Selon Cryptoast, le directeur de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), Fatih Birol, a tiré la sonnette d’alarme lors d’une interview accordée à AP News : l’Europe ne disposerait plus que de « peut-être six semaines » de réserves de kérosène. Une situation qualifiée par l’expert de « plus grande crise énergétique » jamais connue à l’échelle mondiale.

Ce qu'il faut retenir

  • L’Europe n’a plus que six semaines de réserves de kérosène, selon le directeur de l’AIE, Fatih Birol.
  • Le détroit d’Ormuz, actuellement fermé, assure 40 % des importations européennes de kérosène.
  • Une réunion internationale est prévue ce vendredi 17 avril à Paris, avec la participation de 30 pays.
  • La France propose de mobiliser son porte-avions et ses avions pour sécuriser le détroit, tandis que l’Allemagne pourrait participer au déminage.
  • Un cessez-le-feu a été accepté jusqu’au 22 avril, mais des violations sont déjà signalées par le Liban.

La fermeture prolongée du détroit d’Ormuz, artère stratégique pour le transport de kérosène vers l’Europe, aggrave une situation déjà tendue. Selon les données de l’AIE, 40 % des importations européennes de kérosène transitent normalement par cette voie maritime. Chaque jour sans réouverture réduit un peu plus les marges de manœuvre du continent.

« L’Europe va devoir faire face à des pénuries si la guerre se poursuit », a déclaré Fatih Birol. « Nous sommes dans la plus grande crise énergétique que le monde ait jamais connue. »

Les réserves européennes en kérosène sont généralement suffisantes pour plusieurs mois. Pourtant, depuis le début du conflit en Iran il y a plus de six semaines, les stocks s’érodent à un rythme préoccupant. Les pays membres de l’Union européenne doivent désormais anticiper des mesures exceptionnelles pour éviter des perturbations majeures dans le secteur aérien.

Face à cette urgence, la France et le Royaume-Uni ont convoqué une réunion internationale à Paris ce 17 avril 2026. Trente pays y participeront afin de discuter des solutions à mettre en œuvre pour garantir la sécurité des approvisionnements. Les États-Unis, bien qu’invités, ne seront pas présents à cette table ronde.

Parmi les pistes envisagées, la sécurisation du détroit d’Ormuz figure en tête de liste. L’Élysée a précisé que la France comptait mobiliser son porte-avions, ses bateaux et ses avions pour contribuer à cette mission. De son côté, l’Allemagne pourrait apporter son soutien via des opérations de déminage et de reconnaissance navale.

Pour que ces initiatives aboutissent, une condition sine qua non a été formulée : l’Iran doit s’engager à ne pas cibler les navires transitant par le détroit. Parallèlement, les Européens demandent aux États-Unis de ne pas entraver le passage des bateaux, qu’ils soient à l’aller ou au retour.

Cette mobilisation illustre l’ampleur des enjeux. Le kérosène est un carburant essentiel pour l’aviation civile et militaire. Une pénurie prolongée pourrait entraîner des annulations de vols, des perturbations logistiques et, in fine, un impact économique significatif pour les compagnies aériennes et les passagers.

La situation reste cependant hautement volatile. Un cessez-le-feu temporaire a été accepté jusqu’au 22 avril 2026, mais des violations sont déjà signalées. Le Liban a accusé Israël de ne pas respecter les termes de l’accord, en menant de nouvelles frappes sur son territoire. Cette instabilité complique toute anticipation et renforce l’urgence d’une solution diplomatique.

Et maintenant ?

Les prochains jours s’annoncent décisifs. La réunion de Paris du 17 avril pourrait jeter les bases d’une réponse collective, mais son succès dépendra de la capacité des parties prenantes à trouver un terrain d’entente. Si le détroit d’Ormuz reste fermé, les réserves européennes continueront de s’amenuiser, augmentant le risque de pénuries d’ici la fin mai. Par ailleurs, l’évolution du conflit en Iran et ses répercussions régionales pourraient aggraver la crise, rendant toute solution encore plus complexe.

Cette crise met en lumière la vulnérabilité des approvisionnements énergétiques européens, dépendants de routes maritimes instables. Elle soulève également des questions sur la résilience des infrastructures critiques et la nécessité de diversifier les sources d’approvisionnement en carburants stratégiques.

Alors que les tensions géopolitiques persistent, les acteurs européens et internationaux devront agir rapidement pour éviter une dégradation supplémentaire de la situation. L’enjeu dépasse désormais le cadre énergétique : il s’agit de préserver la stabilité économique et sécuritaire d’un continent déjà fragilisé.

Plusieurs pays européens, dont la France, l’Allemagne, l’Espagne et l’Italie, figurent parmi les plus dépendants. Le Royaume-Uni est également concerné, bien que ses importations transitent en partie par d’autres voies. Ces nations pourraient être les premières touchées par une pénurie prolongée de kérosène.

Parmi les pistes évoquées, on cite le recours à des stocks stratégiques nationaux, la recherche de fournisseurs alternatifs (comme la Russie ou les pays du Golfe), ou encore le développement de carburants synthétiques. Cependant, ces solutions nécessitent un délai de mise en œuvre et ne pourraient compenser qu’une partie des besoins.