D'après les relevés quotidiens des prix des stations centralisés par Bercy, le litre de SP95-E10 se vend mercredi 4 mars en moyenne à 1,77 euro, soit 5 centimes de plus que le 27 février, veille des premières frappes israélo-américaines en Iran, selon nos confrères de BFM Business. Cette hausse, bien que modérée, reflète les incertitudes et les tensions sur le marché de l'énergie suite au conflit au Moyen-Orient.
Ce conflit, qui a débuté récemment, a déjà des répercussions sur les marchés énergétiques mondiaux. Les prix à la pompe montent légèrement, trois jours après le début du conflit. Le ministre de l'Économie, Roland Lescure, a appelé à « garder son sang-froid » au micro de Franceinfo ce mercredi, soulignant que les prix devaient rester raisonnables compte tenu de la situation.
Ce qu'il faut retenir
- Le litre de SP95-E10 se vend en moyenne à 1,77 euro, soit 5 centimes de plus que le 27 février.
- Les ventes de carburants chez Intermarché ont augmenté de 50% en volume depuis le début de la semaine.
- Le ministre de l'Économie, Roland Lescure, a demandé à la DGCCRF de faire des contrôles pour s'assurer que les hausses de prix sont raisonnables.
Contexte et réactions
Le président du comité stratégique des centres Leclerc, Michel-Edouard Leclerc, avait estimé dimanche soir qu'une « nette hausse des marchés » d'hydrocarbures était « à prévoir » en raison du conflit. Il a rappelé que les prix avaient atteint des records historiques en mars 2022, à 2,248 euros par litre en moyenne, sous l'effet du conflit en Ukraine et des sanctions européennes contre la Russie.
Du côté d'Intermarché, les stations-service ont vu une hausse significative de leurs ventes de carburant, avec une augmentation de 50% en volume depuis le début de la semaine, selon l'entreprise. Cette situation est souvent liée à la tendance des consommateurs à anticiper des hausses de prix et des pénuries en s'approvisionnant plus tôt qu'à l'habitude, ce qui peut entraîner des files d'attente et des ruptures temporaires.
Conséquences et réactions politiques
Face à cette situation, Maud Bregeon a souligné la « grande imprévisibilité sur l'étendue du conflit dans le temps et dans l'espace » et a considéré qu'il était « beaucoup trop tôt pour en tirer des conclusions définitives ». Interrogée sur l'éventualité de mesures à prendre pour compenser une hausse marquée, elle a répondu qu'il était « beaucoup trop tôt pour parler de cela » et que la priorité était de travailler à la réouverture du détroit d'Ormuz, porte d'accès au Golfe, par lequel transite quotidiennement une partie significative du gaz et du pétrole mondial.
La proposition de la cheffe des députés Rassemblement national, Marine Le Pen, de baisser des taxes sur les carburants pour compenser les hausses a été jugée « précipitée » par Maud Bregeon. Le RN réclame depuis plusieurs années une baisse de la TVA de 20 à 5,5% sur les carburants, le fioul et le gaz. Le président du parti, Jordan Bardella, a appelé à baisser l'accise sur les produits pétroliers, disant qu'il ne serait pas tenable que l'Etat s'enrichisse sur le dos des Français en profitant de la crise internationale.
En conclusion, le conflit au Moyen-Orient a déjà des répercussions sur les marchés énergétiques, avec une hausse des ventes de carburants et des prix à la pompe. Les réactions politiques et les mesures à prendre pour compenser ces hausses seront essentielles pour atténuer les effets de la crise sur les consommateurs et l'économie.
