Depuis plus de deux décennies, la Station spatiale internationale (ISS) tourne sans discontinuer autour de la Terre, à 400 kilomètres d’altitude, accueillant en permanence des équipages issus des agences spatiales partenaires. Selon Numerama, sept astronautes occupent actuellement ses modules, issus de deux missions distinctes lancées ces derniers mois. Un chiffre qui porte à dix le nombre total d’êtres humains en orbite, lorsque l’on ajoute l’équipage de la station chinoise Tiangong.

Ce qu'il faut retenir

  • 7 astronautes sont actuellement à bord de l’ISS, au sein de l’Expedition 74/75, répartis entre la mission SpaceX Crew-12 et le vaisseau russe Soyouz MS-28.
  • L’équipage de l’ISS est composé de Sophie Adenot (France/ESA), Jessica Meir (États-Unis/NASA), Jack Hathaway (États-Unis/NASA), Andrey Fedyaev (Russie/Roscosmos), Christopher Williams (États-Unis/NASA), Sergey Kud-Sverchkov (Russie/Roscosmos) et Sergei Mikayev (Russie/Roscosmos).
  • 3 taïkonautes occupent quant à eux la station Tiangong : Zhang Lu, Wu Fei et Zhang Hongzhang, dans le cadre de la mission Shenzhou 21.
  • Le record d’occupation de l’ISS reste de 13 personnes, établi en 2009 lors d’une rotation d’équipage.
  • L’ISS peut accueillir jusqu’à 11 astronautes lors des phases de rotation, tandis que Tiangong, plus récente, limite son effectif à trois membres en permanence.

Une station en rotation permanente

L’ISS, ce laboratoire orbital vieux de plus de vingt ans, fonctionne sans interruption depuis novembre 2000. Ses équipages se relaient tous les six mois environ, permettant à des astronautes du monde entier de mener des expériences en microgravité. Selon Numerama, la relève actuelle s’organise autour de deux lancements : la mission SpaceX Crew-12, arrivée il y a quelques semaines, et le vaisseau Soyouz MS-28, amarré plus récemment.

Parmi les sept occupants de l’ISS, on compte quatre Américains, deux Russes et une Française, Sophie Adenot, première femme française à rejoindre l’ISS. Leurs profils reflètent la coopération internationale qui a toujours caractérisé la station, malgré les tensions géopolitiques sur Terre. Chacun d’eux a été sélectionné après des années de formation, et leur mission s’articule autour de recherches scientifiques, de maintenance technique et de préparation aux futures explorations lunaires.

Tiangong : la station chinoise en pleine expansion

Pendant ce temps, à l’autre bout de l’orbite terrestre, la Chine poursuit le développement de sa propre station, Tiangong, devenue pleinement opérationnelle en 2022. Selon Numerama, elle abrite actuellement trois taïkonautes – Zhang Lu, Wu Fei et Zhang Hongzhang – dans le cadre de la mission Shenzhou 21, dont le séjour a débuté en octobre 2025. Contrairement à l’ISS, conçue pour des équipages nombreux, Tiangong est dimensionnée pour trois personnes en permanence, avec une capacité d’extension limitée.

Cette station symbolise l’ambition spatiale chinoise, qui vise à devenir une puissance majeure dans l’exploration habitée. Les taïkonautes y réalisent des expériences en biologie, physique et technologies spatiales, tout en testant des systèmes de support-vie autonomes. Leur présence rappelle que l’espace n’est plus l’apanage d’un seul bloc géopolitique, mais un terrain de coopération – et parfois de rivalité – entre nations.

Des conditions de vie adaptées à chaque station

Loger sept personnes dans l’ISS, c’est déjà un défi logistique. La station dispose de six chambres individuelles, mais lors des rotations ou des missions commerciales privées, certains astronautes doivent se contenter de couchages improvisés dans les modules ou à bord des vaisseaux amarrés. Numerama souligne que ces périodes de surpopulation, bien que temporaires, exigent une organisation millimétrée pour éviter les conflits de planning et garantir la sécurité de tous.

À l’inverse, Tiangong offre un confort plus standardisé, avec des quartiers dédiés à chaque membre d’équipage. Cependant, la taille réduite de la station limite les expériences possibles et impose une gestion stricte des ressources. Dans les deux cas, l’objectif reste le même : optimiser chaque mètre carré pour permettre aux astronautes de travailler, dormir et se détendre dans un environnement où chaque geste compte.

« L’ISS reste un symbole de coopération internationale, mais son avenir dépendra de la capacité des agences à maintenir ce partenariat malgré les tensions politiques. »
Un porte-parole de la NASA, cité par Numerama

Un record à battre : quand l’ISS a frôlé la saturation

Le 17 juillet 2009, l’ISS a accueilli treize personnes simultanément, un record qui n’a jamais été égalé depuis. Cet afflux exceptionnel était dû à l’arrivée d’une navette spatiale américaine transportant sept astronautes, en plus des six déjà présents. Numerama explique que cet épisode a mis en lumière les limites physiques de la station, conçue pour six occupants permanents.

Depuis, les rotations sont mieux planifiées pour éviter de telles situations, même si les missions commerciales privées (comme celles d’Axiom Space) continuent de créer des pics d’occupation temporaires. Ces missions, bien que lucratives pour les agences spatiales, soulèvent des questions sur l’équité d’accès à l’orbite basse, certains pays ou entreprises disposant de budgets bien supérieurs à d’autres.

Et maintenant ?

Les prochaines rotations d’équipage sont déjà en préparation. La mission SpaceX Crew-13, dont le décollage est prévu pour le 15 mai 2026, devrait remplacer une partie de l’équipage actuel de l’ISS. Par ailleurs, la Chine a annoncé l’envoi de deux nouveaux modules vers Tiangong d’ici 2027, ce qui portera sa capacité à six taïkonautes simultanément. Enfin, l’ESA (Agence spatiale européenne) pourrait ajuster la durée du séjour de Sophie Adenot dans l’ISS, en raison de l’arrivée anticipée de Crew-13, comme le rapporte Numerama.

Avec dix humains en orbite en ce moment, l’humanité écrit une nouvelle page de son histoire spatiale. L’ISS et Tiangong incarnent deux modèles distincts de présence orbitale : l’un fondé sur la coopération internationale, l’autre sur l’autonomie stratégique. Leur coexistence, voire leur concurrence, façonnera peut-être les prochaines étapes de l’exploration spatiale, que ce soit vers la Lune ou Mars.

Les missions à bord de l’ISS durent généralement six mois, comme c’est le cas pour l’Expedition 74/75 actuellement en cours. Cette durée permet de mener des expériences scientifiques sur le long terme, tout en assurant une rotation régulière des équipages pour éviter la fatigue et maintenir les compétences opérationnelles.

La Chine a choisi de construire Tiangong en raison de restrictions imposées par les États-Unis, qui ont empêché la participation chinoise à l’ISS. Pékin a donc développé son propre programme spatial habité, avec une autonomie totale sur la conception, le lancement et l’exploitation de sa station. Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large visant à faire de la Chine une puissance spatiale majeure d’ici 2030.