À quelques jours de la fin de l’année scolaire, le sujet de l’intelligence artificielle s’est invité dans les couloirs de l’Education nationale, selon Franceinfo - Sciences. Le déploiement aléatoire de détecteurs d’ondes dans les salles d’examen du bac 2026 par le ministre de l’Education nationale, Edouard Geffray, afin de repérer la présence d’appareils connectés permettant aux élèves de recourir indûment à des services d’intelligence artificielle, témoigne de la nécessaire prise en compte de cette technologie dans les nouvelles formes d’apprentissage et d’évaluation des connaissances.

D’autant que la semaine passée, le Premier ministre annonçait qu’à partir de la rentrée 2027, les élèves de Seconde auront une heure hebdomadaire consacrée à ladite intelligence artificielle. Pour préparer au mieux ce nouvel enseignement, on peut recommander aux professeurs, et certainement aussi aux parents, de lire dès à présent le rapport que vient de publier le Conseil de l’IA et du numérique.

Ce qu'il faut retenir

  • Le Conseil de l’IA et du numérique ouvre une réflexion concrète sur la place à accorder à l’intelligence artificielle dans les enseignements primaires et secondaires.
  • Le rapport du Conseil de l’IA et du numérique est intitulé « Sortir de la clandestinité : mettre l’IA au service d’une nouvelle ambition pour le système éducatif ».
  • Le rapport concerne l’ensemble de l’enseignement, de l’école jusqu’au lycée.

L'enjeu de l'intelligence artificielle dans l'éducation

Le rapport du Conseil de l’IA et du numérique ne tombe pas dans un enthousiasme aveugle en faveur de l’IA et plaide clairement pour des temps et des sujets pour lesquels le recours à l’intelligence artificielle apportera une réelle plus-value. Tandis que des moments d’apprentissage seront « sanctuarisés sans IA », dès lors que l’apport de cette technologie sera jugé « ni nécessaire, ni pertinent ».

L’introduction de l’IA dans les classes primaires et secondaires impose de travailler ses différentes dimensions auprès des élèves : leur faire comprendre son fonctionnement technique afin d’identifier sa mécanique et son potentiel mais aussi ses limites et ses risques. Et également favoriser les outils dits « socratiques », en référence à Socrate qui invite constamment à stimuler la pensée critique de l'apprenant.

Les défis de l'intégration de l'IA dans l'éducation

Il faudra également aborder les dimensions politiques, environnementales et économiques. Avec des arbitrages entre des solutions d’IA créées par des équipes de l’Education nationale ou de l’Etat et des services produits par des entreprises prioritairement françaises. Le tout avec une validation préalable des versions destinées aux enseignements.

De même, la question de la santé mentale et des risques cognitifs liés à l’adoption de l’IA devra être prise en compte. Car cette révolution de l’IA dans le monde éducatif ne se résume certainement pas à acheter un logiciel sur étagère.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes attendues concernent la mise en œuvre concrète de l’enseignement de l’IA dans les écoles et lycées, avec une heure hebdomadaire consacrée à cet enseignement pour les élèves de Seconde à partir de la rentrée 2027. Il reste à voir comment les établissements scolaires et les enseignants seront formés et équipés pour cette nouvelle mission.

En conclusion, l’intégration de l’intelligence artificielle dans l’éducation constitue un enjeu majeur pour l’avenir de l’éducation et nécessite une réflexion approfondie sur les bénéfices et les risques potentiels de cette technologie.