Les négociations entre les États membres de l'Union européenne (UE) pour mettre en place un nouveau train de sanctions contre la Russie sont en cours, mais les obstacles sont nombreux, selon Euronews FR. L'objectif est de parvenir à un accord d'ici au 15 juillet pour éviter une révision automatique du plafond de prix du pétrole russe transporté par voie maritime.
Depuis que le brut russe Urals a grimpé à la suite de la fermeture du détroit d'Ormuz, la révision devrait se traduire par une hausse et offrir à Moscou un répit économique. Pour éviter ce scénario, la Commission européenne a proposé de maintenir le plafond à 44 dollars le baril jusqu'en janvier 2027.
Ce qu'il faut retenir
- L'UE cherche à s'accorder sur un nouveau train de sanctions contre la Russie d'ici au 15 juillet.
- Le plafond de prix du pétrole russe transporté par voie maritime doit être révisé tous les six mois.
- La Commission européenne propose de maintenir le plafond à 44 dollars le baril jusqu'en janvier 2027.
- La Bulgarie s'oppose à la sanction du patriarche Kirill, chef de l'Église orthodoxe russe.
Les points de friction
Les ambassadeurs se sont réunis vendredi pour examiner une version révisée de la proposition présentée par la Commission européenne plus tôt ce mois-ci. Comme prévu, aucun consensus n'a été trouvé et les discussions doivent se poursuivre, mais le temps presse. Les ambassadeurs envisagent soit de reporter la révision, soit d'imposer un tout nouveau plafond fixe, selon des diplomates au fait du dossier.
L'interdiction de vendre des méthaniers a également soulevé des questions, tout comme les restrictions envisagées sur les importations de poissons en provenance de Russie, qui avaient jusqu'ici échappé aux sanctions. Plusieurs États membres, comme l'Allemagne, la France, la Pologne et les Pays-Bas, achètent chaque année des quantités importantes de cabillaud et de colin russes.
La position de la Bulgarie
Le Premier ministre Rumen Radev a publiquement annoncé son opposition à l'idée de sanctionner le patriarche Kirill, chef de l'Église orthodoxe russe, accusé de diffuser une propagande révisionniste pour justifier la guerre en Ukraine. Le paquet de sanctions proposé lui vaudrait une interdiction de voyager et le gel de ses avoirs.
Radev estime qu'inscrire le milliardaire fondateur de Lukoil, Vagit Alekperov, sur liste noire reviendrait à « nous tirer une balle dans le pied », en raison d'une demande d'indemnisation de 3 milliards d'euros que Lukoil aurait engagée à la suite de la reprise par l'État de la raffinerie de Neftohim Burgas.
La situation reste donc incertaine, et il reste à voir si les États membres de l'UE seront en mesure de parvenir à un accord d'ici au 15 juillet.