L’infirmière Juliette S., mise en cause pour des violences sexuelles sur des nourrissons à l’hôpital de Montreuil, a été radiée de l’Ordre des infirmiers par décision du conseil disciplinaire.

Selon Libération, cette sanction interdit à la professionnelle d’exercer son métier indéfiniment. Toutefois, Juliette S. pourra, après un délai de trois ans, solliciter à nouveau la chambre disciplinaire afin de faire réexaminer son cas. La décision, rendue publique ce 29 mai 2026, intervient dans le cadre d’une procédure ouverte après des signalements graves émanant de l’établissement hospitalier situé en Seine-Saint-Denis.

Ce qu'il faut retenir

  • Juliette S. est définitivement radiée de l’Ordre national des infirmiers pour des faits de violences sexuelles sur des nourrissons.
  • La sanction prend effet immédiatement et interdit toute activité professionnelle dans le domaine infirmier.
  • Une révision de la décision est possible après un délai de trois ans, sous réserve d’une nouvelle audience devant la chambre disciplinaire.
  • L’affaire concerne des agressions commises au sein du centre hospitalier intercommunal de Montreuil, en Seine-Saint-Denis.
  • Les faits remontent à une période antérieure à 2025, selon les éléments transmis par l’établissement et les autorités judiciaires.

Une procédure disciplinaire accélérée pour des actes « inqualifiables »

La décision de radiation a été prise à l’issue d’une procédure disciplinaire engagée par l’Ordre des infirmiers, saisi en urgence par les autorités de l’hôpital de Montreuil. Dans un communiqué diffusé ce matin, le conseil national de l’Ordre a qualifié les actes reprochés à Juliette S. de « gravissimes » et de « totalement incompatibles avec l’exercice de la profession ».

D’après les éléments recueillis par Libération, les faits concerneraient des agressions commises sur plusieurs nourrissons hospitalisés dans le service de pédiatrie entre 2022 et 2024. Les signalements internes, remontant à 2024, avaient conduit à l’ouverture d’une enquête administrative avant que l’affaire ne soit transmise au parquet. Une information judiciaire est en cours pour établir l’étendue exacte des actes et déterminer d’éventuelles complicités.

Un établissement sous surveillance et des familles en colère

Le centre hospitalier intercommunal de Montreuil, déjà fragilisé par plusieurs crises sanitaires ces dernières années, se retrouve une nouvelle fois au cœur d’une polémique. Des familles de jeunes patients, représentées par des associations de victimes, ont dénoncé hier dans un communiqué « un manque criant de vigilance » au sein de l’établissement. « Comment un tel drame a-t-il pu se produire pendant des mois sans alerter qui que ce soit ? », s’interroge Me Élodie Martin, avocate de trois familles plaignantes.

Côté direction, on assure que « toutes les mesures de contrôle ont été renforcées » depuis les signalements. « Un audit indépendant a été diligenté en urgence pour passer au crible l’ensemble des protocoles de sécurité dans les services pédiatriques », a indiqué hier le directeur de l’établissement, le Pr. Laurent Dubois. Pour autant, cette affaire soulève des questions sur la surveillance des personnels soignants dans un contexte de pénurie de personnel et de charge de travail accrue.

Une condamnation pénale toujours en attente

Parallèlement à la procédure disciplinaire, Juliette S. fait l’objet d’une information judiciaire ouverte par le parquet de Bobigny pour « agressions sexuelles sur mineurs de moins de 15 ans » et « atteinte à l’intégrité physique d’un vulnérable ». Les investigations, confiées à la brigade de protection des mineurs de la police judiciaire, pourraient aboutir à un renvoi devant le tribunal correctionnel d’ici la fin de l’année 2026.

Selon des sources judiciaires citées par Libération, les perquisitions menées au domicile de l’accusée en mars 2025 auraient permis de saisir des éléments numériques accablants. « Des vidéos et des messages compromettants ont été retrouvés, confirmant les soupçons pesant sur elle », a précisé une source proche du dossier. Juliette S., qui nie les faits, a jusqu’à présent refusé toute déclaration publique.

Et maintenant ?

Si la radiation de Juliette S. prend effet immédiatement, la procédure judiciaire pourrait aboutir à une condamnation pénale dans les prochains mois. Une fois la peine purgée en cas de condamnation, l’infirmière pourrait théoriquement demander une réintégration professionnelle après les trois ans imposés par l’Ordre. Pour les familles des victimes, cette issue reste inacceptable : « La justice doit aller jusqu’au bout pour que ces actes ne restent pas impunis », a réagi Me Martin. Côté hôpital, la mise en place d’un dispositif de suivi psychologique pour les enfants concernés et leurs familles est évoquée, sans calendrier précis pour l’instant.

Cette affaire relance par ailleurs le débat sur la protection des mineurs dans les établissements de santé. Plusieurs parlementaires de Seine-Saint-Denis ont déjà annoncé vouloir déposer une proposition de loi visant à renforcer les contrôles systématiques sur le personnel soignant en contact avec des enfants, dès l’embauche.

Oui, mais sous réserve d’une nouvelle audience devant la chambre disciplinaire de l’Ordre des infirmiers. La décision de radiation n’est pas définitive : après trois ans, Juliette S. pourra déposer une demande de révision. Cependant, la chambre disciplinaire n’est pas tenue d’accepter cette requête, et l’infirmière devra apporter la preuve d’un changement de comportement ou de circonstances atténuantes.