Il y a 49 ans, le 26 juin 1977, un groupe de personnes a marqué un tournant pour le collectif LGBTIQ+ en Espagne en manifestant sur les Ramblas de Barcelone, selon Euronews FR. Cette marche, qui a rassemblé plus de 4 000 personnes, a été la première manifestation de la Fierté LGBTIQ+ de l'histoire de l'Espagne.
Ce dimanche de juin, les manifestants sont sortis pour la première fois au grand jour, après des années de vie dans l'ombre sous la dictature franquiste et ses lois qui criminalisaient la dissidence sexuelle. Leur slogan, en catalan, était une déclaration d'existence : « Nosaltres no tenim por, nosaltres som », qui signifie « Nous n'avons pas peur. Nous sommes ».
Ce qu'il faut retenir
- La première marche de la Fierté LGBTIQ+ en Espagne a eu lieu le 26 juin 1977 sur les Ramblas de Barcelone.
- Plus de 4 000 personnes ont participé à cette marche, qui a marqué un tournant pour le collectif LGBTIQ+ en Espagne.
- La dictature franquiste avait persécuté systématiquement les homosexuels et les personnes trans pendant quatre décennies.
Un combat né sur les Ramblas
La manifestation de 1977 n'était qu'un début, pas un point d'arrivée. Les années suivantes ont été marquées par une mobilisation constante et par des victoires lentes, souvent arrachées de haute lutte. En 1979, l'homosexualité a été retirée de la Loi sur la dangerosité et la réinsertion sociale, une étape fondamentale, même si elle restait incomplète.
En 1995, le Code pénal a cessé de considérer l'homosexualité comme une circonstance aggravante dans quelque délit que ce soit. Un an plus tôt, en 1994, s'était tenue à Madrid la première marche des Fiertés de masse, appelée à devenir l'une des plus importantes au monde.
Le tournant de 2005 : l'Espagne en tête
Le 30 juin 2005, l'Espagne est devenue le troisième pays au monde, après les Pays-Bas et la Belgique, à légaliser le mariage entre personnes du même sexe, y compris le droit à l'adoption. La loi 13/2005, portée par le gouvernement de José Luis Rodríguez Zapatero, a constitué un changement historique qui a placé l'Espagne à l'avant-garde des droits LGBTIQ+ à l'échelle mondiale.
La droite politique et des institutions comme l'Église catholique ont contesté la loi devant le Tribunal constitutionnel, qui ne s'est prononcé qu'en 2012, en confirmant sa pleine constitutionnalité. Entre-temps, des milliers de couples de même sexe s'étaient déjà mariés, avaient fondé des familles et construit des vies pleinement reconnues par l'État.
Progrès récents : identité, diversité et nouveaux droits
Au cours des dernières décennies, un cadre juridique de protection de plus en plus large s'est consolidé. En 2023, la loi dite « trans » est entrée en vigueur, permettant à toute personne de plus de 16 ans de changer la mention de sexe sur son DNI par une simple procédure administrative, sans diagnostic médical ni intervention chirurgicale.
L'Espagne dispose aujourd'hui d'une législation contre la discrimination fondée sur l'orientation sexuelle et l'identité de genre dans le monde du travail, et plusieurs communautés autonomes ont adopté leurs propres lois de protection. La marche des Fiertés de Madrid, organisée chaque année autour du dernier week-end de juin, attire régulièrement plus d'un million et demi de personnes venues du monde entier, ce qui en fait l'un des plus grands événements de la planète.
En conclusion, l'Espagne a réalisé des progrès importants en matière de droits LGBTIQ+ au cours des dernières décennies, mais il reste encore beaucoup à faire pour atteindre l'égalité réelle. Les prochaines étapes attendues incluent la poursuite de la lutte contre les discriminations et la promotion de la visibilité et de la reconnaissance des personnes LGBTIQ+ dans la société espagnole.