Un collectif d’universitaires a tiré la sonnette d’alarme sur les difficultés financières rencontrées par les alliances d’universités européennes, dans une lettre ouverte au président de la République publiée par Le Monde - Education. Selon ce texte, l’ambition d’un espace européen de l’enseignement supérieur et de la recherche plus intégré se heurte à un flou persistant concernant le financement de ces projets.

Ce qu'il faut retenir

  • Une lettre ouverte, signée par des universitaires, alerte sur les incertitudes budgétaires menaçant les alliances européennes.
  • Le collectif dénonce un manque de visibilité financière pour ces projets, pourtant au cœur de la stratégie européenne.
  • L’objectif d’un espace intégré de l’enseignement et de la recherche en Europe est ainsi compromis.
  • La lettre, publiée dans Le Monde - Education, s’adresse directement au chef de l’État.

Dans leur missive, les signataires soulignent que l’absence de cadre financier clair risque de fragiliser la mise en œuvre des alliances universitaires, pourtant présentées comme un levier essentiel pour renforcer la compétitivité du continent. « Sans une enveloppe budgétaire stable et prévisible, ces initiatives ne pourront atteindre leurs objectifs », a déclaré l’un des porte-parole du collectif, sans pour autant citer de chiffres précis.

Ces alliances, lancées dans le cadre du programme Erasmus+, visent à créer des campus transnationaux et à favoriser la mobilité des étudiants et des chercheurs. Pourtant, selon Le Monde - Education, leur financement repose en grande partie sur des fonds européens dont les modalités d’attribution restent opaques pour de nombreux établissements. « On marche sur des œufs, car les subventions promises ne sont pas toujours confirmées d’une année sur l’autre », a expliqué un responsable d’université impliqué dans l’une de ces alliances.

« L’Union européenne a affiché une volonté politique forte, mais les moyens concrets peinent à suivre. Sans un engagement financier clair, nous risquons de voir ces projets s’essouffler avant même d’avoir démarré. »
— Extrait de la lettre ouverte adressée au président de la République

Le collectif d’universitaires n’est pas le seul à s’inquiéter. Plusieurs recteurs d’universités françaises et européennes ont déjà alerté, lors de conférences récentes, sur les retards dans le versement des fonds et sur la complexité des procédures administratives. Selon un rapport interne de la Commission européenne, près de 30 % des projets financés dans le cadre des alliances universitaires auraient subi des ajustements budgétaires en 2025, faute de liquidités suffisantes.

Et maintenant ?

La Commission européenne doit présenter, d’ici la fin de l’année 2026, un nouveau plan financier pour les alliances universitaires, incluant des mécanismes de garantie pour les établissements. Une réunion des ministres de l’Enseignement supérieur des États membres est également prévue en septembre pour discuter des priorités budgétaires. Reste à voir si ces annonces suffiront à rassurer les universités, alors que les délais de mise en œuvre des projets s’allongent.

Du côté des pouvoirs publics français, aucune réponse officielle n’a encore été apportée à la lettre ouverte. Interrogé par Le Monde - Education, le ministère de l’Enseignement supérieur a indiqué qu’il « suivait de près la situation » sans préciser si des mesures correctives étaient envisagées à court terme. « La question du financement est cruciale, mais elle ne peut être résolue sans une coordination renforcée entre les États membres », a commenté une source proche du dossier.

Les universités, elles, commencent à adapter leurs stratégies. Certaines ont déjà réduit la voilure sur leurs projets phares, faute de garanties financières. D’autres explorent des partenariats privés pour compléter les fonds européens. « Nous devons être réalistes : sans visibilité, il est impossible de s’engager sur le long terme », a résumé un représentant du réseau CIVIS, l’une des alliances les plus avancées.

Les alliances les plus connues incluent CIVIS, 4EU+, EUCOR et Una Europa. Toutes ces initiatives, financées en partie par Erasmus+, sont aujourd’hui confrontées à des difficultés budgétaires selon les universitaires signataires de la lettre ouverte.