Le président américain, Donald Trump, a été contraint de revoir sa copie après la décision de la Cour suprême qui a annulé une large partie des droits de douane que la Maison Blanche avait imposés à ses partenaires commerciaux. Vendredi, la plus haute juridiction américaine a jugé que le pouvoir exécutif avait outrepassé ses droits.

Ces taxes arrêteront d'être prélevées mardi matin. Furieux, le président américain a annoncé qu'il allait instaurer, à partir de mardi, un nouveau tarif mondial de 15% sur la plupart des produits (des taux plus élevés sont toujours appliqués à l'acier, l'aluminium, le cuivre...). Donald Trump a cette fois utilisé l'article 122 de la loi de 1974 sur le commerce.

Les conséquences pour l'Union européenne

Ce coup de théâtre modifie sensiblement la situation des pays européens. « La position relative des différents partenaires a évolué », observe Gilles Moëc, chef économiste du groupe AXA, interrogé par BFM Business. L'an passé, la Commission européenne avait passé un accord avec les États-Unis prévoyant notamment un taux de 15% sur la plupart des produits européens, soit moins que d'autres pays comme la Chine ou l'Inde.

« Les Européens étaient finalement dans une bonne moyenne. Or, là les Chinois vont obtenir un traitement beaucoup plus favorable qu'avec l'ancienne législation. Donc, la position relative des Européens s'est dégradée par rapport à d'autres partenaires », explique Gilles Moëc.

Les économistes analysent la situation

Les économistes de Morgan Stanley estiment que les droits de douane moyens sur les produits chinois vont passer de 32% à 24%, soit une forte baisse. Le Brésil et l'Inde sont dans la même situation. Au contraire, la situation des exportateurs européens n'évolue guère. Pire, certains pays comme le Royaume-Uni ou l'Australie voient leur position se dégrader, alors qu'ils avaient négocié des taux autour de 10%.

Les dirigeants européens se demandent donc « quel sera le traitement tarifaire après l'expiration » de cette mesure provisoire dans 150 jours, explique Gilles Moëc. « Est-ce que les États-Unis vont s'engager à ce que le total des tarifs soit égal à celui négocié l'année dernière ou est-ce qu'on part dans une dimension différente », poursuit Gilles Moëc.

La réaction de l'Union européenne

L'Union européenne attend des États-Unis une « clarification » après le revers infligé à Donald Trump par la Cour suprême. Le représentant américain au Commerce Jamieson Greer a affirmé dimanche qu'il s'attendait à ce que les accords commerciaux conclus par les États-Unis avec l'Union européenne, la Chine et d'autres pays, perdurent malgré le revers concernant les droits de douane.

À partir de mardi, les États-Unis prélèveront un tarif douanier moyen de 13,7% sur les importations, contre 16% avant la décision de la Cour suprême, selon le Budget Lab de l'université de Yale.

La situation reste donc incertaine et les réactions des différents acteurs économiques et politiques sont attendues avec intérêt. Les conséquences de ce nouveau tarif douanier seront-elles bénéfiques ou néfastes pour l'économie mondiale ? Seule l'avenir nous le dira.

Le nouveau tarif douanier est de 15% sur la plupart des produits, avec des taux plus élevés pour certains produits comme l'acier, l'aluminium et le cuivre.