Le président lituanien Gitanas Nausėda a officiellement déclaré, ce 7 juillet 2026, que son pays souhaitait rejoindre le cadre de la « dissuasion nucléaire » face à la Russie. Une prise de position qui s’inscrit dans un contexte régional marqué par l’intensification des tensions avec Moscou et par la guerre en Ukraine, selon BMF - International.
Dans une intervention publique, Nausėda a souligné que Vilnius entendait « contribuer activement » à la sécurité collective de l’OTAN, tout en appelant à une réponse renforcée face aux menaces russes. « La Lituanie ne peut rester indifférente face à la dégradation de la situation en Europe de l’Est », a-t-il précisé. Ces propos interviennent alors que les discussions sur l’élargissement des dispositifs de défense nucléaire de l’Alliance atlantique connaissent un regain d’activité.
Ce qu'il faut retenir
- Gitanas Nausėda, président de la Lituanie, a demandé l’intégration de Vilnius dans le cadre de la dissuasion nucléaire de l’OTAN contre la Russie, selon BMF - International.
- Cette déclaration intervient dans un contexte de tensions accrues entre l’OTAN et Moscou, aggravées par la guerre en Ukraine.
- La Lituanie, membre de l’OTAN depuis 2004, souhaite renforcer sa participation aux mécanismes de sécurité collective de l’Alliance.
- Les propos de Nausėda interviennent alors que les discussions sur l’élargissement des dispositifs nucléaires de l’OTAN sont en cours.
- Cette prise de position s’ajoute aux appels répétés de plusieurs pays européens à un renforcement des capacités militaires face à la Russie.
Une demande formulée dans un contexte géopolitique tendu
La Lituanie, pays baltique membre de l’Union européenne et de l’OTAN, se trouve en première ligne des tensions avec Moscou depuis le début de l’invasion de l’Ukraine en 2022. Vilnius a déjà multiplié les initiatives pour renforcer sa défense, notamment en accueillant des troupes de l’OTAN et en investissant dans ses capacités militaires. « La sécurité de la Lituanie est indissociable de celle de ses alliés », a rappelé Nausėda lors de sa déclaration.
Cette demande intervient à un moment où plusieurs pays européens, dont la Pologne et les États baltes, plaident pour une augmentation des dépenses militaires et une réflexion sur l’architecture de dissuasion nucléaire de l’OTAN. En 2025, l’Alliance avait déjà acté le déploiement de nouvelles unités militaires en Europe de l’Est, en réponse aux mouvements de troupes russes près des frontières ukrainiennes.
La dissuasion nucléaire au cœur des débats en Europe
L’idée d’intégrer davantage les pays membres de l’OTAN dans la dissuasion nucléaire n’est pas nouvelle, mais elle a pris une nouvelle dimension depuis le début de la guerre en Ukraine. Plusieurs capitales européennes, dont Varsovie et Tallinn, ont récemment plaidé pour une réévaluation des dispositifs existants. « L’Europe ne peut se contenter des garanties actuelles face à une Russie qui a montré sa détermination à utiliser la force », a indiqué un diplomate européen sous couvert d’anonymat.
Selon BMF - International, cette demande lituanienne pourrait relancer les discussions au sein de l’OTAN sur la répartition des responsabilités nucléaires. Aujourd’hui, seuls quelques pays, comme l’Allemagne, la Belgique, les Pays-Bas et l’Italie, abritent des armes nucléaires américaines dans le cadre d’un partage nucléaire au sein de l’Alliance. La Lituanie, qui ne dispose pas d’armes nucléaires, souhaite désormais y jouer un rôle plus actif.
« La Lituanie ne demande pas à posséder des armes nucléaires, mais à participer pleinement aux mécanismes de dissuasion collective. C’est une question de solidarité et de sécurité régionale. »
Gitanas Nausėda, président de la Lituanie
Cette prise de position s’inscrit dans une dynamique plus large de remilitarisation des pays européens, accélérée par l’invasion de l’Ukraine. En 2026, plusieurs pays de l’Union européenne ont annoncé des hausses historiques de leurs budgets militaires, atteignant souvent 2 % ou plus de leur PIB. La Lituanie, qui consacre désormais 2,5 % de son PIB à la défense, en fait partie.
Quelles conséquences pour les relations Russie-OTAN ?
L’annonce de Nausėda intervient alors que les relations entre la Russie et l’OTAN n’ont cessé de se dégrader depuis 2022. Moscou a multiplié les exercices militaires près des frontières des pays baltes et a menacé à plusieurs reprises de riposter à l’élargissement de l’Alliance. En 2025, la Russie a également suspendu sa participation au traité New START, portant un nouveau coup aux efforts de contrôle des armements nucléaires.
Dans ce contexte, la demande lituanienne pourrait être interprétée comme une tentative de renforcer la cohésion de l’OTAN face à Moscou. « L’Alliance doit montrer qu’elle est unie et prête à assumer ses responsabilités collectives », a déclaré un responsable de l’OTAN sous couvert d’anonymat. Reste à savoir si cette initiative sera suivie d’effets concrets ou si elle restera symbolique.
La Lituanie, en première ligne face à la Russie, cherche à renforcer sa sécurité en s’intégrant pleinement aux mécanismes de dissuasion collective de l’OTAN. Selon Vilnius, cette intégration permettrait de mieux dissuader toute agression russe et de renforcer la solidarité au sein de l’Alliance.
Cette demande s’ajoute à une série d’initiatives prises par la Lituanie pour renforcer sa défense, comme l’accueil de troupes de l’OTAN et l’augmentation de son budget militaire. Elle reflète aussi une inquiétude croissante face aux mouvements de troupes russes près des frontières ukrainiennes et baltes.