Le 26 février 2026, l'Agence spatiale européenne (ESA) a annoncé une avancée majeure dans la connectivité mondiale sécurisée, selon nos confrères de Numerama. La première liaison laser au monde à un gigabit par seconde entre un avion et un satellite géostationnaire a été établie, ouvrant la voie à de nouvelles possibilités pour les communications spatiales.
Cette réalisation est le fruit d'une coopération entre les équipes de l'ESA, Airbus Defence and Space, l'organisation néerlandaise pour la recherche scientifique appliquée (TNO) et le fabricant allemand de charges utiles TESAT. Le test a eu lieu dans les environs de Nîmes, en France, qui a servi de « terrain d'essai » pour cette expérience.
Ce qu'il faut retenir
- La première liaison laser au monde entre un avion et un satellite géostationnaire a été établie à 1 Gbit/s.
- Le terminal UltraAir d'Airbus a maintenu une transmission sans erreur à 2,6 Gbit/s pendant plusieurs minutes.
- Cette avancée renforce la souveraineté européenne en communications spatiales.
Le contexte
La constellation déployée par SpaceX ces dernières années permet de profiter d'un Wi-Fi très haut débit dans les aéronefs, comme si on avait une sorte de fibre optique sans fil à disposition. Cependant, cette solution n'est pas souveraine, et les efforts sont entrepris pour développer des solutions européennes.
Le programme ScyLight, qui vise à développer les communications optiques et quantiques, a permis de réaliser cette avancée. Le directeur général de l'ESA, Josef Aschbacher, a souligné que « cette évolution renforce le leadership de l'Europe dans les communications spatiales de nouvelle génération » et ouvre la voie à une nouvelle ère de communications laser par satellite.
Les détails de l'expérience
Le système laser appelé UltraAir, fourni par Airbus, a fait preuve d'une performance remarquable. Il a pu maintenir « une connexion sans erreur tout en transmettant des données à un débit de 2,6 gigabits par seconde pendant plusieurs minutes ». Cela représente un débit plus élevé que celui annoncé par l'ESA dans le titre de son annonce (1 Gbit/s).
À titre de comparaison, le débit moyen que l'on peut obtenir dans une offre de fibre optique classique en France est de quelques centaines de mégabits par seconde (Mbit/s), avec des capacités pouvant parfois atteindre quelques Gbit/s. Cependant, les fibres optiques sont statiques, alors que l'avion et le satellite géostationnaire sont en mouvement.
Les enjeux
Les faisceaux laser sont plus concentrés, plus capables et plus sécurisés que les ondes radio. À l'heure où l'orbite terrestre est de plus en plus encombrée et où les fréquences radio frôlent la saturation, les liaisons optiques offrent une bande passante massive. La NASA s'y intéresse beaucoup pour le transfert de données dans l'espace lointain.
Cependant, la latence (c'est-à-dire le temps que met une donnée à circuler entre l'émetteur et le destinataire) n'est qu'à peine effleurée dans le communiqué de l'ESA. Pour du visionnage direct ou du jeu vidéo, ce critère n'est pas du tout à négliger, car un satellite géostationnaire évolue à 36 000 km d'altitude, là où le réseau satellitaire de Starlink se trouve entre 300 et 550 km.
En conclusion, cette réalisation est un pas important pour l'Europe dans le domaine des communications spatiales, et il faudra suivre les prochaines étapes pour voir comment cette technologie sera développée et déployée.
