Selon Euronews FR, l'Europe vient de connaître le deuxième mois de mars le plus chaud jamais enregistré, après un mois de février « exceptionnellement humide » qui a provoqué des inondations dans tout le bassin méditerranéen.
Ce qu'il faut retenir
- La température moyenne sur les terres européennes pour mars 2026 a atteint un record de 5,88 °C.
- La température moyenne de surface des mers a atteint 20,97 °C, soit la deuxième valeur la plus élevée jamais enregistrée pour ce mois.
- La probable transition vers des conditions El Niño est désormais en cours pour le second semestre de l'année.
- Le réchauffement climatique est principalement causé par les émissions de gaz à effet de serre, qui représentent environ 68 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre.
- Les solutions à la crise climatique vont de pair avec celles qui doivent nous sortir de notre dépendance aux combustibles fossiles.
De nouvelles données du Service Copernicus pour le changement climatique (C3S) de l'UE, mis en œuvre par le Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme (CEPMMT), indiquent que mars 2026 a été au niveau mondial le quatrième mois de mars le plus chaud jamais observé, avec la température de l'air en surface atteignant 1,48 °C au-dessus des niveaux préindustriels.
La température moyenne sur les terres européennes pour mars 2026 a atteint un record de 5,88 °C, soit une hausse de 2,27 °C par rapport à la moyenne de mars sur la période 1991-2020. Presque toute l'Europe a connu des températures supérieures aux moyennes saisonnières, les conditions les plus marquées étant observées sur le nord-ouest de la Russie, le nord de la Fennoscandie et les États baltes.
« Des conditions légèrement plus fraîches que la normale ont été observées en Turquie, dans le sud de l'Europe et sur la majeure partie de l'Islande », relève le C3S. Une grande partie de l'Europe continentale a également connu des conditions plus sèches que la normale. À l'inverse, l'Islande, le nord du Royaume-Uni, une grande partie de la Scandinavie, de nombreuses régions du pourtour méditerranéen et du Caucase ont été plus arrosés que d'habitude. Des précipitations abondantes, souvent liées au passage de tempêtes, ont provoqué des inondations dans plusieurs pays.
La température moyenne de surface de la mer (SST) pour mars 2026 s'est élevée à 20,97 °C, soit la deuxième valeur la plus élevée jamais enregistrée pour ce mois. Le mois de mars le plus chaud jamais mesuré reste 2024, lors du dernier épisode El Niño. Les experts prévoient toutefois qu'une transition d'un état neutre vers El Niño est désormais en cours pour le second semestre de l'année.
« La SST quotidienne a augmenté régulièrement tout au long du mois de mars et se rapproche des valeurs records observées en 2024 », indique le C3S. « Un système climatique sous pression » a été souligné par Carlo Buontempo, directeur du C3S au CEPMMT. Des données fiables, produites en continu à partir de milliards de mesures recueillies par des satellites, des navires, des avions et des stations météorologiques, ne sont plus un luxe pour la science. Elles constituent le socle indispensable de toute stratégie sérieuse d'adaptation au climat et de toute réponse politique.
Les données du C3S ravivent les appels à tourner la page des combustibles fossiles, principale cause du réchauffement climatique. Selon l'ONU, le charbon, le pétrole et le gaz représentent environ 68 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre et près de 90 % de l'ensemble des émissions de dioxyde de carbone. Ces émissions enveloppent la Terre et retiennent la chaleur du soleil, ce qui entraîne une hausse de la température de l'air en surface.
« En pleine crise des énergies fossiles, cela rappelle aussi que les solutions à la crise climatique vont de pair avec celles qui doivent nous sortir de notre dépendance à ces combustibles fossiles volatils », explique Gareth Redmond-King, de l'Energy and Climate Intelligence Unit (ECIU). La seule réponse au changement climatique est de réduire les émissions à zéro net, et les outils pour y parvenir sont les mêmes technologies renouvelables qui font évoluer notre système énergétique vers une dépendance au vent et au soleil, gratuits et abondants, et nous éloignent du pétrole et du gaz importés, coûteux, en provenance du Moyen-Orient.
Les effets du changement climatique incluent la hausse des températures, la fonte des glaciers, la montée du niveau de la mer, les perturbations des cycles météorologiques et la dégradation de la biodiversité.
En conclusion, l'Europe a enregistré le deuxième mois de mars le plus chaud jamais observé, avec des conséquences graves pour le changement climatique. Il est essentiel de prendre des mesures pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et de transitionner vers les énergies renouvelables.
