Le ministre libanais de la Culture, Ghassan Salamé, a annoncé ce mercredi 24 juin avoir demandé à l’UNESCO un renforcement de la protection du patrimoine historique de Tyr, après avoir constaté sur place les dégâts causés par les frappes israéliennes des 2 mars et 7 juin derniers. Selon Le Figaro, cette visite s’est déroulée sur le site archéologique d’Al-Bass, où se trouvent notamment les vestiges d’un aqueduc romain, sérieusement endommagé lors des bombardements.
Lors de son déplacement, Ghassan Salamé a qualifié ces attaques de « violations de toutes les lois, chartes et protocoles internationaux relatifs à la protection du patrimoine culturel ». Il a également rappelé que Tyr, ville côtière du sud du Liban aux origines phéniciennes, grecques et romaines, abritait des vestiges historiques majeurs, aujourd’hui menacés. « Cette visite répondait à un devoir national et moral », a-t-il déclaré au quotidien francophone libanais L’Orient-Le Jour.
Ce qu’il faut retenir
- Visite officielle : Ghassan Salamé s’est rendu le 24 juin sur le site historique de Tyr, accompagné par des responsables locaux.
- Dégâts constatés : Les frappes israéliennes des 2 mars et 7 juin ont endommagé les ruines romaines d’Al-Bass, notamment un aqueduc.
- Demande à l’UNESCO : Le ministre a sollicité une protection renforcée du patrimoine libanais, via des moyens diplomatiques et juridiques.
- Contexte militaire : Depuis février 2026, les frappes israéliennes se multiplient dans la région de Tyr, dans le cadre du conflit opposant Israël au Hezbollah.
- Réunion du Comité du patrimoine mondial : Une extension du périmètre protégé a été approuvée à l’unanimité, sans que la date de cette réunion ne soit précisée.
Une ville historique sous les bombes
Depuis le début de l’année 2026, la région de Tyr, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, est régulièrement frappée par des raids aériens israéliens. Selon Le Figaro, ces attaques s’inscrivent dans le cadre de la guerre menée par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou contre le Hezbollah, mouvement chiite libanais soutenu par l’Iran. Si les autorités israéliennes affirment cibler uniquement des infrastructures militaires du Hezbollah, de nombreux édifices civils et historiques ont été touchés.
Parmi les sites endommagés figure l’aqueduc romain d’Al-Bass, un vestige du IIe siècle après J.-C., classé au patrimoine mondial. Ce monument, qui témoigne de l’importance stratégique de Tyr à l’époque antique, a subi des impacts directs lors des bombardements. Ghassan Salamé a évoqué une « atteinte à une valeur humaine et historique universelle », soulignant que ces actes violaient les conventions internationales, comme la Convention de La Haye de 1954 pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé.
Une mobilisation diplomatique en cours
Face à l’urgence de la situation, Ghassan Salamé a indiqué être en contact permanent avec la direction générale de l’UNESCO. Il a confirmé avoir contribué à l’organisation d’une réunion extraordinaire du Comité du patrimoine mondial, qui a abouti à l’extension du périmètre protégé autour de Tyr. « Cette démarche confirme l’intérêt de la communauté internationale pour le patrimoine libanais menacé », a-t-il souligné. Cependant, aucune date précise n’a été communiquée concernant cette décision.
Le ministre a également évoqué la nécessité de recourir à des « moyens diplomatiques, juridiques et médiatiques » pour condamner ces agressions devant l’opinion publique mondiale. Il a rappelé que l’UNESCO ne dispose pas d’une force armée pour protéger les sites, mais que des pressions politiques et médiatiques pourraient renforcer leur sécurité. « Nous pouvons agir par la voie diplomatique », a-t-il affirmé, tout en insistant sur le rôle de la mobilisation internationale.
Un patrimoine culturel en sursis
Tyr, l’une des plus anciennes villes du monde, est un symbole de l’histoire méditerranéenne. Ses vestiges archéologiques, dont les colonnes du port antique, les mosaïques romaines et les thermes, attiraient chaque année des milliers de touristes avant le début du conflit. Aujourd’hui, ces trésors sont gravement menacés par les combats et les frappes aériennes. Selon Le Figaro, plusieurs rapports d’experts et d’ONG alertent depuis des mois sur le risque de destruction irréversible de ce patrimoine.
Dans un contexte où les tensions entre Israël et le Hezbollah s’intensifient, la protection des sites historiques devient un enjeu secondaire pour les belligérants. Pourtant, comme le rappelle Ghassan Salamé, ces monuments ne sont pas seulement des symboles nationaux, mais des témoignages uniques de l’histoire humaine. Leur destruction constituerait une perte irréparable pour l’humanité tout entière.
Reste à savoir si ces initiatives suffiront à préserver un patrimoine déjà profondément fragilisé. Les prochaines frappes, comme celles déjà subies en mars et juin, pourraient aggraver la situation de manière irréversible.
Selon les informations rapportées par Le Figaro, le site archéologique d’Al-Bass, et plus précisément les ruines d’un aqueduc romain, a été gravement endommagé lors des frappes des 2 mars et 7 juin 2026.
Non. L’UNESCO ne dispose pas de force armée. Elle compte sur des moyens diplomatiques, juridiques et médiatiques pour alerter l’opinion publique et faire pression sur les belligérants, comme l’a expliqué Ghassan Salamé.