Selon nos confrères de BFM Business, l'Inde, qui dispose de seulement deux semaines de réserves de pétrole, est particulièrement vulnérable à une guerre prolongée au Moyen-Orient. Le pays est en effet le troisième importateur et consommateur mondial de pétrole, derrière les États-Unis et la Chine, avec une consommation de 5 millions de barils par jour, comme le rapporte la revue Le Grand Continent.

Face à la montée des prix et au risque d'escalade, New Delhi envisage différentes options, notamment l'achat de cargaisons russes actuellement stationnées près de ses eaux territoriales, selon des sources proches du dossier jointes par le média américain Bloomberg. L'Inde était devenue le principal acheteur de pétrole brut russe après l'invasion de l'Ukraine, mais elle a réduit ses importations sous la pression américaine, en particulier suite à l'accord commercial conclu le mois dernier avec les États-Unis, qui a levé les droits de douane punitifs.

Ce qu'il faut retenir

  • L'Inde dispose de seulement deux semaines de réserves de pétrole.
  • Le pays est vulnérable à une guerre prolongée au Moyen-Orient.
  • L'Inde envisage de se tourner à nouveau vers le pétrole russe.
  • Le pays a réduit ses importations de pétrole russe sous la pression américaine.
  • L'Inde est le troisième importateur et consommateur mondial de pétrole.

La situation énergétique de l'Inde

Les raffineurs d'État indiens et des représentants du gouvernement se sont réunis ce week-end pour élaborer un plan d'urgence, rapporte Bloomberg. L'Inde se place en effet comme le troisième importateur et consommateur mondial de pétrole, avec 5 millions de barils par jour, indique la revue Le Grand Continent. Face à la montée des prix et au risque d'escalade, New Delhi envisage différentes options, notamment l'achat de cargaisons russes actuellement stationnées près de ses eaux territoriales.

Des responsables du ministère du Pétrole indien ont indiqué que l'Inde dispose de réserves suffisantes pour deux semaines, entre les réserves commerciales et les réserves d'État. Ils font en ce moment pression sur le ministère des Affaires étrangères afin qu'il sollicite une plus grande marge de manœuvre auprès de Washington. À la fin de la semaine dernière, 9,5 millions de barils de pétrole russe étaient stockés dans les eaux asiatiques, toujours selon Bloomberg.

Les options énergétiques de l'Inde

L'Inde a reconstitué ses réserves stratégiques de pétrole, mais celles-ci restent bien plus modestes que celles de la Chine. Le ministre du Pétrole, Hardeep Puri, a déclaré le mois dernier aux parlementaires que l'Inde détenait environ 30 millions de barils, soit l'équivalent de six jours de consommation. Ces réserves se limitent au pétrole brut ; elles n'incluent donc pas le gaz de pétrole liquéfié (GPL) ni le gaz naturel liquéfié (GNL).

Les raffineurs indiens disposent d'un nombre limité d'alternatives. Outre le recours aux réserves de pétrole stratégiques du pays, ils appellent à accélérer les approvisionnements en provenance du Venezuela, et incitent à augmenter la production nationale. Ces mêmes sources, anonymes, ont ajouté que les raffineurs demandaient à la compagnie pétrolière saoudienne Saudi Aramco d'acheminer davantage de pétrole brut par oléoduc jusqu'au port de Yanbu, sur la mer Rouge, ce qui permettrait d'éviter le canal d'Ormuz.

Les conséquences d'une guerre prolongée

Si la crise perdure, le gouvernement pourrait envisager de limiter les exportations de carburant afin de garantir un approvisionnement suffisant. Il envisage aussi de privilégier le gaz domestique et l'approvisionnement par canalisation, et éventuellement d'inciter les industriels à changer de combustible. Bloomberg indique également que les autorités pourraient faire pression sur le géant privé Reliance Industries Ltd. pour qu'il oriente davantage de carburant vers le marché intérieur, tandis que d'autres raffineurs ajusteraient leur production afin de maximiser la production de gaz de pétrole liquéfié au détriment de produits tels que le naphta, ont indiqué les sources.

Et maintenant ?

La situation énergétique de l'Inde reste donc très précaire, et le gouvernement devrait prendre des décisions importantes dans les prochaines semaines pour garantir l'approvisionnement du pays. Il est possible que l'Inde se tourne à nouveau vers le pétrole russe, malgré la pression américaine, pour faire face à la crise énergétique. Les prochaines semaines seront donc cruciales pour déterminer l'avenir de la politique énergétique de l'Inde.

En conclusion, la situation énergétique de l'Inde est très vulnérable face à la guerre en Iran, et le gouvernement devra prendre des décisions difficiles pour garantir l'approvisionnement du pays. Il est important de suivre de près les développements de cette situation pour comprendre les conséquences potentielles sur l'économie et la politique énergétique de l'Inde.