Longtemps cantonné à sa fonction d’hébergement, l’hôtel s’est transformé en un espace polyvalent, où se mêlent travail, restauration, bien-être et rencontres. Une mutation que le Studio Jean-Philippe Nuel, spécialisé en architecture intérieure, accompagne depuis plus de vingt ans, comme le rapporte BFM Business.

Ce qu'il faut retenir

  • L’hôtel moderne n’est plus un simple lieu de passage : il intègre désormais des espaces de coworking, des restaurants, des zones de bien-être et des lieux d’événements.
  • Jean-Philippe Nuel, architecte et fondateur du studio, a réalisé des projets emblématiques comme la Piscine Molitor, les InterContinental Hôtel-Dieu de Marseille et Lyon, ou encore les navires de la Compagnie du Ponant.
  • Pour l’architecte, concevoir un hôtel revient à raconter une histoire, en s’appuyant sur l’identité du lieu et du territoire, comme pour la reconversion des anciens Hôtel-Dieu.
  • Le design sensoriel et le neurodesign sont désormais des outils clés pour créer des atmosphères uniques, où lumière, matières et sons jouent un rôle central.
  • L’hôtel de demain devra concilier deux exigences : être un espace collectif de partage et un cocon protecteur, tout en intégrant des enjeux écologiques et durables.

L’hôtel, un lieu de vie plus qu’un hébergement

L’hôtel n’est plus perçu comme un simple refuge pour la nuit, mais comme un espace hybride où s’entremêlent les usages. On y vient autant pour dormir que pour travailler quelques heures, bruncher ou participer à un événement. « L’hôtel est devenu un lieu de vie », résume Jean-Philippe Nuel. Cette évolution influence également les bureaux, qui s’inspirent désormais des codes de l’hôtellerie pour créer des environnements plus chaleureux et fédérateurs. Une transformation qui reflète les attentes des voyageurs modernes, en quête d’expériences et de rencontres.

Le secteur hôtelier est ainsi en pleine mutation, avec des projets qui intègrent des boutiques, des espaces de coworking ou des zones dédiées au bien-être. Une logique qui s’étend au-delà de l’hôtellerie classique, touchant aussi les navires de croisière ou les reconversions d’anciens bâtiments. Pour Jean-Philippe Nuel, cette hybridation des usages est une réponse directe aux nouvelles attentes des clients, qui recherchent des lieux polyvalents et connectés à leur environnement urbain.

Une approche narrative pour donner du sens aux lieux

Pour le fondateur du Studio Jean-Philippe Nuel, concevoir un hôtel ne se limite pas à un exercice esthétique. Chaque projet s’inscrit dans une démarche narrative, où l’identité du lieu et du territoire sert de fil conducteur. « Comme les mots dans une phrase, j’aime que tout trouve sa place », explique-t-il. Influencé par la littérature et le cinéma, il imagine chaque établissement comme une expérience émotionnelle, capable de captiver dès les premiers instants.

Cette philosophie se retrouve dans les nombreux projets de reconversion menés par l’agence, à l’image des anciens Hôtel-Dieu de Marseille et de Lyon. Le design sensoriel et le neurodesign y jouent un rôle clé, avec des ambiances créées à partir de la lumière, des matières, des sons et de la perception des espaces. L’enjeu ? Offrir une expérience mémorable, où l’émotion prime sur la simple fonctionnalité. Une approche qui répond à une demande croissante des voyageurs, pour qui l’expérience vécue est désormais aussi importante que le lieu lui-même.

L’hôtel de demain : entre partage et cocon protecteur

Jean-Philippe Nuel voit dans l’hôtel de demain un espace paradoxal : à la fois un lieu collectif de partage et un refuge intime. Les voyageurs recherchent désormais des rencontres et des lieux capables de créer du lien, tout en bénéficiant d’un sentiment de protection et de confort. « L’hôtel de demain sera celui qui saura résoudre cette ambivalence », estime l’architecte.

Cette vision s’accompagne d’une attention accrue aux enjeux écologiques. Les futurs projets devraient intégrer davantage de matériaux durables, des systèmes énergétiques innovants et une gestion responsable des ressources. Une évolution inévitable, alors que le secteur hôtelier, comme l’ensemble de l’économie, est appelé à réduire son empreinte environnementale. Pour Jean-Philippe Nuel, cette dimension durable ne doit pas se faire au détriment du confort ou de l’esthétique, mais au contraire les renforcer.

Des réalisations emblématiques et une vision internationale

Avec une vingtaine de collaborateurs répartis entre la France et New York, le Studio Jean-Philippe Nuel a signé des réalisations qui ont marqué l’hôtellerie haut de gamme. Parmi elles, la Piscine Molitor à Paris, les InterContinental Hôtel-Dieu de Marseille et Lyon, ou encore les navires de la Compagnie du Ponant. Ces projets illustrent la capacité de l’agence à transformer des lieux existants en espaces contemporains, tout en respectant leur histoire.

Le studio ne se limite pas à la France : ses projets s’étendent à l’international, comme à Paros en Grèce ou à l’Hôtel California à Paris. Une expansion qui reflète la demande croissante pour des établissements uniques, capables de se fondre dans leur environnement tout en offrant une expérience distinctive. Pour Jean-Philippe Nuel, cette diversité géographique est une source d’inspiration, lui permettant de confronter ses idées à des contextes culturels variés.

Et maintenant ?

Les prochains mois devraient voir se concrétiser plusieurs projets du Studio Jean-Philippe Nuel, notamment en Europe et en Asie. L’agence devrait également renforcer sa réflexion sur l’intégration des enjeux écologiques dans ses réalisations, une tendance de fond dans le secteur hôtelier. Reste à voir comment les voyageurs et les investisseurs réagiront à cette évolution, entre quête d’authenticité et attentes en matière de durabilité. Une chose est sûre : l’hôtel de demain ne ressemblera plus à celui d’hier.

Avec l’essor des espaces hybrides et la montée en puissance des attentes en matière d’expériences, le modèle traditionnel de l’hôtel est appelé à évoluer encore. Pour les acteurs du secteur, l’enjeu sera de trouver un équilibre entre innovation, durabilité et rentabilité. Une équation complexe, mais qui pourrait bien redéfinir les contours de l’hôtellerie pour les décennies à venir.

Pour l’architecte, un hôtel doit avant tout raconter une histoire, en s’appuyant sur l’identité du lieu et du territoire. Le design sensoriel, l’expérience émotionnelle et la polyvalence des usages sont également des critères centraux, tout comme l’intégration des enjeux écologiques.