Vincent Jeanbrun, ministre délégué au Logement, a annoncé à Ouest France vouloir transformer le dispositif MaPrimeRénov’ en misant sur un accompagnement renforcé par les collectivités locales. L’objectif affiché est de « simplifier les parcours, raccourcir les délais d’instruction et permettre un accompagnement beaucoup plus humain » dans le cadre du projet de loi « Relance Logement », dont l’entrée en vigueur est prévue pour 2027.
Ce qu'il faut retenir
- Le ministre du Logement, Vincent Jeanbrun, souhaite recentrer le dispositif MaPrimeRénov’ sur les collectivités locales pour en améliorer l’efficacité.
- Trois axes principaux guident cette réforme : simplification des démarches, réduction des délais d’instruction et humanisation de l’accompagnement des demandeurs.
- Ces mesures s’inscrivent dans le cadre du projet de loi « Relance Logement », dont la mise en œuvre est prévue pour 2027.
Un projet de loi « Relance Logement » attendu pour 2027
Le ministre a précisé que cette réforme s’appuierait sur les collectivités territoriales, jugées plus proches des citoyens et mieux à même d’adapter les dispositifs aux réalités locales. Vincent Jeanbrun a souligné, lors de son entretien avec Ouest France, que « l’enjeu est de rendre MaPrimeRénov’ plus accessible et moins bureaucratique ». Pour lui, cette approche permettrait de « raccourcir les délais d’instruction », souvent pointés du doigt par les ménages éligibles.
Le projet de loi « Relance Logement » vise également à élargir les critères d’éligibilité et à renforcer les moyens alloués aux collectivités pour déployer des guichets uniques d’accompagnement. Autant dire que l’accent sera mis sur la proximité et la réactivité, deux dimensions souvent absentes des dispositifs nationaux actuels.
MaPrimeRénov’ : un bilan contrasté depuis son lancement
Depuis son lancement en 2020, MaPrimeRénov’ a permis de financer plus de 1,2 million de rénovations énergétiques en France, selon les chiffres officiels. Cependant, le dispositif a régulièrement été critiqué pour sa complexité administrative et ses délais d’instruction jugés trop longs. En 2025, un rapport de la Cour des comptes avait pointé du doigt ces dysfonctionnements, recommandant une simplification urgente des procédures.
Le gouvernement semble donc répondre à ces attentes en recentrant la gestion de MaPrimeRénov’ sur les collectivités. L’idée est de s’appuyer sur les relais locaux pour accélérer les dossiers et mieux cibler les ménages en difficulté. Vincent Jeanbrun a d’ailleurs rappelé que « l’accompagnement humain doit primer sur les lourdeurs administratives ».
Les collectivités, acteurs clés de la transition énergétique
Les métropoles, départements et régions disposent déjà d’un réseau d’agences locales (comme les Espaces Conseil France Rénov’) et d’une connaissance fine des besoins des territoires. En leur confiant un rôle central, l’État entend capitaliser sur cette expertise pour fluidifier les démarches. Selon des sources proches du dossier, les collectivités pourraient notamment se voir attribuer des moyens supplémentaires pour embaucher des conseillers dédiés.
Cette réforme s’inscrit dans une logique plus large de décentralisation des politiques publiques, déjà observée dans d’autres secteurs comme l’habitat ou la transition écologique. Reste à voir comment les collectivités, dont les budgets sont souvent contraints, parviendront à absorber cette mission sans alourdir leurs propres processus.
Si cette réforme aboutit, elle pourrait servir de modèle pour d’autres dispositifs d’aides publiques, à commencer par les subventions pour la rénovation des copropriétés. Pour l’instant, les détails concrets – comme le montant des financements alloués aux collectivités ou les modalités pratiques de transfert des dossiers – restent à préciser.
Les ménages devraient bénéficier d’un accompagnement plus personnalisé grâce à des guichets uniques gérés par les collectivités, avec des délais d’instruction raccourcis. Les critères d’éligibilité pourraient également être élargis, mais cela dépendra des arbitrages finaux du projet de loi.