Les places boursières d’Asie-Pacifique ont majoritairement affiché des hausses vendredi 7 juillet 2026, portées par un nouveau record du Dow Jones à Wall Street, tout en restant sous l’influence d’une volatilité persistante sur les valeurs technologiques, selon Euronews FR.

Ce qu'il faut retenir

  • L’indice Kospi sud-coréen enregistre une progression de plus de 4 %, effaçant partiellement la chute de près de 8 % enregistrée jeudi.
  • À Tokyo, le Nikkei 225 gagne 1 %, tiré par le bond de 6,6 % de Kioxia, tandis que Tokyo Electron recule de 2,5 %.
  • Le Dow Jones établit un nouveau sommet à 52 900 points, mais l’S&P 500 reste stable et le Nasdaq recule de 0,8 %.
  • Les valeurs liées à l’intelligence artificielle et aux semi-conducteurs restent fragiles, avec des replis marqués chez Nvidia (-1,4 %), Micron (-5,5 %) et Lam Research (-10 %).
  • Le marché de l’emploi américain montre des signes de ralentissement, avec seulement 57 000 emplois créés en juin, bien en dessous des attentes.

Un rebond asiatique malgré des tensions persistantes sur les semi-conducteurs

Les Bourses asiatiques ont globalement rebondi vendredi, dans un mouvement de rattrapage après les fortes baisses de la veille. Euronews FR rapporte que cette volatilité atténuée contraste avec les ventes massives de jeudi, elles-mêmes déclenchées par des craintes de surévaluation dans le secteur technologique. Ces craintes avaient particulièrement affecté les valeurs de semi-conducteurs, un secteur déjà sous pression depuis le début de la semaine.

Parmi les indices les plus dynamiques, le Kospi sud-coréen a mené la hausse, progressant de plus de 4 %. Cette performance permet d’effacer partiellement la chute de près de 8 % subie la veille. Samsung Electronics, géant national et acteur clé des puces, a enregistré un bond de 7 %, tandis que son concurrent SK Hynix, spécialisé dans la mémoire, a progressé de 4,9 %.

Tokyo et Hong Kong dans le vert, Taipei à contre-courant

À Tokyo, l’indice phare Nikkei 225 a progressé de 1 %, porté notamment par une hausse de 6,6 % du fabricant de mémoires Kioxia. En revanche, Tokyo Electron, fournisseur d’équipements pour semi-conducteurs, a cédé 2,5 %, reflétant les disparités au sein du secteur technologique. Plus au sud, l’indice Hang Seng de Hong Kong a pris 1,7 %, tandis que le Shanghai Composite a gagné 0,7 %.

Côté australien, l’indice S&P/ASX 200 a progressé de 1,3 %, mais Taïwan a fait figure d’exception avec un repli de 0,6 % du Taiex, reflétant une certaine divergence régionale. En Europe, les grands indices ont évolué dans une fourchette étroite, entre +0,1 % et +0,4 %, signe d’une hésitation générale sur les marchés matures.

Wall Street atteint un nouveau sommet, mais la tech reste en difficulté

Aux États-Unis, les marchés ont terminé jeudi en ordre dispersé, mais le Dow Jones a tout de même inscrit un nouveau record à 52 900 points, en progression de 1,1 %. L’indice élargi S&P 500, lui, a terminé quasi stable, freiné par un repli persistant des valeurs technologiques. Le Nasdaq, dominé par les géants de la tech, a reculé de 0,8 %, confirmant la fragilité du secteur.

Le moral des investisseurs a été soutenu par des chiffres décevants sur l’emploi américain : seulement 57 000 emplois créés en juin, bien en dessous des 100 000 attendus et en net ralentissement par rapport à mai. Cette faiblesse du marché du travail pourrait, selon les analystes, atténuer les pressions inflationnistes et réduire la probabilité d’une hausse des taux de la Réserve fédérale. Le prix du pétrole, lui, reste sous les niveaux d’avant la guerre en Iran, avec un Brent à 73 dollars et un WTI à 69 dollars, renforçant cette perspective.

L’IA et les cryptomonnaies : deux secteurs aux dynamiques opposées

La thématique de l’intelligence artificielle a continué de peser sur les marchés. Nvidia, dont la valorisation dépasse désormais 4 700 milliards de dollars, a reculé de 1,4 % après une journée déjà difficile. Micron a abandonné ses gains initiaux pour terminer en baisse de 5,5 %, au lendemain d’un plongeon de 10,6 %. Même Lam Research, spécialiste des équipements pour semi-conducteurs, a décroché de plus de 10 %, confirmant la défiance des investisseurs envers le secteur.

À l’inverse, les valeurs liées aux cryptomonnaies ont bénéficié d’un regain d’intérêt. Le bitcoin a progressé d’environ 2 %, entraînant dans son sillage des plateformes comme Robinhood et Coinbase. Cette hausse reflète un apaisement temporaire après les turbulences des dernières semaines, mais le secteur reste hautement spéculatif.

Les marchés européens hésitent, entre stabilité et prudence

En Europe, les grands indices ont ouvert vendredi dans une fourchette étroite. L’Euro Stoxx 50 et le plus large Stoxx 600 évoluaient tous deux autour de 0,3 %, tandis que le FTSE 100 britannique, le DAX 30 allemand, le CAC 40 français et le FTSE MIB italien enregistraient des hausses modestes, comprises entre 0,1 % et 0,3 %. Les meilleures performances revenaient à l’IBEX 35 espagnol et au FTSE MIB italien, qui progressaient d’environ 0,4 %.

Cette prudence s’explique en partie par l’attentisme des investisseurs face aux incertitudes économiques mondiales, mais aussi par les tensions persistantes sur les valeurs technologiques, un secteur clé des indices européens.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines pourraient voir une volatilité persistante sur les marchés, notamment si les données économiques américaines continuent de surprendre à la baisse. La Réserve fédérale reste sous surveillance, ses prochaines décisions sur les taux étant susceptibles d’être influencées par l’évolution du marché de l’emploi et de l’inflation. Côté Asie, la reprise des valeurs technologiques dépendra largement de la capacité des grands groupes comme Samsung ou TSMC à rassurer les investisseurs sur leurs perspectives de croissance.

La situation des semi-conducteurs, cœur de la révolution technologique actuelle, reste un point d’attention majeur. Leur performance conditionne non seulement les Bourses asiatiques, mais aussi la dynamique des géants américains de l’IA. Pour l’heure, la volatilité semble s’atténuer, mais le secteur n’est pas encore sorti d’affaire.

Les craintes de surévaluation dans le secteur technologique, combinées à des signes de ralentissement économique aux États-Unis, ont poussé les investisseurs à réévaluer leurs positions. Les géants comme Nvidia ou Micron sont particulièrement exposés, car leur valorisation repose sur des anticipations de croissance future, souvent jugées excessives par les marchés.