La Commission européenne a décidé, ce vendredi 26 juin, de prolonger d'un an le statut de protection temporaire accordé à des millions de personnes ayant fui la guerre en Ukraine, selon Euronews FR. Il devait initialement expirer en mars 2027. Cependant, l'UE a décidé d'exclure de ce régime les nouveaux arrivants en âge d'effectuer leur service militaire.
Cette mesure fait suite aux pressions de plusieurs États membres de l’UE pour durcir les règles encadrant la protection temporaire, invoquant des difficultés d’intégration. Elle est également soutenue par Kyiv, qui a fait pression sur Bruxelles, car elle a pour objectif de renforcer les forces armées ukrainiennes, qui cherchent désespérément à renforcer ses effectifs militaires, plus de quatre ans après le début de l'invasion russe.
Ce qu'il faut retenir
- La Commission européenne souhaite prolonger la protection temporaire pour les Ukrainiens d'un an, mais avec des conditions plus strictes.
- Les nouveaux arrivants en âge d'effectuer leur service militaire seront exclus de ce régime.
- La mesure vise à renforcer les forces armées ukrainiennes et à préserver la capacité de l'Ukraine à se défendre contre la guerre d'agression illégale menée par la Russie.
Contexte et objectifs
La protection temporaire a permis à quelque 4,4 millions d’Ukrainiens de vivre et de travailler dans les États membres de l’UE, selon Euronews FR. La plupart vivent en Allemagne et en Pologne. Ils bénéficient d'un permis de séjour temporaire ainsi que d'un soutien comprenant un hébergement ou une aide au logement, des prestations sociales, des soins médicaux et un accès à la scolarisation.
Le commissaire européen chargé des Affaires intérieures, Magnus Brunner, a déclaré que « notre proposition tient compte de l’évolution des besoins de défense de l’Ukraine ». Cette « protection temporaire ne devrait pas être accordée aux personnes arrivant nouvellement qui ne sont pas autorisées à quitter l'Ukraine en raison de leurs obligations militaires en vertu du droit ukrainien », a-t-il ajouté.
Conséquences et réactions
Le Conseil de l'Europe, l'organisme paneuropéen chargé de la défense des droits humains, a mis en garde contre une réduction des mesures de protection et d'assistance accordées aux Ukrainiens déplacés par la guerre, y compris ceux susceptibles d'être appelés sous les drapeaux. Le commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe, Michael O'Flaherty, a estimé que « la réalité sur le terrain en Ukraine ne réunit pas les conditions d'un retour sûr et digne ».
La proposition doit être approuvée, dans les prochaines semaines, par les pays de l’UE à la majorité qualifiée, c’est-à-dire par au moins 15 des 27 États, représentant au moins 65 % de la population totale de l’Union.
La situation des Ukrainiens en Europe reste donc incertaine, et les prochaines décisions de l'UE seront cruciales pour leur avenir.