Selon BFM Business, l'économie italienne enregistrera en 2026 une croissance inférieure à 1% pour la quatrième année consécutive, a annoncé ce jeudi 21 mai l'Office national des statistiques ISTAT. Cette situation est préoccupante et l'ISTAT estime que le pays devrait regarder du côté de l'Espagne pour doper ses performances économiques.

L'Italie peut mieux faire, estime l'ISTAT. Pour la quatrième année consécutive, le pays enregistrera encore une croissance inférieure à 1%, ce qui est nettement en dessous des attentes. Après un rebond de l'activité juste après l'épidémie de Covid-19, au début de la décennie, l'Italie n'a connu qu'une croissance de 2,3% sur la période 2023-2025, soit environ un quart de l'expansion de 9% enregistrée par l'Espagne au cours de la même période.

Ce qu'il faut retenir

  • L'Italie enregistrera une croissance inférieure à 1% pour la quatrième année consécutive.
  • L'ISTAT estime que le pays devrait prendre exemple sur l'Espagne pour doper ses performances économiques.
  • La croissance italienne est freinée par une crise démographique de longue date et une approche trop à court terme en matière d'investissement.
  • Un tiers des personnes âgées de 15 à 64 ans ne travaillaient pas et ne cherchaient pas d'emploi en Italie en 2025.
  • La population italienne âgée de 15 à 64 ans n'a augmenté que de 1,6% entre 2022 et 2025, contre une croissance de 4,6% en Espagne.

Les facteurs de la croissance économique

Les facteurs freinant la croissance italienne figurent une crise démographique de longue date et une approche trop à court terme en matière d'investissement, qui ne met pas suffisamment l'accent sur la technologie, souligne l'ISTAT. En Italie, en 2025, un tiers des personnes âgées de 15 à 64 ans ne travaillaient pas et ne cherchaient pas d'emploi, soit le taux le plus élevé de l'Union européenne.

Autrement dit, 66,7% de la population italienne est activement engagée sur le marché du travail, contre une moyenne de 75,7% dans l'UE, poursuit l'ISTAT. Et même si ce taux d'activité a augmenté ces dernières années, « le simple déclin démographique entraînerait, d'ici 2050, une baisse de plus de cinq millions du nombre de personnes actives âgées de 15 à 64 ans », a déclaré Cristina Freguja, chercheuse à l'ISTAT, lors de la présentation du rapport.

La comparaison avec l'Espagne

Entre 2022 et 2025, la population italienne âgée de 15 à 64 ans n'a augmenté que de 1,6%, contre une croissance de 4,6% en Espagne, qui s'explique notamment par une hausse de 22,3% du nombre de résidents étrangers. En Italie, ce chiffre n'a augmenté que de 4,6%. Les meilleures performances de l'économie espagnole reflètent également l'importance qu'elle accorde aux secteurs plus avancés sur le plan technologique, en particulier dans les services, indique encore le rapport.

L'année dernière, l'Espagne a enregistré une croissance de 16,1% des investissements par rapport à 2022, contre une hausse de 10,4% en Italie sur la période. Surtout, l'Espagne a connu une forte croissance des investissements liés à la propriété intellectuelle, en hausse de 23,7%. Ce chiffre est à comparer à une augmentation plus limitée de 7,8% en Italie, où les investissements se sont fortement concentrés dans le secteur de la construction (+14,7%), qui a un impact moindre sur la productivité à long terme.

Et maintenant ?

Pour contrer les effets du déclin démographique, il est nécessaire d'augmenter considérablement les taux de participation au marché du travail, propose le rapport, une voie dans laquelle l'Espagne s'est engagée en misant sur l'immigration. Les prochaines échéances seront cruciales pour voir comment l'Italie va réagir face à cette situation et si elle va prendre des mesures pour améliorer sa croissance économique.

En conclusion, l'Italie doit apprendre de l'Espagne pour booster son économie. La prise de conscience de ces facteurs et la mise en place de politiques pour y remédier sont essentielles pour améliorer la croissance économique italienne et assurer un avenir plus prometteur pour les générations à venir.