Dans les Bouches-du-Rhône, une association mène une opération de replantation des zostères marines dans l’étang de Berre. Selon Reporterre, cette initiative vise à restaurer un écosystème gravement altéré par les rejets d’eau douce de la centrale EDF de Saint-Chamas.
Ce qu'il faut retenir
- 1 500 m² de zostères marines replantées depuis le début du projet, selon les estimations de l’association.
- Les rejets d’eau douce de la centrale de Saint-Chamas ont provoqué le déclin des herbiers naturels, essentiels à la biodiversité de l’étang.
- L’étang de Berre, souvent associé à des pollutions industrielles, abrite pourtant des écosystèmes fragiles et méconnus.
- L’association collabore avec des scientifiques pour sélectionner les zones de replantation les plus adaptées.
Un écosystème en péril
L’étang de Berre, situé près de Marseille, est un milieu naturel souvent éclipsé par les pollutions industrielles qui l’entourent. Pourtant, comme le rapporte Reporterre, ses herbiers de zostères marines jouent un rôle clé dans l’équilibre écologique local. Ces plantes aquatiques, qui forment des prairies sous-marines, servent de refuge et de nurserie à de nombreuses espèces.
Leur déclin a été dramatique depuis les années 1960, lorsque la centrale EDF de Saint-Chamas a commencé à rejeter des quantités massives d’eau douce dans l’étang. Ces rejets, destinés à refroidir les réacteurs, ont profondément modifié la salinité de l’eau, rendant l’environnement hostile aux zostères.
Une replantation méthodique
Pour inverser cette tendance, une association locale a lancé un projet de replantation. « Nous récupérons des graines de zostères marines dans des zones encore saines et les semons dans des secteurs dégradés », explique un membre de l’équipe. Selon Reporterre, cette opération nécessite une grande rigueur : les graines doivent être semées à une profondeur précise et dans des zones où la salinité est redevenue compatible.
Les résultats sont encourageants. Depuis le début du projet, plus de 1 500 m² d’herbiers ont été restaurés. « C’est une goutte d’eau dans l’océan, mais chaque mètre carré compte », souligne un bénévole. Les zostères replantées commencent à former des tapis denses, attirant déjà des poissons et des crustacés.
Un combat contre les pollutions historiques
L’étang de Berre a longtemps été le symbole des conflits entre développement industriel et préservation de l’environnement. En 2004, une directive européenne a contraint EDF à réduire ses rejets d’eau douce. Depuis, la centrale a adapté ses installations, mais les dégâts écologiques persistent. « La nature a une capacité de résilience, mais elle a besoin d’un coup de pouce », rappelle un écologue interrogé par Reporterre.
L’association ne compte pas s’arrêter là. Ses prochains objectifs incluent l’extension des zones replantées et la sensibilisation des riverains. « Nous voulons montrer que même un écosystème fortement dégradé peut se rétablir », confie un porte-parole.
En attendant, l’association continue ses opérations chaque semaine, malgré les contraintes logistiques. « On ne remplacera pas les décennies de pollution en quelques mois, mais chaque graine semée est un pas vers la reconquête », conclut un membre.
Les zostères marines sont des plantes très sensibles à la salinité de l’eau. Les rejets massifs d’eau douce de la centrale de Saint-Chamas ont drastiquement réduit la salinité de l’étang, rendant impossible la survie de ces herbiers, essentiels à la biodiversité locale.