Le directeur général d’OpenAI, Sam Altman, a reconnu s’être trompé sur l’impact de l’intelligence artificielle sur l’emploi, estimant que les craintes d’une « apocalypse » du marché du travail étaient prématurées. Lors d’une conférence à Sydney, mardi 26 mai 2026, il a indiqué que l’IA n’avait pas entraîné les suppressions d’emplois massives anticipées, tout en soulignant que certains risques sociaux et économiques liés à cette technologie méritaient encore d’être étudiés. Selon Euronews FR, qui reprend les déclarations rapportées par Reuters, Altman a admis avoir sous-estimé la résilience du marché du travail face à l’automatisation.
Ce qu'il faut retenir
- Sam Altman reconnaît s’être trompé sur la rapidité des suppressions d’emplois liées à l’IA, notamment dans les secteurs des cols blancs débutants.
- L’IA ne remplace pas encore massivement les emplois, contrairement à ce qui était craint en 2022 lors du lancement de ChatGPT.
- 80 % des dirigeants ont supprimé des postes pour investir dans l’IA, mais les gains d’efficacité proviennent davantage de l’outillage des salariés que des licenciements.
- Cisco a annoncé en mai 2026 la suppression de 4 000 emplois, tandis que Meta a également réduit ses effectifs pour se recentrer sur l’IA.
- Altman insiste sur la persistance d’une « part humaine » dans le travail, malgré l’automatisation croissante.
Un revirement sur les prévisions initiales
Sam Altman a longtemps alerté sur le risque que l’IA accélère la destruction d’emplois, notamment dans les métiers de la relation client. Lors d’une intervention à Sydney, devant le directeur général de la Commonwealth Bank of Australia (CBA), Matt Comyn, il a concédé que ses prédictions étaient « assez trompeuses » sur les conséquences sociales de l’IA. « Je pensais que l’on verrait déjà davantage de suppressions d’emplois parmi les cols blancs débutants que ce n’est réellement le cas », a-t-il déclaré, ajoutant : « Je suis ravi de m’être trompé sur ce point. » Selon Euronews FR, Altman a reconnu que l’intuition ne suffisait pas à anticiper les effets réels de l’IA sur l’emploi, tout en défendant la nécessité d’aborder ces risques de manière transparente.
En 2022, OpenAI avait prédit que l’IA pourrait bouleverser le rythme historique de rotation des emplois, où environ 50 % des postes sont renouvelés tous les 75 ans. Altman avait également affirmé que les emplois de service client, exercés par téléphone ou via des plateformes numériques, seraient les premiers touchés. Pourtant, force est de constater que ces scénarios ne se sont pas matérialisés à grande échelle, même si certaines entreprises, comme Meta, ont récemment annoncé des réductions d’effectifs pour réallouer des ressources vers l’IA.
L’IA crée plus d’emplois qu’elle n’en détruit, selon les analystes
Un rapport de Gartner, cité par Altman lors de son intervention, révèle que si 80 % des dirigeants ont supprimé des postes pour investir dans l’IA, les entreprises tirent davantage profit de l’intégration d’outils automatisés pour leurs salariés que des licenciements. « Les données montrent que les gains d’efficacité proviennent de l’usage de l’IA par les employés, plutôt que des suppressions de postes », a souligné le patron d’OpenAI. Cette analyse contraste avec les annonces récentes de grandes entreprises technologiques, qui ont pourtant justifié leurs plans sociaux par une nécessaire réorientation vers l’intelligence artificielle. Cisco, par exemple, a confirmé en mai 2026 la suppression de 4 000 emplois, son PDG Chuck Robbins expliquant que « les entreprises gagnantes à l’ère de l’IA seront celles qui sauront réorienter leurs investissements vers les domaines porteurs de valeur à long terme ».
Ces contradictions illustrent la complexité des stratégies adoptées par les acteurs du secteur. Si certaines entreprises misent sur l’automatisation pour réduire leurs coûts, d’autres, comme Altman, insistent sur le rôle complémentaire de l’IA dans le travail humain. « Il subsiste une part de l’emploi qui ne peut pas être remplacée », a-t-il affirmé, évoquant la nécessité de maintenir un lien humain dans des tâches comme la rédaction de courriels ou les échanges sur Slack.
L’expérience personnelle d’Altman : l’IA comme assistant, pas comme remplaçant
Pour illustrer son propos, Altman a partagé une expérience concrète : il a utilisé un outil d’IA pour répondre à des messages professionnels, avant de revenir sur certaines réponses générées automatiquement. « Je lui ai fait répondre aux messages en disant “ici l’IA de Sam”, et cela m’a offert un exemple frappant du fait qu’en réalité, nous tenons vraiment aux personnes », a-t-il expliqué. Cette anecdote, rapportée par Reuters et reprise par Euronews FR, souligne l’importance perçue de l’interaction humaine, même dans un environnement professionnel de plus en plus automatisé. Altman a également nuancé ses propos initiaux, reconnaissant que l’IA pouvait représenter un risque réel, mais que son impact devait être évalué avec prudence.
Ses déclarations surviennent dans un contexte où les craintes d’un chômage massif lié à l’IA restent vives, notamment parmi les jeunes diplômés des secteurs administratifs ou commerciaux. Pourtant, malgré ces inquiétudes, les données disponibles ne montrent pas, à ce jour, de bouleversement structurel du marché du travail. Les entreprises, elles, semblent osciller entre deux stratégies : d’un côté, la réduction des effectifs pour financer l’innovation, de l’autre, l’intégration d’outils d’IA pour booster la productivité sans licencier.
Sam Altman a conclu son intervention en réaffirmant que l’IA, malgré ses limites actuelles, resterait un levier de transformation majeur. « À l’époque, je me disais : “Je vois là un risque réel, dont nous devrions probablement parler”, et c’est peut-être encore le cas », a-t-il déclaré, rappelant que la prudence et le débat public restaient essentiels face à ces enjeux.
Plusieurs géants du secteur ont annoncé des plans sociaux en 2026. Parmi eux, Meta, qui a réduit ses effectifs, et Cisco, qui a confirmé la suppression de 4 000 postes en mai de cette année. Ces décisions s’inscrivent dans une stratégie de réallocation des ressources vers le développement et l’intégration de solutions d’intelligence artificielle.
Les entreprises expliquent que ces réductions de personnel permettent de financer des investissements dans l’IA, jugés nécessaires pour rester compétitives. Selon Chuck Robbins, PDG de Cisco, « les entreprises qui gagneront à l’ère de l’IA seront celles qui feront preuve de concentration et de discipline dans leurs investissements ». Cependant, des analyses comme celles de Gartner montrent que les gains d’efficacité proviennent davantage de l’usage de l’IA par les salariés que des licenciements eux-mêmes.