La Bulgarie a opposé son veto à la proposition de sanctionner le patriarche Kirill, chef de l'Église orthodoxe de Russie, après des négociations à huis clos, invoquant des raisons religieuses et culturelles, selon Euronews FR. Cette décision a été prise lors d'une réunion extraordinaire des ambassadeurs dimanche, qui visait à conclure un accord final sur un paquet de sanctions.

Le Premier ministre bulgare, Roumen Radev, a confirmé publiquement le mois dernier que son pays s'opposerait à la mesure, estimant que cela reviendrait à « étendre les sanctions et la guerre à la sphère religieuse ». Il a souligné que « l'époque des croisades est révolue » et que son pays est préoccupé par les millions de personnes qui appartiennent à l'Église orthodoxe orientale.

Ce qu'il faut retenir

  • La Bulgarie a opposé son veto à la proposition de sanctionner le patriarche Kirill.
  • Le veto a été motivé par des raisons religieuses et culturelles.
  • Le patriarche Kirill est accusé de diffuser une propagande révisionniste pour justifier la guerre en Ukraine.

Contexte

Le patriarche Kirill est une figure très controversée qui exerce une influence à la fois religieuse et politique. Il est accusé de diffuser une propagande révisionniste pour justifier la guerre en Ukraine, qualifiant l'invasion de « guerre sainte ». L'UE a tenté pour la première fois d'inscrire Kirill sur liste noire en 2022, mais la Hongrie a bloqué l'initiative, invoquant la liberté de religion.

La question est restée en suspens jusqu'au printemps, lorsque le nouveau gouvernement hongrois a signalé sa volonté de changer de position. Les responsables européens ont saisi cette volte-face et ont ajouté le nom de Kirill à un projet de liste de personnes à sanctionner. Cependant, le projet s'est rapidement heurté à l'opposition résolue de la Bulgarie.

Conséquences

La décision de la Bulgarie a des conséquences importantes pour l'UE et la Russie. Elle montre que les pays membres de l'UE ne sont pas unis sur la question des sanctions contre la Russie. Le Premier ministre bulgare a estimé que placer le patriarche Kirill sur liste noire reviendrait à « nous tirer une balle dans le pied », en raison des attaches culturelles et historiques entre les Églises orthodoxes orientales.

Un autre nom qui a été retiré de la liste noire est celui de Vagit Alekperov, l'oligarque russe qui a fondé Lukoil. Alekperov a démissionné de la présidence en 2022, sur fond de pressions internationales croissantes, mais a conservé des actions dans le groupe énergétique. Le Premier ministre bulgare a estimé que placer Alekperov sur liste noire reviendrait à « nous tirer une balle dans le pied », en raison d'une demande d'indemnisation de 3 milliards d'euros que Lukoil a engagée contre la reprise par l'État de la raffinerie Neftohim Burgas.

Et maintenant ?

L'UE devra trouver un consensus sur la question des sanctions contre la Russie. Les prochaines étapes attendues incluent la réunion du Conseil européen, qui devra prendre des décisions sur les sanctions et la politique étrangère de l'UE. Il est à craindre que la décision de la Bulgarie puisse avoir des conséquences à long terme sur les relations entre l'UE et la Russie.

La situation reste tendue et il est important de suivre les développements futurs pour comprendre les implications de cette décision pour l'UE et la Russie.