L’Union africaine (UA) a officiellement confirmé, ce mercredi 1er avril 2026, qu’elle ne soutiendrait pas la candidature de l’ancien président sénégalais Macky Sall au poste de secrétaire général des Nations unies. Selon RFI, cette décision a été actée malgré les efforts du président burundais Evariste Ndayishimiye, qui assure depuis plusieurs semaines la présidence tournante de l’organisation panafricaine. Sur les 55 États membres de l’UA, vingt pays ont voté contre l’appui à cette candidature, une opposition qui illustre les divisions persistantes au sein du continent.

Macky Sall a pourtant maintenu sa position. Ses partisans affirment qu’il bénéficie du soutien de trente-cinq États africains sur cinquante-cinq, une majorité qui, selon eux, devrait suffire à valider sa candidature. Pourtant, cette argumentation ne convainc pas l’ensemble des membres de l’UA. Des diplomates africains, cités par RFI, dénoncent une initiative jugée trop personnelle du président burundais, accusé d’avoir forcé la main pour promouvoir cette candidature sans consensus préalable. Autant dire que les tensions entre pays africains risquent de s’exacerber dans les semaines à venir.

Ce qu'il faut retenir

  • 20 pays sur 55 au sein de l’Union africaine s’opposent à la candidature de Macky Sall, malgré son maintien par ses soutiens.
  • Le président burundais Evariste Ndayishimiye, président en exercice de l’UA, porte cette initiative, qui divise le continent.
  • Les partisans de Macky Sall affirment qu’il dispose du soutien de 35 États africains, mais cette majorité n’a pas suffi à emporter la décision.
  • Des diplomates africains dénoncent une approche perçue comme imposée par le Burundi, risquant d’aggraver les divisions.

Les raisons d’un rejet malgré les soutiens affichés

Plusieurs sources diplomatiques africaines, contactées par RFI, ont révélé que le principal reproche adressé à Macky Sall concerne son bilan politique au Sénégal. Entre 2012 et 2024, son mandat a été marqué par des réformes constitutionnelles controversées, dont le report controversé de l’élection présidentielle en 2024 — une décision qui avait suscité des tensions majeures dans le pays. Certains États membres de l’UA estiment qu’un tel parcours pourrait nuire à l’image du continent dans une candidature onusienne.

Autre point de friction : le manque de consensus préalable. Plusieurs pays africains, notamment ceux d’Afrique du Nord et de l’Afrique de l’Est, auraient préféré une approche plus collective pour désigner un candidat. « L’UA doit parler d’une seule voix », a déclaré un diplomate sous couvert d’anonymat. « Promouvoir une candidature sans adhésion majoritaire revient à fragiliser notre unité. »

Le rôle clé d’Evariste Ndayishimiye dans cette crise

Le président burundais, dont le pays assure la présidence tournante de l’UA jusqu’en janvier 2027, joue un rôle central dans cette affaire. Evariste Ndayishimiye a activement milité pour la candidature de Macky Sall, allant jusqu’à organiser des rencontres bilatérales avec plusieurs chefs d’État africains pour rallier des soutiens. Pourtant, cette implication a été perçue comme une manœuvre politique par une partie des membres de l’organisation.

Selon des observateurs, cette décision de l’UA pourrait affaiblir temporairement la crédibilité de Ndayishimiye, dont l’influence était déjà limitée en raison des tensions persistantes entre le Burundi et plusieurs de ses voisins régionaux. « C’est un échec pour la diplomatie africaine », a souligné un analyste politique basé à Addis-Abeba. « Au lieu de présenter un front uni, on donne l’impression d’un continent divisé. »

Et maintenant ?

Macky Sall, de son côté, pourrait tenter de contourner cette décision en mobilisant directement les États africains lors de l’Assemblée générale de l’ONU prévue en septembre 2026. Une telle stratégie nécessiterait des négociations serrées et une alliance avec des pays non membres de l’UA, comme certains États du Golfe ou d’Amérique latine. Reste à voir si les soutiens de Sall parviendront à convaincre les réticents, ou si cette candidature s’essoufflera face à l’opposition africaine.

Quoi qu’il en soit, cette affaire révèle les défis persistants de l’Union africaine en matière de cohésion et de leadership. Les prochains mois seront déterminants pour savoir si le continent parviendra à présenter une candidature consensuelle — ou si les divisions continueront de freiner ses ambitions sur la scène internationale.

RFI n’a pas communiqué la liste exhaustive des vingt pays opposés. Cependant, plusieurs sources diplomatiques évoquent des réticences marquées de la part de pays d’Afrique de l’Est et du Nord, dont le Nigeria et l’Éthiopie, deux puissances régionales influentes au sein de l’UA.