Dans le cadre de sa candidature à l’élection présidentielle de 2027, Bruno Retailleau, figure des Républicains, a détaillé un projet ambitieux pour répondre à la crise du logement en France. Selon le Figaro - Politique, le sénateur propose de supprimer les dispositifs Zéro Artificialisation Nette (ZAN) et de recourir à une loi d’urgence pour relancer la construction immobilière dès le début de son éventuel quinquennat.

Ce qu'il faut retenir

  • Objectif affiché : 1 million de logements construits en cinq ans, chiffre correspondant au déficit actuel du parc immobilier français.
  • Suppression des règles ZAN pour accélérer les projets de construction, notamment dans les zones tendues.
  • Projet présenté à Maisons-Alfort (Val-de-Marne), ville remportée par Les Républicains lors des municipales de 2026.
  • Inspiration d’une loi « type Notre-Dame » pour simplifier et accélérer les procédures administratives.

Un programme bâti sur un déficit chiffré à un million de logements

Bruno Retailleau a choisi la ville de Maisons-Alfort, en région parisienne, pour présenter son plan logement. Ce choix n’est pas anodin : la cité du Val-de-Marne a été remportée par Les Républicains lors des dernières élections municipales, avec une victoire dès le premier tour portée par le maire Romain Maria. Pour le sénateur vendéen, la crise du logement en France n’est pas une fatalité, mais une question de volonté politique. Il propose ainsi de créer un « choc de l’offre » pour répondre à un déficit estimé à 1 million de logements, un chiffre qu’il justifie par l’absence de construction suffisante ces dernières années.

Son projet s’articule autour de deux axes principaux. D’abord, la suppression des dispositifs Zéro Artificialisation Nette, jugés trop contraignants pour les promoteurs et les collectivités. Ensuite, l’adoption d’une loi d’urgence, inspirée du modèle de la reconstruction de Notre-Dame de Paris, qui avait permis de simplifier et d’accélérer les procédures administratives. « Quand on veut, on peut », a-t-il souligné, rappelant que l’urgence immobilière mérite la même approche volontariste.

Une loi d’urgence pour contourner les blocages administratifs

Pour concrétiser son ambition, Bruno Retailleau envisage de s’appuyer sur une loi d’urgence, similaire à celle qui a permis la reconstruction rapide de la cathédrale parisienne. Ce texte permettrait de réduire les délais d’instruction des permis de construire et de faciliter l’implantation de nouveaux logements, notamment dans les zones où la demande est la plus forte. L’objectif est clair : construire plus, et plus vite, pour résorber le déficit actuel.

Cette proposition s’inscrit dans une logique de rupture avec les politiques menées jusqu’à présent. Selon lui, les dispositifs existants, comme le ZAN, complexifient inutilement les projets et ralentissent la production de logements. En les supprimant, il espère lever les freins à la construction et atteindre l’objectif d’un million de nouveaux logements en cinq ans. Un pari audacieux, mais qui soulève des questions sur les alternatives proposées pour préserver les espaces naturels et agricoles.

Un projet présenté dans un bastion de la droite

Le choix de Maisons-Alfort comme cadre de présentation de ce plan n’est pas le fruit du hasard. La ville, dirigée par un maire LR depuis les municipales de 2026, incarne une victoire symbolique pour le parti. Romain Maria, élu dès le premier tour, a su mobiliser les électeurs dans une commune où la demande de logements est forte. Pour Bruno Retailleau, cette victoire locale illustre la pertinence de ses propositions et la nécessité de les appliquer à l’échelle nationale.

En s’appuyant sur cette dynamique locale, le candidat espère démontrer que sa politique du logement peut séduire au-delà des cercles traditionnels de la droite. Cependant, le projet devra convaincre au-delà des bastions politiques, notamment dans les grandes métropoles où les tensions immobilières sont les plus vives. La suppression du ZAN, par exemple, risque de susciter des oppositions chez les écologistes et les associations de défense de l’environnement.

« Bruno Retailleau nous demande de renverser la table » : c’est par cette formule que le sénateur Max Brisson a résumé la volonté des Républicains de repenser en profondeur la politique du logement en France.

Et maintenant ?

Si le projet de Bruno Retailleau devait être appliqué dès 2027, les premiers effets pourraient se faire sentir dès la première année de mandat. Cependant, son adoption dépendra des résultats électoraux et de la capacité à rassembler une majorité autour de ces mesures. Les débats parlementaires s’annoncent vifs, notamment sur la question de l’artificialisation des sols. Les associations et les collectivités locales pourraient jouer un rôle clé dans la mise en œuvre concrète de ce plan.

Reste à voir si l’objectif d’un million de logements sera atteint, ou si les blocages administratifs et les oppositions politiques rendront ce projet inapplicable. Une chose est sûre : la question du logement restera un enjeu majeur de la campagne présidentielle, tant les attentes des Français sont fortes.

Le ZAN est une mesure visant à limiter l’artificialisation des sols, c’est-à-dire la transformation de terres naturelles ou agricoles en zones urbaines. Instauré par la loi Climat et Résilience de 2021, il impose aux collectivités de compenser toute nouvelle artificialisation par la renaturation d’espaces équivalents. Ce dispositif est souvent pointé du doigt par les promoteurs et les élus locaux pour son impact sur la construction de logements.

Bruno Retailleau fait référence à la loi « Notre-Dame » adoptée en 2019, qui a permis de simplifier et d’accélérer les procédures administratives pour la reconstruction de la cathédrale parisienne après l’incendie. Cette loi a montré qu’il était possible, en situation d’urgence, de contourner les blocages bureaucratiques pour mener à bien un projet complexe. Le candidat LR souhaite appliquer cette même logique à la crise du logement.