Dans la nuit du 10 au 11 avril 2026, les occupants de la Station spatiale internationale (ISS) ont tenté d’assister à un moment historique : le retour sur Terre de la mission Artémis II, premier vol habité vers la Lune depuis plus de cinquante ans. Jessica Meir, Chris Williams, Jack Hathaway et Sophie Adenot, les quatre astronautes à bord de l’ISS, s’étaient postés dans la Cupola, l’observatoire panoramique de la station, pour tenter d’apercevoir la rentrée atmosphérique de la capsule Orion. Selon Numerama, cette tentative s’est soldée par un succès partiel : ils n’ont pu distinguer qu’une traînée lumineuse dans la haute atmosphère, sans voir la capsule elle-même.

Ce qu'il faut retenir

  • Quatre astronautes de l’ISS — Jessica Meir, Chris Williams, Jack Hathaway et Sophie Adenot — ont observé le retour d’Artémis II depuis la Cupola dans la nuit du 10 au 11 avril 2026.
  • La trajectoire finale de la capsule Orion passait à proximité de l’ISS, mais trop loin pour une observation détaillée ou l’amerrissage au large de la Californie.
  • Les astronautes ont aperçu une traînée lumineuse et une lumière vive, correspondant à la combustion du module de service européen lors de sa rentrée atmosphérique.
  • Un échange radio a eu lieu entre les équipages de l’ISS et d’Artémis II pendant le trajet retour, une première.
  • La capsule Orion a survolé l’Australie, frôlé Hawaï avant d’amerrir dans l’océan Pacifique, au large de la Californie.
  • Les astronautes de l’ISS avaient déjà tenté, sans plus de succès, d’observer le départ de la mission le 31 mars 2026 depuis la Floride.

Une trajectoire trop lointaine pour une observation idéale

À 400 km d’altitude, les quatre membres d’équipage de l’ISS avaient une vue imprenable sur la Terre, mais leur position n’était pas optimale pour assister au retour d’Artémis II. Selon Numerama, la trajectoire finale de la capsule Orion passait bien à proximité de la station, mais à une distance suffisante pour empêcher une observation détaillée. « Yeux grands ouverts dans la coupole, attendant le retour en toute sécurité de nos amis d’Artémis II. Notre trajectoire depuis l’ISS nous fera passer à proximité au-dessus de l’océan Pacifique, nous espérons donc apercevoir quelque chose ! », avait tweeté Jessica Meir quelques heures avant l’événement, accompagnée d’un selfie montrant l’équipe réunie dans la Cupola.

Malgré cette préparation, les astronautes n’ont pu distinguer que des éléments fugaces. « Nous avons d’abord vu une lumière vive et une traînée alors que le module de service se consumait », a déclaré Chris Williams sur X (ex-Twitter), en référence au module européen qui s’est désintégré lors de la rentrée atmosphérique. Les images partagées par l’astronaute montrent effectivement une traînée blanche caractéristique, située bien au-dessus des nuages, trahissant le passage rapide de la capsule.

Un échange historique entre les deux équipages

L’un des moments marquants de cette opération a été l’échange radio entre les astronautes de l’ISS et ceux de la mission Artémis II, un appel passé alors que la capsule survolait la Lune. Reid Wiseman, Victor Glover, Christina Koch et Jeremy Hansen, les quatre membres d’équipage d’Artémis II, ont ainsi pu échanger quelques mots avec leurs collègues de l’ISS, une première dans l’histoire des missions lunaires habitées. Cet appel a eu lieu peu après que la capsule ait quitté l’orbite lunaire pour entamer son retour vers la Terre.

Cet épisode illustre l’importance de la coordination entre les différentes missions spatiales, alors que la Station spatiale internationale et les missions Artémis s’inscrivent dans une logique de complémentarité. Si l’ISS reste un laboratoire en orbite basse, les missions Artémis préparent le retour durable de l’humanité sur la Lune, avec pour objectif ultime l’installation d’une base permanente.

Une observation déjà tentée — et infructueuse — pour le départ

Cette tentative d’observation n’est pas la première pour les astronautes de l’ISS. Le 31 mars 2026, ils avaient déjà essayé de suivre le décollage de la mission Artémis II depuis le centre spatial Kennedy en Floride. Là encore, la distance était trop grande pour permettre une vision claire. Chris Williams avait tout de même réussi à immortaliser la traînée laissée par la fusée SLS (Space Launch System) lors de son ascension, prouvant que l’ISS pouvait jouer un rôle d’observatoire spatial, même à distance.

Ces deux tentatives — pour le départ et le retour — soulignent à la fois les limites et les atouts de la Station spatiale internationale dans le suivi des missions lointaines. Si elle ne permet pas toujours une observation directe, elle offre une plateforme unique pour capter des phénomènes atmosphériques rares, comme la combustion de modules spatiaux lors de leur rentrée.

Et maintenant ?

La mission Artémis II marque une étape clé avant le retour de l’humanité sur la Lune, prévu avec Artémis III d’ici 2027. L’ISS, quant à elle, poursuit son rôle de laboratoire orbital jusqu’à au moins 2030, selon les annonces des agences spatiales. Les images et observations réalisées par ses occupants pourraient servir à affiner les futures missions, notamment pour le suivi des rentrées atmosphériques des capsules habitées. La collaboration entre l’ISS et les missions lunaires devrait encore s’intensifier, avec des échanges techniques et scientifiques de plus en plus fréquents.

Quant aux quatre astronautes de l’ISS, leur mission se poursuit. Sophie Adenot, première Française à intégrer un équipage de l’ISS, continue ses expériences en microgravité, tandis que ses collègues américains et européens préparent les prochaines sorties extravéhiculaires. Leur séjour dans l’espace, initialement prévu pour six mois, pourrait être prolongé en fonction des besoins logistiques des agences spatiales.

Le retour d’Artémis II : un succès malgré les limites de l’observation

Malgré l’absence de vue détaillée sur la rentrée de la capsule Orion, le retour d’Artémis II reste un succès pour la NASA et ses partenaires internationaux. La mission, lancée le 3 avril 2026, a permis de valider les systèmes de navigation, de propulsion et de survie pour les futurs équipages lunaires. L’amerrissage au large de la Californie s’est déroulé sans encombre, et les quatre astronautes ont été récupérés par les équipes de la marine américaine.

Si les astronautes de l’ISS n’ont pu assister à cet événement en direct, leurs observations, bien que limitées, contribuent à enrichir la compréhension des phénomènes atmosphériques liés aux rentrées spatiales. Ces données pourraient s’avérer précieuses pour les prochaines missions, notamment celles prévues dans le cadre du programme Artémis.

La trajectoire finale de la capsule Orion passait à environ 400 km d’altitude, mais à une distance trop grande pour permettre une observation détaillée depuis la Cupola de l’ISS. Selon Numerama, les astronautes n’ont pu distinguer qu’une traînée lumineuse correspondant à la combustion du module de service européen, situé à une altitude bien plus élevée que les nuages.

Le programme Artémis vise à préparer le retour durable de l’humanité sur la Lune. Après Artémis II, qui a validé les systèmes de navigation et de survie en orbite lunaire, la prochaine étape est Artémis III, prévue pour 2027. Cette mission prévoit l’alunissage de la première femme et de la première personne de couleur sur la surface lunaire, ainsi que l’installation des premiers éléments d’une base permanente.