Le galeriste, gestionnaire artistique et membre actif de l'opposition russe anti-Kremlin à l'étranger, Marat Guelman, explique à Euronews l'« artwashing » russe à la Biennale de Venise et la résistance de la culture indépendante. Selon Euronews FR, Marat Guelman a débuté comme collectionneur et est devenu à la fin des années 1980 le premier marchand d’art soviétique.
Guelman consacre ensuite plusieurs années à la création et à la direction du Musée d’art contemporain PERMM. En 2014, dès le début de l'invasion russe en Crimée et dans l'est de l'Ukraine, il quitte la Russie et s’installe au Monténégro. Dans son pays natal, il est inscrit au registre des « agents étrangers » et sur la liste des « terroristes et extrémistes ».
Ce qu'il faut retenir
- Marat Guelman est un galeriste, gestionnaire artistique et membre actif de l'opposition russe anti-Kremlin à l'étranger.
- Il explique à Euronews l'« artwashing » russe à la Biennale de Venise.
- La Russie a participé à la Biennale de Venise malgré la prise de distance des autorités italiennes et les sanctions de l’Union européenne.
La participation de la Russie à la Biennale de Venise
La participation de la Russie à la Biennale de Venise n’est pas un projet culturel, mais un projet purement politique, selon Marat Guelman. Il n'y avait aucun artiste russe important dans le pavillon, et les autorités russes ne font pas confiance aux artistes, car le niveau de réflexion dans le monde de l’art est élevé.
Les Italiens défendent la position de la Biennale en disant qu'ils sont contre la censure, mais cela n'est pas pertinent dans ce cas, car il n'y a pas d'artistes russes dans le pavillon. Les artistes russes sont soit en exil, soit en prison, soit refusent de collaborer avec l’État.
L'« artwashing » russe
Marat Guelman explique que l'« artwashing » russe est une stratégie utilisée par le Kremlin pour promouvoir son image et contourner les sanctions. Les commissaires russes et la direction de la Biennale ont mis au point un dispositif pour contourner les restrictions de visas et les sanctions de l’Union européenne.
Ces personnes prêtes à aider le Kremlin sont appelées des « idiots utiles », car elles ne comprennent pas ce qu'elles font ni qu'elles participent à une guerre hybride. Elles ont l’impression de simplement lever certains obstacles bureaucratiques, mais en réalité, elles aident le Kremlin à promouvoir son image et à contourner les sanctions.
La situation actuelle
La Russie a beaucoup de relais en Europe, et le directeur de la Biennale, Pietrangelo Buttafuoco, n’a toujours pas répondu à la lettre que lui a adressée Nadia Tolokonnikova après l’action du 6 mai. La Russie tente de revenir sur le devant de la scène artistique européenne, mais cela est difficile en raison des sanctions et de la prise de distance des autorités italiennes.
La culture est un phénix, elle meurt et renaît, mais il est difficile de prédire ce qui va se passer ensuite. Il faut attendre la fin de la guerre pour évaluer les conséquences et les prochaines étapes.
En conclusion, la situation actuelle est complexe et difficile à prédire. Il est essentiel de continuer à soutenir les artistes et les intellectuels qui défendent la liberté et la démocratie, et de promouvoir la culture indépendante pour contrer l'« artwashing » russe.