Alors que la compétition entre les pays pour attirer les acteurs du minage de cryptomonnaies s'intensifie, l'Ouzbékistan a récemment dévoilé une feuille de route ambitieuse pour séduire cette industrie énergivore. Selon Journal du Coin, Tachkent mise sur une combinaison de mesures fiscales avantageuses et d'accès à une électricité bon marché pour se positionner comme une destination de choix pour les mineurs internationaux.
Ce qu'il faut retenir
- L'Ouzbékistan a exempté les mineurs de cryptomonnaies de la TVA et réduit leurs impôts sur les bénéfices à 2,5 %, contre 20 % pour les autres entreprises.
- Le pays offre un accès prioritaire à une électricité à 2 cents par kWh, l'un des tarifs les plus bas au monde.
- Cette stratégie s'inscrit dans une volonté de diversifier une économie encore largement dépendante des hydrocarbures.
- Les autorités ouzbèkes ont signé des accords avec plusieurs acteurs majeurs du secteur, dont des entreprises chinoises et kazakhes.
- Le gouvernement mise sur la production de 5 000 MW d'électricité d'ici 2028 grâce à des projets hydroélectriques et solaires.
Une fiscalité inédite pour séduire les mineurs
Pour attirer les mineurs de cryptomonnaies, l'Ouzbékistan a adopté un régime fiscal particulièrement avantageux. Le pays a non seulement exempté cette activité de la TVA, mais il a également réduit le taux d'imposition sur les bénéfices à 2,5 %, un niveau exceptionnellement bas comparé aux standards internationaux. Cette mesure, entrée en vigueur en 2025, s'applique à tous les acteurs du secteur, qu'ils soient locaux ou étrangers. Selon des responsables du ministère de l'Économie ouzbèk, cette décision vise à compenser les coûts élevés de l'électricité dans d'autres régions du monde.
Par ailleurs, les mineurs bénéficient d'une exonération des droits de douane sur l'importation de matériel spécialisé, ce qui réduit encore les barrières à l'entrée. Ces avantages fiscaux s'ajoutent à une politique de transparence, avec des procédures d'enregistrement simplifiées pour les entreprises souhaitant s'installer. « Ces mesures s'inscrivent dans une stratégie globale pour faire de l'Ouzbékistan un hub régional du minage », a déclaré un porte-parole du gouvernement, cité par Journal du Coin.
Un accès à une électricité parmi les moins chères au monde
Au cœur de la stratégie ouzbèke se trouve l'accès à une électricité à bas coût, un facteur clé pour la rentabilité des fermes de minage. Le pays a mis en place un système de tarifs préférentiels pour les mineurs, leur permettant de s'approvisionner à 2 cents par kWh, l'un des prix les plus bas au monde. Ce tarif est rendu possible grâce à la production d'électricité à partir de ressources locales, notamment le gaz naturel et l'hydroélectricité. « Avec un coût énergétique aussi bas, l'Ouzbékistan devient compétitif face à des pays comme l'Iran ou le Venezuela, où les tarifs peuvent atteindre 4 à 5 cents par kWh », explique un analyste du secteur, contacté par Journal du Coin.
Pour sécuriser cet approvisionnement, les autorités ont signé des contrats à long terme avec plusieurs producteurs d'électricité, garantissant ainsi une stabilité des prix. De plus, des projets de centrales solaires et éoliennes sont en cours de développement pour diversifier la production et répondre à la demande croissante des mineurs. D'ici 2028, le gouvernement prévoit d'atteindre une capacité de production de 5 000 MW, soit une augmentation de 40 % par rapport à 2025.
Un pari économique risqué mais stratégique
Si cette stratégie présente des atouts majeurs, elle comporte également des risques. L'Ouzbékistan, encore dépendante de ses exportations d'hydrocarbures, mise sur le minage pour diversifier son économie. Pourtant, cette industrie reste volatile et soumise à la conjoncture des marchés des cryptomonnaies. « Le minage peut apporter des devises et créer des emplois, mais il ne doit pas devenir une dépendance », avertit un économiste local. Par ailleurs, la consommation électrique des fermes de minage pourrait peser sur le réseau national, surtout en période de forte demande.
Malgré ces défis, les autorités semblent déterminées à poursuivre cette voie. Plusieurs accords ont déjà été signés avec des entreprises chinoises et kazakhes, et des discussions sont en cours avec des acteurs européens. « L'Ouzbékistan a tout pour réussir : une énergie abondante, une main-d'œuvre qualifiée et une volonté politique forte », estime un représentant de l'industrie, interrogé par Journal du Coin.
D'ici là, le pays devra également veiller à équilibrer ses priorités, entre développement économique et stabilité énergétique. Une chose est sûre : l'Ouzbékistan a pris un pari audacieux, dont les résultats pourraient inspirer d'autres nations en quête de diversification.
Parmi les principaux concurrents, on retrouve l'Iran, le Venezuela, le Kazakhstan et le Texas aux États-Unis. Ces pays misent également sur des tarifs électriques avantageux et des régimes fiscaux incitatifs pour séduire les mineurs.