Avec un plafond désormais fixé à 80 000 euros pour les véhicules émettant plus de 191 grammes de CO₂ au kilomètre, le malus écologique français s’impose comme l’un des plus élevés d’Europe. Selon Capital, cette mesure, introduite en 2018 et renforcée depuis, vise à décourager l’achat de voitures thermiques au profit de véhicules moins polluants. Pourtant, son montant record et son caractère « irréversible » en cas de vol suscitent de vives critiques, tandis que les recettes générées – estimées à 4,44 milliards d’euros en 2027 – ne financeraient pas la transition écologique, comme le souligne une étude de Caroom relayée par le média.
Ce qu’il faut retenir
- Le malus écologique maximal en France atteint 80 000 € en 2026 pour les véhicules émettant plus de 191 g/km de CO₂, contre 2 600 € en 2018.
- En Allemagne, aucun malus écologique n’est appliqué, alors que le pays a réduit ses émissions de CO₂ de 29 % en vingt ans.
- Pour une Ford Mustang V8, le malus français atteint 80 000 €, soit plus que le prix d’achat du véhicule (environ 60 000 €).
- Les recettes du malus (4,44 Md€ attendus en 2027) ne seraient pas fléchées vers la transition écologique, selon Caroom.
- Le malus au poids pourrait s’étendre aux véhicules électriques, dont la masse importante est liée à leurs batteries.
Un barème progressif et un plafond record
Instauré en 2018 pour inciter à l’achat de véhicules propres, le malus écologique français repose désormais sur le protocole WLTP, plus strict que l’ancien système. Son calcul s’effectue en fonction des émissions de CO₂ du véhicule. En 2026, aucun malus n’est appliqué en dessous de 108 g/km, mais il grimpe rapidement : entre 108 g/km et 191 g/km, le montant augmente progressivement, avant d’atteindre un plafond de 80 000 € pour les véhicules dépassant ce seuil. À titre de comparaison, en 2018, le plafond maximal était de 2 600 €. Autant dire que l’écart est abyssal, et que l’impact sur le portefeuille des automobilistes est devenu considérable.
La France, championne (involontaire) du malus écologique
Si la France applique le malus le plus élevé d’Europe, d’autres pays européens ont opté pour des dispositifs moins contraignants. Selon l’étude de Caroom, relayée par Capital, l’Italie plafonne son malus à 2 500 €, auquel peut s’ajouter une taxe d’immatriculation. En Espagne, la taxe varie entre 4,75 % et 14,75 % du prix HT pour les véhicules émettant plus de 120 g/km. L’Allemagne, de son côté, ne pratique aucun malus écologique. Pourtant, le pays a enregistré une baisse moyenne de 29 % de ses émissions de CO₂ depuis 2006, prouvant qu’une politique incitative ne passe pas nécessairement par des sanctions financières aussi lourdes.
Pour illustrer ces écarts, prenons l’exemple de la Volkswagen Golf GTI 265 : en France, son malus atteint 11 112 €, contre 1 944 € en Italie, 4 119 € en Espagne et 0 € en Allemagne. Même constat pour la BMW X5 xDrive 30d, avec un malus de 80 000 € en France, 2 077 € en Italie et 7 503 € en Espagne. Ces différences soulèvent une question : l’efficacité du malus français est-elle à la hauteur de son coût pour les automobilistes ?
Un impact économique et écologique contesté
Les critiques contre le malus écologique français ne manquent pas. D’abord, son caractère « irréversible » en cas de vol est pointé du doigt : le propriétaire doit régler la somme même s’il n’est plus en possession du véhicule. Ensuite, son montant record pour des modèles comme la Ford Mustang V8 – dont le malus (80 000 €) dépasse le prix d’achat (environ 60 000 €) – interroge sur sa légitimité. Enfin, les recettes générées, estimées à 4,44 milliards d’euros en 2027, ne seraient pas utilisées pour financer la transition écologique. Pire, le malus au poids, qui pourrait s’étendre aux véhicules électriques, risquerait de pénaliser les modèles les plus lourds – une aberration pour des voitures censées être plus respectueuses de l’environnement.
« Le malus écologique français affaiblit le marché automobile sans garantir une baisse réelle des émissions de CO₂. »
Quels modèles sont les plus touchés ?
Certains véhicules thermiques, notamment les plus puissants ou les SUV, sont particulièrement visés par le malus. Selon Capital, les modèles comme la Peugeot 5008 PHEV 225 (hybride rechargeable) se voient infliger un malus de 6 100 € en France, contre 354 € en Italie et aucun en Allemagne ou en Espagne. Pour la Ford Mustang V8, le malus français atteint 80 000 €, contre 3 952 € en Italie et 7 350 € en Espagne. Ces écarts montrent que la France applique une politique particulièrement stricte, au point de rendre certains modèles inaccessibles pour les ménages modestes.
En attendant, les automobilistes français restent confrontés à un système dont l’efficacité écologique est régulièrement remise en question, tandis que les recettes fiscales explosent sans garantie de retour sur investissement pour l’environnement.
Le malus écologique français a été multiplié par 31 depuis sa création en 2018, passant de 2 600 € à 80 000 € en 2026. Cette hausse s’explique par une volonté politique de décourager l’achat de véhicules thermiques très polluants, avec un barème progressif basé sur les émissions de CO₂ (protocole WLTP).
Non. Selon une étude de Caroom relayée par Capital, les 4,44 milliards d’euros attendus en 2027 ne seraient pas utilisés pour financer des projets écologiques. Le malus au poids, qui pourrait s’étendre aux véhicules électriques, pourrait même pénaliser l’adoption des voitures propres.