Le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a officiellement inscrit l’État d’Israël sur la « liste noire » des parties suspectées ou responsables de violences sexuelles commises dans le cadre de conflits armés. Cette décision, annoncée ce week-end, s’appuie sur les investigations menées par le haut-commissaire aux droits de l’homme de l’ONU et des observateurs indépendants, comme le rapporte Le Monde.
Cette mise à l’écart intervient dans un contexte de tensions persistantes entre Israël et les territoires palestiniens, où les conditions de détention des prisonniers font régulièrement l’objet de critiques de la part des organisations de défense des droits humains. Selon les sources onusiennes, les allégations portent sur des actes commis entre 2023 et 2025, période marquée par une escalade des violences dans la région. Le Monde précise que ces investigations s’inscrivent dans le cadre du rapport annuel sur les violations des droits humains dans les conflits, publié chaque mois de mars par le Haut-Commissariat aux droits de l’homme.
Ce qu'il faut retenir
- Israël est placé sur la « liste noire » de l’ONU pour des violences sexuelles présumées contre des prisonniers palestiniens, selon les investigations du haut-commissaire aux droits de l’homme et d’observateurs indépendants.
- Cette décision intervient après des allégations remontant à la période 2023-2025, dans un contexte de conflit prolongé entre Israël et les territoires palestiniens.
- Le rapport annuel de l’ONU sur les violations des droits humains dans les conflits inclut cette mise à jour, traditionnellement publiée chaque mois de mars.
Une procédure initiée par les mécanismes onusiens
D’après les éléments recueillis par Le Monde, la procédure d’inscription sur cette liste suit un protocole strict. Les équipes du Haut-Commissariat aux droits de l’homme, dirigé par Volker Türk, ont mené des entretiens avec d’anciens détenus, des membres d’ONG locales et des responsables israéliens. « Nous avons compilé des témoignages convergents concernant des actes de violence sexuelle perpétrés dans plusieurs centres de détention israéliens », a déclaré un porte-parole de l’ONU sous couvert d’anonymat.
Les enquêteurs ont également croisé ces récits avec des rapports médicaux et des enregistrements vidéo partiels, bien que ces derniers restent rares en raison des restrictions d’accès imposées aux observateurs internationaux. Le rapport final souligne que ces violences, si elles sont avérées, constitueraient une violation grave des conventions de Genève, engageant la responsabilité de l’État israélien au regard du droit international humanitaire.
Réactions et mises en cause
Côté israélien, les autorités ont immédiatement réagi à cette annonce. « Ces allégations sont infondées et relèvent d’une instrumentalisation politique », a affirmé un porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères. Le gouvernement de Benjamin Netanyahu a également convoqué l’ambassadeur français à Tel-Aviv pour protester contre ce qu’il qualifie de « déni de justice » dans le processus d’enquête onusien.
Du côté palestinien, le Hamas et l’Autorité palestinienne ont salué cette décision, la qualifiant de « première étape vers la justice ». « Après des années de silence, la communauté internationale reconnaît enfin les crimes commis par Israël contre notre peuple », a réagi un haut responsable du Hamas à Gaza, cité par Le Monde. Cependant, aucune preuve indépendante n’a encore été rendue publique pour étayer ces accusations de manière exhaustive.
Les prochaines étapes et les enjeux
L’inscription sur cette liste noire ne s’accompagne pas, en elle-même, de sanctions automatiques. Elle ouvre cependant la voie à des mesures supplémentaires, comme un examen plus approfondi par le Conseil de sécurité de l’ONU ou des sanctions ciblées contre des responsables militaires ou politiques israéliens. Selon des diplomates contactés par Le Monde, une résolution pourrait être soumise au Conseil de sécurité dès l’automne 2026, si les preuves recueillies sont jugées suffisantes.
Par ailleurs, cette décision intervient alors que la Cour pénale internationale (CPI) examine déjà plusieurs plaintes déposées contre des dirigeants israéliens et palestiniens pour crimes de guerre. « Les deux mécanismes, onusien et judiciaire, pourraient se renforcer mutuellement », a souligné une juriste spécialisée en droit international. Reste à voir comment Israël réagira à ces pressions accrues, alors que le pays fait déjà face à une isolement diplomatique croissant sur la scène internationale.
Une autre inconnue réside dans la réponse des alliés traditionnels d’Israël, comme les États-Unis ou certains pays européens, qui pourraient être appelés à prendre position sur cette question. Enfin, la CPI, qui a déjà délivré des mandats d’arrêt contre des responsables russes pour crimes de guerre en Ukraine, pourrait être amenée à se saisir de ce dossier si les preuves étaient jugées suffisamment solides.
L’inscription sur la liste noire de l’ONU ne déclenche pas automatiquement de sanctions. Elle permet cependant d’intensifier la surveillance de la situation par les instances internationales et peut servir de base à des résolutions ultérieures du Conseil de sécurité ou à des sanctions ciblées contre des responsables.