Le 26 juin, les ministres de l’Énergie de l’Union européenne ont obtenu un rôle accru dans la planification du futur système électrique européen, selon Euronews FR. Cette décision fait suite à une intense campagne politique contre la proposition de la Commission européenne visant à renforcer son contrôle sur le réseau électrique du bloc.

Deux sujets politiquement sensibles du plan du bloc pour moderniser le réseau électrique ont été débattus par les ministres de l’Énergie à Luxembourg : un nouveau scénario de planification centralisée des investissements futurs dans le réseau, et une vaste initiative visant à accélérer les procédures d’autorisation pour les projets d’énergie propre, qui mettent généralement de cinq à dix ans à être approuvés.

Ce qu'il faut retenir

  • Les ministres de l’Énergie de l’UE ont obtenu un rôle accru dans la planification du futur système électrique européen.
  • La décision vise à accélérer les procédures d’autorisation pour les projets d’énergie propre et à renforcer les interconnexions entre pays de l’UE.
  • Les gestionnaires de réseaux de transport d’énergie devront consacrer 10 % des revenus annuels de congestion à des projets européens visant à réduire la congestion sur les interconnexions.

Contexte et enjeux

Si l’Europe excelle dans la production d’électricité décarbonée, elle peine à l’acheminer en raison de ses infrastructures vieillissantes. Les parcs éoliens en mer du Nord, les centrales solaires dans le sud de l’Europe, la production d’hydrogène et l’électrification de l’industrie nécessitent tous des réseaux de transport plus vastes, plus intelligents et bien plus interconnectés que le système fragmenté actuel.

Pendant des années, la politique énergétique européenne s’est surtout concentrée sur le développement de la production renouvelable. Le goulet d’étranglement se situe désormais au niveau des infrastructures de réseau elles-mêmes. De nombreux analystes estiment que l’Europe dispose déjà d’assez de projets d’investissements dans les renouvelables pour couvrir une grande partie de sa demande future, mais qu’elle manque de capacités de transport suffisantes pour amener l’électricité là où elle est nécessaire.

Accord et compromis

Sous la pression de plusieurs pays de l’UE, notamment la Suède et la France, la présidence chypriote du Conseil – dont le mandat s’achève le 1er juillet – a assoupli la proposition initiale de la Commission présentée en décembre, ouvrant la voie au soutien apporté aujourd’hui par les capitales européennes.

« Je suis heureuse de dire qu’aujourd’hui, le paquet Réseaux semble prendre une tournure complètement différente », a déclaré à la presse la ministre suédoise de l’Énergie, Ebba Busch. « C’est aussi une grande victoire pour l’Europe, puisque les États membres gardent davantage la main sur l’affectation de leurs recettes de congestion, mais aussi sur le type de lourds investissements réalisés dans le système de réseau qui auront un impact sur les pays de l’UE. »

Et maintenant ?

La commission de l’industrie du Parlement européen se prononcera sur le paquet Réseaux le 1er juillet, avant un vote en séance plénière. Une fois le texte adopté, les négociations politiques entre les colégislateurs de l’UE débuteront sous la future présidence irlandaise de l’Union.

Elisabeth Cremona, responsable des infrastructures énergétiques au sein du groupe de réflexion Ember, a indiqué à Euronews que la législation venue de Bruxelles ne suffira pas, à elle seule, à résoudre les problèmes de réseau. « Les États membres peuvent dès à présent, et devraient même de toute urgence, commencer à mettre en œuvre des solutions qui répondent aux conséquences bien réelles de réseaux insuffisamment préparés », a-t-elle déclaré.

Les réseaux électriques interconnectés deviennent une priorité stratégique pour les pays de l’UE afin d’apporter des bénéfices concrets aux Européens. L’Europe ne pourra pas s’électrifier sans faire de ses réseaux une priorité, mais l’épreuve la plus importante sera de savoir si l’accord final sur le paquet Réseaux donnera les signaux de planification, de coordination et d’investissement de long terme nécessaires pour accélérer le déploiement des réseaux dans toute l’Europe.