Dans les Alpes, certains agriculteurs et éleveurs ont choisi de jouer la carte du tourisme pour faire découvrir leur activité et partager leur passion. Cette démarche s’inscrit dans l’histoire de ces territoires, façonnés par l’activité agricole.

Une tradition qui se perpétue

Lucile Mattis, âgée de 29 ans, a pris la suite de son père à la tête de la Ferme de l’Adroit, l’exploitation familiale installée à Val d’Isère. Elle débute chaque jour par la traite de son troupeau de 36 Brunes des Alpes, une race de vaches montagnardes habituées à l’altitude et à la rigueur des éléments. Ensuite, elle rejoint la fromagerie, où se déroule la transformation du lait. « Nous fabriquons 12 à 13 fromages différents, des yaourts, des fromages blancs, de la confiture de lait... Tout est élaboré sur place », détaille Lucile.

La boutique de la Ferme de l’Adroit permet aux visiteurs de découvrir les produits de la ferme, tels que la tomme, le bleu raclette, la fondue, la valiflette, un type de reblochon, le saucisson pur porc ou la terrine à l’ancienne. Les visites de la ferme sont gratuites et les touristes peuvent assister à la traite, à 6 h du matin et à 17h15.

Un complément de revenus

À Val d’Isère, comme partout dans les Alpes, agriculture et tourisme ont toujours fonctionné au diapason. Le développement des stations de ski a impulsé un essor économique permettant aux habitants de devenir pluriactifs. Les agriculteurs ont trouvé un complément de revenus en accueillant les touristes dans leurs fermes-auberges. « Depuis toujours, les agriculteurs font partie intégrante du paysage et de notre histoire », explique Cécile Ferrando, directrice de l’Office de tourisme de la station tarine.

La Ferme de l’Adroit est ouverte aux visiteurs toute l’année et propose des visites de la fromagerie et de la ferme. Les produits de la ferme sont également vendus sur place. « Sans le tourisme, nous ne pourrions pas faire fonctionner une ferme avec autant d’animaux », explique Lucile Mattis.

Une identité montagnarde

À La Clusaz, en Haute-Savoie, les liens entre agriculture et tourisme ont également façonné l’identité de cette station village située en plein cœur des Aravis. Quinze exploitations agricoles sont aujourd’hui installées sur le territoire de cette commune de 1600 habitants. « Pour nous, il s’agit d’un vrai trésor et d’un patrimoine à préserver », appuie Jean-Philippe Montfort, directeur de l’office de tourisme.

La Ferme des Corbassières, fondée en 1980 par la famille Donzel, propose des visites de la ferme et de la fromagerie. Les visiteurs peuvent découvrir la fabrication du reblochon et déguster les produits de la ferme. « Ouvrir notre ferme nous demande de l’énergie, mais ça nous aide aussi à faire comprendre notre façon de vivre et de travailler », explique Jennifer Donzel.

Des adresses à découvrir

Voici quelques adresses à découvrir dans les Alpes :

  • La Ferme de l’Adroit à Val d’Isère
  • La Ferme des Corbassières à La Clusaz
  • La Chèvrerie des Ours à Les Gets
  • La Ferme du Clos dans le Vercors
  • La Ferme de la Montagne à Sigottier

Ces fermes proposent des visites, des dégustations et des possibilités d’achat de produits locaux. Elles offrent également des hébergements et des activités pour les touristes.

En conclusion, les agriculteurs des Alpes ont choisi de jouer la carte du tourisme pour faire découvrir leur activité et partager leur passion. Cette démarche permet de valoriser leur travail et de préserver leur patrimoine. Les touristes peuvent découvrir les produits locaux, les paysages montagnards et les traditions des habitants. Cette approche est bénéfique pour les deux parties et permet de créer des liens entre les agriculteurs, les touristes et les territoires.