Selon Euronews FR, la célèbre citadelle inca de Machu Picchu, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1983 et désignée comme l’une des sept nouvelles merveilles du monde en 2007, fait face à une dégradation des conditions d’accueil des visiteurs. Une fondation patrimoniale internationale, New7Wonders, a récemment proposé son assistance aux autorités péruviennes pour remédier à la surfréquentation, aux files d’attente interminables et aux problèmes logistiques récurrents qui transforment, pour de nombreux touristes, le rêve en cauchemar.
Ce qu’il faut retenir
- Machu Picchu, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1983, a été désignée comme l’une des sept nouvelles merveilles du monde en 2007 par un vote en ligne organisé par la fondation New7Wonders.
- Le site subit une surfréquentation croissante depuis sa désignation, avec des files d’attente et des services de transport jugés peu fiables.
- La fondation New7Wonders a mis en garde à plusieurs reprises le Pérou sur les risques encourus par le statut de la citadelle, sans observer d’amélioration depuis septembre 2025.
- Jean Paul De la Fuente, directeur de New7Wonders, évoque une « paralysie politique » pour expliquer l’absence de mesures adaptées sur le site.
- Un second tour de l’élection présidentielle péruvienne, opposant Keiko Fujimori et Roberto Sanchez, aura lieu le 7 juin 2026 et pourrait relancer les discussions sur l’avenir du site.
- La fondation propose un plan d’amélioration, mais attend la formation d’une nouvelle administration pour le mettre en œuvre.
Un site mythique confronté à une dégradation des conditions d’accueil
Machu Picchu, joyau archéologique situé dans les Andes péruviennes, attire chaque année des millions de visiteurs. Pourtant, selon Euronews FR, l’expérience sur place se dégrade. Entre les files d’attente pour accéder au site, des conditions de transport précaires et une gestion jugée insuffisante, le séjour devient de plus en plus compliqué pour les touristes. « Les gens se rendent à Machu Picchu en pensant qu’ils vont découvrir une merveille du monde, a déclaré Jean Paul De la Fuente, directeur de la fondation New7Wonders. Mais pour beaucoup, ce rêve est en train de se transformer en cauchemar », a-t-il souligné auprès de l’agence AP.
La fréquentation du site a fortement augmenté depuis sa désignation comme merveille du monde moderne en 2007. Pourtant, les autorités péruviennes n’auraient pas pris les mesures nécessaires pour adapter l’infrastructure à cette affluence. « Aucun progrès n’a été constaté depuis l’avertissement lancé en septembre dernier », a déploré De la Fuente, attribuant cette situation à une « paralysie politique » persistante au Pérou.
New7Wonders propose un plan d’action, mais les autorités tardent à réagir
Face à cette situation, la fondation New7Wonders a proposé son aide aux autorités péruviennes pour améliorer l’accueil des visiteurs. En septembre 2025, elle avait déjà mis en garde contre le risque de perte du statut de merveille du monde en raison des problèmes persistants. « Nous espérons travailler avec une nouvelle équipe dirigeante une fois qu’elle sera en place, afin de trouver une issue positive pour Machu Picchu », a indiqué De la Fuente. « Il s’agirait de faire de ce site un exemple dont beaucoup d’autres merveilles du monde pourraient s’inspirer. »
Pour l’instant, les autorités péruviennes n’ont pas réagi publiquement à cette proposition. Le pays traverse une période d’instabilité politique, marquée par un second tour de l’élection présidentielle prévu le 7 juin 2026. Le scrutin oppose Keiko Fujimori, fille de l’ancien président Alberto Fujimori emprisonné pour violations des droits humains, à Roberto Sanchez, ancien ministre du Commerce ayant promis des réformes dans le secteur minier. Le vainqueur devra nommer un nouveau gouvernement, qui pourrait relancer les discussions sur la gestion de Machu Picchu.
Un patrimoine mondial sous pression, entre enjeux touristiques et environnementaux
Machu Picchu, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, représente un enjeu majeur pour le Pérou, tant sur le plan culturel qu’économique. Pourtant, sa gestion soulève des questions quant à sa durabilité. « La fréquentation touristique s’est fortement accrue depuis 2007, a précisé De la Fuente, mais les infrastructures n’ont pas suivi le même rythme. » Le site, fréquenté par plus d’1,5 million de visiteurs par an selon les estimations, doit faire face à des défis logistiques et environnementaux.
Parmi les projets en discussion figure la construction d’un nouvel aéroport à proximité de Machu Picchu, un projet controversé. Certains écologistes craignent que cette infrastructure ne triple la fréquentation du site, aggravant ainsi les problèmes existants. Pour l’instant, aucune décision n’a été prise, mais le débat reste ouvert alors que le Pérou cherche à concilier développement touristique et préservation de son patrimoine.
Pour l’heure, les visiteurs continuent de se rendre sur place, malgré les difficultés, tant l’attrait de Machu Picchu reste intact. Mais la question de sa gestion à long terme se pose avec une acuité croissante.