Selon Franceinfo - Culture, la musique générée par intelligence artificielle prend une place croissante sur les plateformes numériques, notamment sur YouTube. Des contenus mettant en scène des artistes fictifs, souvent présentés sous la forme de vidéos aux allures de clips rétro, se multiplient. Bertrand Dicale, auteur de cette chronique, a récemment attiré l’attention sur ce phénomène lors de ses interventions régulières à 18h23, 20h53 et 23h55 le samedi, et à 17h23, 19h23, 21h23 et 23h23 le dimanche.
Ce qu'il faut retenir
- Des vidéos musicales générées par IA, présentées sous forme de clips de chanteuses fictives, prolifèrent sur YouTube.
- Ces contenus, souvent sans nom d’artiste, s’appuient sur des visuels évoquant des paysages parisiens des années 1960-1970.
- Les titres sont conçus pour évoquer une ambiance musicale nostalgique, mais sans réelle intention d’écoute prolongée.
- Ces créations servent principalement à générer des revenus via des écoutes automatisées, un phénomène qualifié de faux streams.
- Cette pratique pose des questions sur l’éthique et l’impact économique pour l’industrie musicale traditionnelle.
Des artistes qui n’existent pas, mais une musique bien réelle
Sur YouTube, deux vidéos d’une durée respective d’1h30 et 3h03 ont attiré l’attention de Bertrand Dicale. Aucune ne mentionne le nom d’un artiste. À la place, on y trouve une image fixe représentant une jeune femme brumeuse dans un paysage typiquement parisien. Les titres, comme « Chanson d’amour Paris années 60-70 », visent clairement à évoquer une nostalgie musicale, sans pour autant revendiquer une œuvre authentique.
Ces créations ne sont pas destinées à être écoutées de bout en bout. Leur objectif est plutôt de fournir un fond sonore, une ambiance, ou un simple bruit de fond pour les utilisateurs. Autant dire qu’elles répondent à une logique d’ameublement sonore, où la musique devient un élément décoratif plutôt qu’un objet de contemplation ou d’émotion.
Un modèle économique controversé : les faux streams
Au-delà de leur aspect esthétique, ces contenus génèrent des revenus pour leurs créateurs. En effet, l’industrie musicale en ligne s’appuie en partie sur les écoutes pour rémunérer les artistes. Or, des machines programmées pour écouter en boucle ces vidéos permettent de gonfler artificiellement le nombre de streams. Cette pratique, appelée faux streams, est devenue une plaie pour l’industrie, car elle fausse les statistiques et réduit les revenus légitimes des musiciens.
Ce système repose sur une logique simple : produire de la musique à moindre coût, puis multiplier les écoutes grâce à des outils automatisés. Le résultat ? Des revenus tirés de contenus qui n’ont aucune valeur artistique réelle, mais qui rapportent grâce à la mécanique des plateformes numériques.
Un phénomène révélateur des dérives de l’IA dans la musique
Le cas des « chanteuses virtuelles » illustre une tendance plus large : l’utilisation massive de l’intelligence artificielle pour générer des contenus musicaux à grande échelle. Bertrand Dicale souligne que cette prolifération n’est pas anodine. Elle pose des questions sur l’authenticité des œuvres, mais aussi sur la survie des artistes humains dans un marché saturé de productions automatisées.
— Cette musique est produite à la chaîne, sans âme ni intention artistique, a expliqué Bertrand Dicale. Elle n’a d’autre but que de remplir des espaces sonores ou de générer des clics. —
Les conséquences pour l’industrie musicale
L’impact de ces pratiques sur l’industrie musicale reste difficile à évaluer précisément. Cependant, plusieurs éléments suscitent l’inquiétude des professionnels. D’abord, la saturation des plateformes par des contenus de faible qualité dilue la visibilité des artistes réels. Ensuite, les faux streams faussent les revenus, privant les musiciens légitimes d’une partie de leurs droits d’auteur.
Pourtant, cette tendance semble difficile à enrayer. Les plateformes comme YouTube ou Spotify n’ont pas encore mis en place de mécanismes efficaces pour distinguer les streams légitimes des écoutes automatisées. Résultat : le phénomène continue de se développer, porté par des créateurs peu scrupuleux et des algorithmes complaisants.
L’avenir dira si l’industrie musicale parviendra à protéger ses acteurs traditionnels face à cette nouvelle forme de concurrence déloyale. En attendant, les internautes continueront de croiser ces chanteuses virtuelles, aussi énigmatiques que fugaces.
Ces vidéos répondent à une demande croissante de contenus d’ambiance ou de fond sonore sur les plateformes. Leur format minimaliste et leur esthétique nostalgique attirent les utilisateurs en quête de musique facile à écouter en arrière-plan. De plus, leur faible coût de production et leur potentiel à générer des revenus via les faux streams en font un modèle économique attractif pour certains créateurs.