de l'extrême droite dans le paysage politique chypriote, alimentée par des préoccupations liées au coût de la vie, à la migration et à la sécurité.
Dans le même temps, deux nouvelles formations semblent franchir le seuil des 4 % nécessaires pour obtenir des sièges au Parlement. Le mouvement « Démocratie directe » (ADK), mené par le député européen Fidias Panayiotou, ainsi que le parti ALMA, axé sur la lutte contre la corruption, pourraient ainsi entrer à la Chambre des représentants. Leur succès reflète un désenchantement croissant envers les partis établis et une demande de renouvellement politique.
Un scrutin marqué par une participation en hausse
Avec 351 281 électeurs ayant voté à 17 heures, soit 61,2 % du corps électoral, le taux de participation dépasse celui enregistré à la même heure lors des législatives de 2021 (56,7 %). Cette augmentation pourrait s'expliquer par l'intérêt suscité par les enjeux économiques et sociaux du moment, mais aussi par la montée des tensions politiques et des débats sur l'avenir de l'île.
Au total, 752 candidats, dont 743 issus de plus de 18 formations politiques et 9 indépendants, étaient en lice pour 56 sièges à pourvoir. En effet, depuis 1963, les Chypriotes turcs, théoriquement représentés par 24 sièges, se sont retirés des institutions de la République de Chypre, ramenant le nombre de sièges effectivement pourvus à 56.
Les enjeux politiques et économiques des résultats
Bien que Chypre soit une république présidentielle, le rôle du Parlement reste central dans l'adoption des lois, des réformes et du budget. Les résultats de ce scrutin détermineront les équilibres politiques pour les années à venir et influenceront la capacité du gouvernement à mettre en œuvre ses politiques économiques, sociales et énergétiques. Par ailleurs, ces législatives constituent un test politique majeur en vue de l'élection présidentielle prévue en 2028.
Les partis devront désormais composer avec une Assemblée plus fragmentée, où l'arrivée de nouvelles forces politiques pourrait compliquer les négociations pour former une coalition stable. Les défis à relever sont nombreux : gestion de la crise économique, transition énergétique, et relations tendues avec les Chypriotes turcs, toujours dans l'impasse sur la question du partage de l'île.
Plus de 568 000 électeurs étaient appelés aux urnes, répartis dans 1 217 bureaux de vote à Chypre et 13 à l'étranger — cinq à Athènes, trois à Thessalonique, quatre à Londres et un à Bruxelles. Les électeurs chypriotes, en votant, ont non seulement choisi leurs représentants, mais aussi tracé les grandes lignes de l'avenir politique de l'île pour les années à venir.
Depuis 1963, les Chypriotes turcs se sont retirés des institutions de la République de Chypre, réduisant ainsi le nombre de sièges effectivement pourvus à 56. Cette situation découle des tensions intercommunautaires qui ont conduit à la partition de l'île en 1974, après l'intervention militaire turque. Les Chypriotes turcs sont représentés dans leurs propres institutions, au nord de l'île, dans le cadre de la « République turque de Chypre du Nord », reconnue uniquement par la Turquie.