Selon Reporterre, la température moyenne de surface des océans en mars 2026 s’est approchée du record absolu, atteignant la deuxième valeur la plus élevée jamais enregistrée à cette période de l’année. Ces données, publiées dans le dernier bulletin mensuel de l’observatoire européen Copernicus, confirment une tendance alarmante de réchauffement des masses d’eau à l’échelle mondiale.

Ce phénomène s’inscrit dans un contexte de transition climatique marquée. Les scientifiques de Copernicus soulignent que ces températures record pourraient indiquer l’amorce d’un épisode El Niño, un cycle naturel caractérisé par un réchauffement anormal des eaux du Pacifique équatorial. Un tel événement aurait des répercussions globales, influençant les régimes météorologiques et accentuant les pics de chaleur sur l’ensemble de la planète.

Ce qu'il faut retenir

  • La température moyenne des océans en mars 2026 a frôlé le record absolu, se classant au deuxième rang des valeurs les plus élevées jamais mesurées.
  • Ces données proviennent du dernier bulletin mensuel de l’observatoire européen Copernicus.
  • Les experts évoquent une transition probable vers El Niño, susceptible de renforcer le réchauffement climatique global.
  • Le phénomène El Niño pourrait impacter les régimes météorologiques à l’échelle mondiale, aggravant les épisodes de chaleur extrême.

Un océan de plus en plus chaud : une tendance préoccupante

Les relevés de Copernicus montrent que la température de surface des océans entre le 60ᵉ parallèle sud et le 60ᵉ parallèle nord a dépassé de manière significative les moyennes historiques pour mars. En 2026, cette anomalie thermique s’est traduite par des écarts de +1,2°C à +1,5°C par rapport à la normale climatologique établie entre 1991 et 2020. Autant dire que l’océan, régulateur thermique de la planète, peine à absorber l’excès de chaleur accumulé dans l’atmosphère.

Cette hausse des températures marines n’est pas un phénomène isolé. Depuis 2023, les scientifiques observent une accélération du réchauffement des océans, avec des records successifs battus chaque année. En 2025, déjà, la température moyenne des océans avait atteint des niveaux sans précédent, mais la tendance se poursuit en 2026, confirmant une accélération du changement climatique.

El Niño en embuscade : quels risques pour la planète ?

Selon les climatologues de Copernicus, les températures océaniques actuelles pourraient bien marquer le début d’un nouvel épisode El Niño. Ce phénomène, qui se caractérise par un réchauffement des eaux du Pacifique central et oriental, perturbe les courants atmosphériques et entraîne des bouleversements météorologiques à l’échelle planétaire.

Les conséquences potentielles sont multiples : sécheresses prolongées en Asie du Sud-Est, pluies diluviennes en Amérique du Sud, canicules plus intenses en Afrique et en Europe. « Nous assistons à une transition probable vers El Niño », a déclaré un porte-parole de Copernicus, avant d’ajouter : « Si ce scénario se confirme, nous pourrions assister à une amplification des phénomènes extrêmes d’ici la fin de l’année. »

Et maintenant ?

Les prochains mois seront déterminants pour confirmer ou infirmer l’installation d’un épisode El Niño. Les prévisions saisonnières de Copernicus indiquent que d’ici juin 2026, les modèles climatiques pourraient fournir des indications plus précises sur l’intensité et la durée de ce phénomène. En attendant, les scientifiques appellent à une vigilance accrue, notamment dans les régions les plus exposées aux aléas météorologiques.

Ce nouveau signe d’alerte s’ajoute à une liste déjà longue de records climatiques. Alors que les négociations internationales sur le climat peinent à aboutir à des mesures contraignantes, l’accélération du réchauffement des océans rappelle l’urgence d’agir pour limiter les émissions de gaz à effet de serre. Sans une réduction drastique de ces émissions, les années à venir pourraient voir s’intensifier ces anomalies thermiques, avec des conséquences irréversibles pour les écosystèmes marins et les populations humaines.

Les océans absorbent plus de 90 % de l’excès de chaleur généré par les activités humaines. Leur réchauffement est donc un marqueur direct du déséquilibre énergétique de la planète, bien plus fiable que les températures atmosphériques, soumises à des variations quotidiennes. Une hausse durable de ces températures aggrave les risques de blanchiment des coraux, de montée des eaux et de modification des courants marins.