Dans un entretien accordé au Monde, Adel Nassar, ministre libanais de la Justice, a jugé que l’attitude du Hezbollah ne fait que compliquer la position de négociation du Liban avec Israël. L’avocat et homme politique, qui s’exprimait le 7 juillet 2026, estime que les affrontements militaires récents ont plongé le pays dans une situation catastrophique. Il défend dès lors une reprise des pourparlers directs avec l’État hébreu et un processus de désarmement du mouvement chiite.
Ce qu'il faut retenir
- Adel Nassar, ministre de la Justice libanais, critique ouvertement l’attitude du Hezbollah pour son impact sur les négociations avec Israël.
- Il qualifie les confrontations militaires des derniers mois de catastrophiques pour le Liban.
- Il appelle à des pourparlers directs avec Israël et à un désarmement du Hezbollah.
- Le Liban traverse une crise politique et sécuritaire majeure, aggravée par les tensions régionales.
Une analyse critique du rôle du Hezbollah dans le conflit
Adel Nassar, figure politique et avocat reconnu, n’a pas hésité à pointer du doigt le rôle du Hezbollah dans l’escalade des tensions. Selon lui, les actions militaires du mouvement chiite ont affaibli la position du Liban sur la scène internationale. « Les confrontations militaires ont mené le pays à la catastrophe », a-t-il déclaré au Monde. Dans un contexte où Beyrouth cherche à stabiliser ses relations avec ses voisins, cette prise de position marque une rupture avec le soutien historique apporté au Hezbollah par une partie de l’élite politique libanaise.
Le ministre de la Justice a également souligné que l’absence de désarmement du Hezbollah constituait un obstacle majeur à toute avancée diplomatique. « Le désarmement est une nécessité pour la souveraineté du Liban », a-t-il affirmé, ajoutant que cette question devait être intégrée aux négociations en cours. Une position qui s’inscrit dans la continuité des résolutions onusiennes, mais qui reste politiquement sensible dans un pays profondément divisé.
Vers une reprise des négociations avec Israël ?
Adel Nassar a réitéré son appel à l’ouverture de pourparlers directs avec Israël, une perspective qui n’a pas été sérieusement envisagée depuis des décennies. Le Liban et Israël n’ont jamais signé de traité de paix, et leurs frontières restent le théâtre d’affrontements sporadiques. Pourtant, le ministre considère que seule une telle démarche pourrait permettre de mettre fin aux cycles de violence et de relancer l’économie libanaise, exsangue après des années de crise.
Cette position s’appuie sur le constat que les tensions actuelles profitent à des acteurs régionaux, notamment l’Iran, allié du Hezbollah. « Le Liban ne peut se permettre de rester otage des rivalités régionales », a-t-il expliqué. Une analyse qui rejoint celle de plusieurs observateurs, pour qui le pays du Cèdre paie le prix de son alignement sur les conflits syrien et yéménite. D’après les dernières données disponibles, le Liban affiche un taux de pauvreté dépassant 60 % de sa population, un chiffre qui illustre l’urgence d’une résolution pacifique.
Pour l’heure, la communauté internationale observe avec attention les évolutions de la position libanaise. Si le désarmement du Hezbollah semble hors de portée à court terme, une reprise des pourparlers avec Israël pourrait, à terme, ouvrir la voie à une stabilisation régionale. Une chose est sûre : le Liban n’a plus les moyens de se payer le luxe des divisions internes.
Le Hezbollah, mouvement chiite armé, est considéré comme un acteur clé de la politique libanaise, mais son rôle militaire et son alliance avec l’Iran en font une source de tensions. Une partie de la population et de la classe politique libanaise craint qu’il ne compromette la souveraineté du pays en s’alignant sur des intérêts étrangers.