Les compagnies aériennes opérant au Venezuela doivent désormais régler le carburant utilisé par leurs appareils auprès de la société publique Petróleos de Venezuela (Pdvsa) en effectuant leurs paiements sur des comptes détenus par le Trésor américain. Cette mesure, confirmée mardi par deux sources du secteur aérien interrogées par l’AFP, s’inscrit dans une série de sanctions financières imposées par Washington depuis la prise de pouvoir de l’administration américaine sur le pays en janvier 2026.
Selon Le Figaro, qui rapporte cette information, cette nouvelle disposition a été notifiée aux compagnies aériennes par le biais d’une lettre datée du 28 mai, signée par le directeur des ventes de Pdvsa. Ce courrier précise les modalités de paiement via Fedwire, un système de transferts électroniques sécurisé géré par la Réserve fédérale des États-Unis. « Le gouvernement des États-Unis, par l’intermédiaire du Département d’État, peut recevoir des fonds américains au nom du Venezuela via Fedwire en suivant les instructions suivantes », indique le document, dont Le Figaro a pu consulter une copie.
Ce qu'il faut retenir
- À partir de maintenant, les compagnies aériennes opérant au Venezuela doivent payer leur carburant via des comptes américains, selon les coordonnées bancaires fournies par Pdvsa le 28 mai 2026.
- Cette mesure s’ajoute à une série de sanctions financières imposées par les États-Unis après la capture de Nicolas Maduro en janvier 2026.
- Les paiements doivent transiter par Fedwire, le système de virement de la Réserve fédérale américaine, sous contrôle du Département d’État.
- Plusieurs compagnies aériennes internationales ont confirmé avoir reçu cette notification, bien que leurs représentants s’expriment sous couvert d’anonymat.
- Le Venezuela était auparavant isolé sur le plan aérien en raison d’impayés envers plusieurs transporteurs, aggravé par la fermeture de son espace aérien en novembre 2025.
Une mesure liée à la prise de contrôle américaine sur le Venezuela
Cette obligation de paiement intervient dans un contexte de renforcement de l’influence des États-Unis sur l’économie vénézuélienne, notamment après la chute du régime de Nicolas Maduro. Comme l’indique Le Figaro, Washington affirme désormais « être aux commandes du Venezuela » depuis l’opération militaire qui a abouti à l’arrestation de l’ancien président en janvier 2026.
Depuis cette date, les États-Unis contrôlent les exportations de pétrole vénézuélien, une ressource stratégique pour le pays. La présidence par intérim est assurée par Delcy Rodríguez, figure clé de cette transition. Les compagnies aériennes étrangères, qui avaient progressivement repris leurs dessertes après des années d’isolement, se retrouvent désormais contraintes de s’adapter à cette nouvelle donne.
Les compagnies aériennes contraintes de s’adapter
Plusieurs transporteurs internationaux avaient suspendu leurs vols vers le Venezuela en raison d’impayés accumulés par l’État vénézuélien. Cette situation s’était encore détériorée en novembre 2025, lorsque les États-Unis avaient fermé l’espace aérien du pays dans le cadre d’un déploiement militaire dans les Caraïbes. La réouverture progressive des liaisons aériennes était alors devenue une priorité pour Caracas, mais elle s’accompagne désormais de conditions strictes imposées par Washington.
« C’est totalement exact, à partir de maintenant », a confirmé une source issue d’une des principales compagnies aériennes étrangères opérant au Venezuela, sous couvert d’anonymat faute d’autorisation pour s’exprimer. Une autre source, travaillant pour un autre transporteur, a également confirmé avoir reçu la notification de Pdvsa. Ces entreprises doivent désormais intégrer ces nouvelles modalités de paiement dans leurs processus financiers, sous peine de voir leurs appareils refoulés à l’arrivée.
Un système de paiement contrôlé par les États-Unis
Le document envoyé par Pdvsa aux compagnies aériennes précise que les fonds seront réceptionnés par le gouvernement américain au nom du Venezuela. Les instructions bancaires transmises via Fedwire permettent de garantir la traçabilité des transactions et de s’assurer que les paiements transitent bien par les canaux imposés par Washington. Ce système de contrôle financier s’inscrit dans une stratégie plus large visant à asphyxier économiquement le régime précédent tout en consolidant l’influence américaine sur les ressources naturelles du pays.
Pour les compagnies aériennes, cette mesure représente un changement radical dans la gestion de leurs opérations au Venezuela. Jusqu’à présent, les paiements pour le carburant étaient généralement effectués localement, via des banques vénézuéliennes. Désormais, elles doivent se conformer aux exigences du Trésor américain, ce qui pourrait entraîner des délais supplémentaires ou des frais bancaires supplémentaires.
En attendant, les autorités vénézuéliennes n’ont pas encore réagi publiquement à cette décision. Les observateurs s’interrogent sur l’impact à moyen terme de cette mesure, alors que le Venezuela cherche à relancer son économie dans un contexte de sanctions internationales accrues.
Cette mesure s’inscrit dans une stratégie de contrôle économique du Venezuela par Washington, qui affirme avoir pris le relais du pouvoir après la capture de Nicolas Maduro en janvier 2026. En contrôlant les flux financiers liés au pétrole et au carburant, les États-Unis cherchent à asphyxier les dernières sources de revenus du régime précédent tout en renforçant leur emprise sur les ressources naturelles du pays.
Les transporteurs pourraient faire face à des retards dans le ravitaillement de leurs appareils, à des frais bancaires supplémentaires ou à des restrictions d’accès au carburant si les fonds ne parviennent pas à temps sur les comptes désignés. Certains pourraient aussi décider de suspendre leurs dessertes si les nouvelles modalités s’avèrent trop contraignantes.