D'après nos confrères de Futura Sciences, les lacs alpins sont de plus en plus verts, et ce n'est pas un phénomène naturel. En effet, les algues vertes se multiplient dans ces zones humides situées à plus de 2 000 mètres d'altitude, ce qui n'est pas normal et constitue un dérèglement de la biodiversité.

Ces écosystèmes sont très sensibles aux apports de nutriments, comme l'azote et le phosphore. En trop grande quantité, ces nutriments favorisent la prolifération des algues : l'eau verdit, la qualité du lac se dégrade et la biodiversité en est bouleversée, explique Maria Page, doctorante au Centre alpin de recherche sur les Réseaux trophiques et Écosystèmes limniques (Carrtel).

Ce qu'il faut retenir

  • Les lacs alpins deviennent de plus en plus verts en raison de la prolifération des algues.
  • Les algues se multiplient en raison de l'excès de nutriments, tels que l'azote et le phosphore.
  • La pollution de l'air et de l'eau est responsable de cet excès de nutriments.
  • Les activités humaines, telles que l'agriculture intensive et la combustion d'énergies fossiles, sont à l'origine de cette pollution.

Les causes de la pollution

Les agriculteurs, les jardiniers, ou encore les passionnés d'aquariophilie le savent : l’engrais azoté est efficace pour obtenir de belles plantes, mais aussi... de belles algues. C'est exactement ce qui se passe dans les lacs des montagnes : ils sont remplis d'azote, sauf que cet « engrais » n'a pas été mis là de manière volontaire, c'est un accident !

« Depuis le milieu du XIXᵉ siècle, les activités humaines ont fait exploser les concentrations d'azote réactif dans l'atmosphère : +1 300 % depuis 1860. Cette augmentation est principalement liée à l'utilisation d'engrais en agriculture intensive et à la combustion d'énergies fossiles », souligne Maria Page.

Les conséquences de la pollution

Les déchets du bétail, ainsi que les déchets humains, sont également responsables d'une partie de l'excès d'azote en montagne. « L'atmosphère joue en effet le rôle d'un gigantesque tapis roulant : l'azote réactif émis peut parcourir de longues distances avant de se déposer en montagne. Ces dépôts d'azote arrivent sous forme de molécules très appréciées par les algues : le nitrate et l'ammonium ».

En septembre 2023, Maria Page a analysé la composition de l'eau de 26 lacs des Alpes et des Pyrénées françaises afin d'identifier l'origine de l'azote. « Chaque source de nitrate et d'ammonium possède en effet une signature isotopique plus ou moins unique, qui nous aide à retracer l'origine de ces molécules dans nos lacs ».

Les résultats de l'étude

Pour 25 lacs sur 26, plus de 50 % de l'azote présent « provient de l'atmosphère, majoritairement sous forme d'ammonium. Le reste provient de processus naturels ». Maria Page annonce que la prochaine étape de cette étude sera d'identifier la source principale de cet ammonium atmosphérique (agriculture ou énergies fossiles) afin d'espérer ensuite pouvoir agir.

Et maintenant ?

Les conséquences de la pollution des lacs de montagne sont déjà visibles, et il est essentiel de prendre des mesures pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et les rejets de nutriments dans les lacs. Les résultats de l'étude de Maria Page devraient aider à identifier les sources principales de pollution et à élaborer des stratégies pour les réduire.

Il est important de suivre de près les développements de cette étude et les mesures qui seront prises pour protéger les lacs de montagne et leur biodiversité. Les prochaines étapes seront cruciales pour déterminer l'impact à long terme de la pollution sur ces écosystèmes fragiles.

En conclusion, la pollution des lacs de montagne est un problème grave qui nécessite une attention immédiate. Il est essentiel de prendre des mesures pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et les rejets de nutriments dans les lacs, afin de protéger ces écosystèmes fragiles et de préserver la biodiversité.