Le 24 février 2026, alors que la guerre en Ukraine entre dans sa cinquième année, les armées européennes sont confrontées à des défis importants pour faire face aux nouvelles technologies et tactiques militaires développées depuis le début du conflit.

Une étude récente de l'International Institute for Strategic Studies (IISS) met en avant les difficultés budgétaires et les lacunes en matière d'équipements militaires des armées européennes. Selon cette étude, les dépenses militaires en Europe ont atteint un niveau record de 562,9 milliards de dollars en 2025, en augmentation de 12,6% par rapport à l'année précédente.

Les défis de la guerre en Ukraine

La guerre en Ukraine a redessiné le panel des menaces et a obligé les armées européennes à revoir leur stratégie de sécurité. Le secrétaire général de l'Otan a appelé à une hausse de 400% des capacités intégrées de défense aérienne et antimissile de l'Alliance. Les armées européennes sont en effet « mal préparées face au type d'attaques à grandes échelles auxquelles l'Ukraine est confrontée », selon l'IISS.

Le conflit en Ukraine a également entraîné une évolution rapide et constante des technologies et des tactiques militaires, notamment en matière de drones et d'intelligence artificielle. L'opération ukrainienne « Spiderweb », qui a consisté en une attaque de drones d'envergure contre l'aviation russe en juin 2025, en est un exemple.

Les efforts de l'Otan pour renforcer son flanc est

Face à ces défis, l'Otan a lancé plusieurs projets pour renforcer son flanc est, notamment le « Bouclier de l'Est » développé en Pologne et la « Ligne de défense Baltique », des projets d'installations défensives aux frontières de ces pays. L'Otan cherche également à rattraper son retard dans le domaine des drones d'attaque à usage unique, avec plusieurs projets de « mur » anti-drones.

Les pays de l'Otan se sont engagés à porter leurs budgets nationaux à 5% du PIB d'ici 2035, mais ils pourraient être contraints par leurs marges de manœuvre budgétaires « limitées », selon l'IISS. Les dépenses militaires mondiales ont progressé de 2,5% à 2 630 milliards de dollars en 2025, mais à un rythme moindre que lors des cinq dernières années.

Les ambitions chinoises et les défis régionaux

La Chine a représenté 44% des dépenses du continent asiatique en 2025 et a confirmé qu'elle possédait la « triade » nucléaire lors d'un grand défilé militaire en septembre. Les purges anticorruption au sein de l'armée n'ont pas empêché Pékin « d'augmenter ses incursions » aériennes au large de Taiwan, sur fonds de tensions croissantes avec le Japon.

L'Iran a subi des « revers majeurs » dans le sillage du conflit entre Israël et le Hamas, avec les frappes américano-israéliennes de juin 2025 qui ont engendré des « dommages considérables » à ses installations nucléaires et balistiques. Les menaces de nouvelles frappes américaines « soulèvent de sérieuses questions quant à la capacité de l'Iran à maintenir (...) son rôle » dans la région, selon l'IISS.

Les réactions attendues

Les réactions des pays concernés et des organisations internationales sont attendues pour faire face aux défis posés par la guerre en Ukraine et les ambitions chinoises. La course au réarmement en Europe et les efforts de l'Otan pour renforcer son flanc est seront probablement au centre des débats dans les prochaines semaines.

Comme le souligne l'IISS, « il est difficile d'imaginer une fin prochaine » au conflit en Ukraine, étant donné « qu'aucun côté ne parait prêt à faire suffisamment évoluer ses positions ». Les décisions prises par les pays qui soutiennent Moscou et Kiev seront donc cruciales pour déterminer l'issue du conflit.