La notion de travail et de valeur est en train de subir une profonde transformation avec l'avènement de l'intelligence artificielle (IA), selon nos confrères de Le Monde. Pendant deux siècles, le temps a été le principe organisateur du capitalisme, avec les usines et la discipline de l’horloge, des sonneries, des horaires et des exhortations morales contre le « gaspillage du temps ». Cependant, ce système est aujourd’hui en train de s’effondrer, car l’IA sape sa logique sous-jacente.
Les travailleurs vendaient des heures et les employeurs les achetaient, les lois du travail étaient structurées autour de la journée de travail de huit heures, et les pensions étaient déterminées en fonction des années de service. Mais avec l’IA, la valeur se déplace vers ceux qui possèdent ces systèmes ou ceux qui contrôlent l’accès à ces derniers. La valeur de l’ingénieur se mesure moins en heures travaillées qu’en maîtrise des infrastructures critiques ; la valeur du consultant réside dans son accès privilégié aux systèmes d’IA.
Ce qu'il faut retenir
- La notion de travail et de valeur est en train de changer avec l'avènement de l'IA
- Le système basé sur le temps est en train de s’effondrer
- La valeur se déplace vers ceux qui possèdent les systèmes d’IA ou contrôlent l’accès à ces derniers
Le contexte historique
Adam Smith, David Ricardo et Karl Marx ont établi que la valeur d’un bien reflétait la quantité de travail nécessaire pour le produire. Mais tous trois avaient compris, bien que de manière différente, qu’une telle mesure n’était possible que parce que le temps humain était rare. Du fait de cette rareté, ceux qui contrôlent le travail contrôlent la principale source de valeur.
Adam Smith, un économiste écossais, a publié « La richesse des nations » en 1776, qui est considéré comme l’un des fondements de l’économie moderne. David Ricardo, un économiste britannique, a développé la théorie de la valeur-travail dans son ouvrage « Principes de l’économie politique et de l’impôt » en 1817. Karl Marx, un philosophe et économiste allemand, a développé la théorie de la valeur-travail dans son ouvrage « Le Capital » en 1867.
Les implications de l’IA
L’IA, en démultipliant le travail des humains, rend cette hypothèse obsolète. La rareté « naturelle » du temps humain, qui a sous-tendu deux siècles de théorie économique, n’est plus une contrainte. Avec l’IA, un consultant peut par exemple générer en quelques heures des analyses qui nécessitaient autrefois plusieurs jours de préparation.
Un exemple concret est celui d’un consultant en gestion qui supervise trois agents IA pendant deux heures. Ces agents travaillent ensuite de manière autonome pendant vingt heures et produisent un rapport d’une valeur de 50 000 euros. Le consultant est-il rémunéré pour deux heures, pour vingt heures ou pour un pourcentage fixe de la valeur créée ? L’ancien cadre basé sur le temps n’offre pas de réponse cohérente.
Les enjeux
Si le temps de travail n’est plus une ressource rare, la valeur se déplace vers ceux qui possèdent ces systèmes ou ceux qui contrôlent l’accès à ces derniers. La valeur de l’ingénieur se mesure moins en heures travaillées qu’en maîtrise des infrastructures critiques ; la valeur du consultant réside dans son accès privilégié aux systèmes d’IA.
Cela signifie que les entreprises doivent réévaluer leur modèle économique et leur stratégie de rémunération. Les salariés doivent également adapter leurs compétences et leur manière de travailler pour rester pertinents dans un monde où l’IA est de plus en plus présente.
En conclusion, l’avènement de l’IA bouleverse la notion de travail et de valeur, et il est essentiel de comprendre les implications de ce changement pour être en mesure de s’adapter et de prospérer dans ce nouveau paysage.
L’IA, ou intelligence artificielle, est une technologie qui permet aux machines de réaliser des tâches qui nécessitaient auparavant une intelligence humaine. Elle va changer le monde du travail en automatisant certaines tâches, en augmentant la productivité et en créant de nouvelles opportunités de croissance.
