Comme le rapporte Euronews FR, Kaja Kallas, haute représentante de l'UE, a déclaré mardi lors d'une visite à Kyiv que l'utilisation des avoirs gelés de la Russie pour financer l'Ukraine reste possible si Viktor Orbán refuse de lever son veto sur le prêt de 90 milliards d'euros après les législatives hongroises du 12 avril.

Le Premier ministre hongrois, Viktor Orbán, a bloqué la bouée de sauvetage financière en raison d'un différend sans rapport avec Kyiv concernant l'oléoduc Droujba, qui n'est plus opérationnel depuis la fin du mois de janvier. Son veto a occupé une place importante dans sa campagne de réélection.

Ce qu'il faut retenir

  • La Commission européenne a présenté une proposition innovante visant à transformer les 210 milliards d'euros d'actifs de la Banque centrale russe détenus dans le cadre des sanctions en une ligne de crédit sans intérêt destinée à répondre aux besoins financiers et militaires de l'Ukraine pour 2026 et 2027.
  • L'Allemagne, la Pologne, les pays nordiques et les pays baltes ont soutenu avec enthousiasme ce plan, qui présentait l'avantage d'éviter aux budgets européens de payer la facture.
  • La Belgique, principale gardienne des actifs russes, s'est opposée à la proposition, mettant en garde contre les écueils juridiques, les répercussions financières et l'atteinte à la réputation de la zone euro.

Le contexte

Le prêt que l'UE s'efforce actuellement d'accorder et qui a été convenu à la fin de l'année dernière, est en fait le plan B, comme l'a rappelé Kaja Kallas. Le plan A était l'utilisation d'actifs gelés, et il est possible que l'UE revienne à ce plan si le plan B ne fonctionne pas.

Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andrii Sybiha, a affirmé que les actifs symbolisés « ne sont pas hors de question » et « ne peuvent être retirés de l'ordre du jour tant que la Russie n'aura pas payé toutes les réparations ».

L'impasse de Droujba

Le prêt de 90 milliards d'euros était sur le point d'être approuvé en février lorsque Viktor Orbán a brusquement opposé son veto à l'accord, exigeant une reprise immédiate des livraisons de pétrole via l'oléoduc Droujba, datant de l'ère soviétique, comme condition non négociable.

La position de Viktor Orbán a irrité les autres États membres, qui estiment que Budapest est revenu sur l'accord conclu par les dirigeants, y compris Viktor Orbán lui-même, en décembre et, par conséquent, a enfreint le principe de coopération sincère.

Et maintenant ?

Il est peu probable que l'idée de donner une seconde chance au prêt pour les réparations fasse son chemin en raison des risques élevés. La Commission européenne a proposé d'organiser une inspection de Droujba et de financer les réparations avec des fonds européens, mais les experts attendent depuis plus de deux semaines de pouvoir visiter le site.

Le vice-Premier ministre ukrainien Taras Kachka a déclaré que les dégâts causés par une attaque de drone russe étaient « atypiques » et « énormes » et que l'inspection n'avait pas encore eu lieu en raison de « procédures techniques de sécurité ».

En conclusion, la situation reste tendue entre l'UE et la Hongrie, et il est difficile de prédire comment les choses vont évoluer. Il est clair que l'UE est déterminée à aider l'Ukraine, mais il est également clair que la Hongrie est déterminée à défendre ses intérêts.