Les réalisateurs de documentaires nommés aux Oscars espèrent profiter de la visibilité offerte par la cérémonie pour susciter le débat avec leurs films, selon nos confrères de Le Figaro. La cérémonie se tiendra dimanche 15 mars à Hollywood. Les courts et longs métrages documentaires nommés cette année portent un regard sans concession sur la société américaine, abordant des sujets tels que les tensions raciales, les tueries en milieu scolaire, l'avortement et le système carcéral.
Geeta Gandbhir, réalisatrice de La Voisine idéale, concourt pour l'Oscar du meilleur long métrage documentaire. Son film, disponible sur Netflix, décortique un fait divers survenu après un conflit de voisinage en Floride, à la croisée des questions de race, d'armes et de légitime défense. « Je crois que tout art est politique, et que l'art est à l'avant-garde de la révolution », a déclaré Geeta Gandbhir à l'AFP.
Ce qu'il faut retenir
- Les documentaires nommés aux Oscars abordent des sujets tels que les tensions raciales, les tueries en milieu scolaire, l'avortement et le système carcéral.
- Geeta Gandbhir, réalisatrice de La Voisine idéale, concourt pour l'Oscar du meilleur long métrage documentaire.
- Le film The Devil Is Busy, réalisé par Geeta Gandbhir, s'intéresse à une clinique américaine pratiquant des avortements, assiégée par des manifestants après l'annulation de la garantie fédérale de l'interruption volontaire de grossesse par la Cour suprême en 2022.
Les thèmes abordés
Christalyn Hampton, coréalisatrice du film The Devil Is Busy, a voulu « humaniser ce sujet brûlant » en choisissant de suivre une femme croyante responsable de la sécurité dans cette clinique. Celle-ci est prise en étau entre la protection des patientes et la confrontation avec des manifestants dont elle partage en partie les convictions. « Nous avons trouvé cela très intéressant et ironique », a confié Christalyn Hampton.
Joshua Seftel et Steve Hartman, réalisateurs du film Toutes les chambres vides, ont quant à eux voulu faire ressentir au public le poids des tueries scolaires à travers l'absence des victimes. Pour illustrer ces drames, les deux hommes ont visité les chambres vides des enfants et adolescents tués. « Ce n'est pas politique, c'est une question humaine », a assuré Joshua Seftel. « C'est quelque chose sur lequel nous sommes tous d'accord : nous voulons tous que nos enfants soient en sécurité quand ils vont à l'école. »
Le rôle des réalisateurs
Andrew Jarecki et Charlotte Kaufman ont tenté de lever le voile sur les prisons américaines avec le long métrage documentaire The Alabama Solution : dans l'enfer de la prison. « Nous avons deux millions de personnes incarcérées, on ne peut pas vraiment l'ignorer », a expliqué Andrew Jarecki à l'AFP. « Mais les prisons font tout ce qu'elles peuvent pour tenir la presse et les cinéastes à l'écart », a-t-il regretté. « Comprendre et être capable de voir ce qu'est (un problème) réellement, c'est la première étape pour le résoudre », a ajouté Andrew Jarecki, estimant que les réalisateurs avaient un rôle à jouer pour faire changer les choses.
Les documentaires nommés aux Oscars cette année offrent un regard sans concession sur la société américaine et abordent des sujets importants qui devraient continuer à être débattus. Les réalisateurs de ces films espèrent que leur travail contribuera à faire changer les choses et à améliorer la société.
