On y pense rarement, mais les podiums cachent parfois des drames silencieux. Le corps des sportives, ce temple de la performance, devient souvent le champ de bataille d'une guerre contre les kilos. Et si la minceur était en train de tuer le sport féminin ?
Un idéal esthétique qui fait mal
Imaginez : 15 heures d'entraînement par semaine, un régime strict, des photos avant/après qui circulent sur les réseaux. Résultat des courses ? Des athlètes qui ressemblent plus à des mannequins qu'à des compétitrices. (D'après nos confrères de RMC Sport)
Le problème ? Cet idéal de maigreur extrême n'a rien de naturel. Les études montrent que 30% des sportives de haut niveau ont déjà souffert de troubles alimentaires. Le pire ? Beaucoup minimisent le danger.
Performances ou apparence : faut-il choisir ?
La question qui fâche. Car oui, perdre du poids peut améliorer certains résultats. Mais à quel prix ?
Prenez le cas de la tenniswoman française Alizé Cornet. En 2023, elle avait avoué avoir perdu 8 kilos en quelques mois. 'C'était dur, mais nécessaire', avait-elle expliqué. Sauf que... les spécialistes s'accordent à dire que la perte de poids brutale n'améliore pas les performances. Autant dire que le jeu n'en vaut pas la chandelle.
Et puis, côté santé, les risques sont énormes. Fatigue chronique, blessures à répétition, problèmes hormonaux... La liste est longue. Sans parler des séquelles psychologiques.
Réseaux sociaux : le miroir aux alouettes
Instagram, TikTok, les réseaux sociaux sont devenus des tribunaux impitoyables. Un post, une photo, et c'est parti pour les commentaires. 'Trop grosse', 'Trop maigre', 'Pourquoi tu ne fais pas comme elle ?'...
Le truc, c'est que ces plateformes créent une pression constante. On y voit des corps parfaits, des sourires éclatants. Sauf qu'en réalité, tout est retouché. Résultat ? Les athlètes comparent, doutent, et parfois, craquent.
Alors, comment s'en sortir ? Difficile à dire avec certitude. Mais une chose est sûre : il faut en parler. Briser le tabou, casser les codes. Car le sport, c'est avant tout du plaisir, de la passion. Pas une obsession.
Vers une révolution culturelle ?
Heureusement, les mentalités évoluent. De plus en plus de fédérations s'engagent. En 2025, la Fédération Française de Tennis a lancé une campagne contre les troubles alimentaires. 'On ne peut plus fermer les yeux', avait déclaré son président.
Les marques aussi bougent. Certaines refusent désormais de travailler avec des influenceuses pro-ana. Un petit pas, mais un pas important.
Reste que le chemin est encore long. Car tant que la minceur sera synonyme de réussite, les athlètes seront en danger. Et ça, c'est inacceptable.
Alors, et vous ? Comment voyez-vous l'évolution du sport féminin ?
Les signes peuvent être subtils. Perte de poids rapide, fatigue constante, isolement, obsession pour la nourriture... Si vous suspectez un problème, parlez-en à un professionnel. Ne restez pas seul(e).
Écoutez-la, sans jugement. Proposez-lui de consulter un nutritionniste ou un psychologue spécialisé. Et surtout, ne minimisez pas ses craintes. Le soutien est essentiel.