Depuis plusieurs années, l’armée de Terre organise un séminaire mensuel destiné aux chefs d’entreprise et aux décideurs publics. L’objectif ? Leur permettre de mieux comprendre le fonctionnement des opérations militaires sur le terrain, un exercice visant à renforcer les échanges entre les mondes civil et militaire. Selon Libération, ces rencontres s’inscrivent dans une démarche plus large de sensibilisation des élites économiques et politiques aux enjeux de défense nationale.

Ce qu'il faut retenir

  • Un séminaire mensuel est organisé par l’armée de Terre pour les dirigeants et décideurs
  • L’objectif est de leur faire découvrir l’organisation des opérations militaires
  • Ces rencontres s’inscrivent dans une volonté de rapprocher les secteurs civil et militaire
  • La formule inclut une immersion dans les méthodes de planification et de commandement
  • La citation clé du général responsable : « Tout dirigeant doit se demander comment contribuer à l’effort »

Chaque mois, une vingtaine de participants, issus aussi bien du secteur privé que de l’administration, sont conviés à participer à ce programme. Comme le rapporte Libération, l’idée n’est pas de former ces dirigeants à devenir des soldats, mais de leur offrir une vision concrète des mécanismes qui sous-tendent la gestion de crise en milieu militaire. « On ne leur demande pas de porter un fusil, mais de comprendre comment une opération se construit, de l’élaboration de la stratégie à sa mise en œuvre », explique un officier présent lors d’une session.

Le séminaire s’articule autour de plusieurs modules. D’abord, une présentation des chaînes de commandement et des procédures de décision en situation opérationnelle. Ensuite, des mises en situation permettent aux participants de s’immerger dans des scénarios fictifs, où ils doivent coordonner des actions sous pression. Enfin, des échanges avec des officiers expérimentés leur offrent l’opportunité d’aborder les défis humains et logistiques inhérents à toute mission. « L’enjeu est de leur faire toucher du doigt la complexité des choix à opérer, souvent dans l’urgence et avec des ressources limitées », souligne un responsable de l’état-major.

« Tout dirigeant doit se demander comment contribuer à l’effort. Ce séminaire est une façon de leur montrer que la défense ne se limite pas aux armées, mais implique une mobilisation de l’ensemble de la société. »
— Général [Nom non communiqué], commandant l’armée de Terre

Ces initiatives s’inscrivent dans un contexte où les tensions géopolitiques poussent les pouvoirs publics à renforcer la résilience des institutions et des entreprises face aux risques systémiques. En 2024, le Livre Blanc sur la défense a d’ailleurs souligné l’importance d’une culture commune entre civils et militaires, notamment pour faire face aux cybermenaces ou aux crises sanitaires majeures. « On observe une prise de conscience croissante de l’interdépendance entre sécurité nationale et performance économique », commente un analyste spécialisé en stratégie de défense.

Les retours des participants sont globalement positifs. Plusieurs dirigeants soulignent l’utilité de ces sessions pour mieux appréhender les contraintes des forces armées, mais aussi pour identifier des synergies potentielles entre leurs organisations et l’institution militaire. « Cela m’a permis de réaliser à quel point nos processus décisionnels pourraient gagner en réactivité en nous inspirant des méthodes militaires », confie le directeur général d’une PME industrielle ayant participé au dernier séminaire en avril 2026.

Et maintenant ?

À l’issue de ces sessions, l’armée de Terre envisage d’élargir le public cible en intégrant des représentants des collectivités territoriales, souvent en première ligne lors de crises locales. Une première session pilote est prévue pour le second semestre 2026, avec une évaluation des retours avant un éventuel déploiement national. Par ailleurs, des discussions sont en cours avec le ministère des Armées pour intégrer ces séminaires dans le parcours de formation continue des cadres dirigeants, notamment dans les secteurs stratégiques comme l’énergie ou les transports.

Pour l’instant, ces rencontres restent un dispositif expérimental, mais elles pourraient préfigurer une collaboration plus structurée entre les mondes civil et militaire. Reste à voir si cette initiative inspirera d’autres armées ou institutions à développer des programmes similaires. Une chose est sûre : l’armée de Terre mise sur ces échanges pour ancrer durablement la culture de défense dans le quotidien des décideurs.

Les participants sont majoritairement des chefs d’entreprise, des cadres dirigeants du secteur public et des élus locaux. L’armée de Terre privilégie les secteurs considérés comme stratégiques pour la sécurité nationale, comme l’industrie, les transports ou les nouvelles technologies.

Non, ces sessions sont entièrement financées par le ministère des Armées. Les participants n’ont qu’à prendre en charge leurs frais de déplacement et d’hébergement si nécessaire.